Suite à une belle discussion sur la WebTV québécoise avec Alain Mckenna, ce dernier a publié à un article aujourd’hui dans le journal La Presse. Au côté de Martin Lessard, j’ai essayé de répondre à l’épineuse question du modèle d’affaires de la Webtélé et de sa percée auprès du grand public.

En direct du studio MoJo de CanoeLe problème de la WebTV au Québec et de son modèle d’affaires n’est pas nouveau. Avec un groupe de producteurs locaux, nous nous étions retrouvés il y a un an pour étudier la question. La question majeure est celle de la taille du marché et du volume de publicité que nous étions capables d’attirer. Clairement, la diffusion dans la seule langue de Molière n’était pas suffisante, en l’état actuel du marché et de sa faible maturité.

Aujourd’hui, les acteurs sont plus nombreux, et surtout la qualité des productions est grandissante. Dans le même temps, les technologies pour accéder à ses contenus en ligne sont plus nombreux et meilleur marché. Au-delà des iPhone, médias center et des boites comme l’Apple TV, des téléviseurs commencent à se connecter directement à Internet pour récupérer des vidéos de Youtube ou d’autres plateformes.

Il faudra attendre que le grand public adopte plus massivement ce type de consommation vidéo en ligne pour que les commanditaires s’intéressent réellement à la WebTV. Car le nerf de la guerre est bien l’argent. Si on produit une série vidéo en ligne, c’est pour le plaisir, mais c’est aussi pour en vivre un jour ou l’autre.

La porte de sortie honorable de la WebTV viendra peut-être d’Internet ! En effet, Internet est bien plus large que le Web. Internet est disponible sur de multiples plateformes. Le mobile est certainement celle qui va offrir les débouchés les plus rapides et les plus lucratifs pour la production vidéo en ligne. Encore une fois, il suffit de jeter un regard sur les usages en Asie et en Europe pour constater que le mobile permet déjà une source de revenus importante pour les créateurs de contenu.

Maintenant, il reste à savoir si l’effort doit venir des producteurs eux-mêmes, des diffuseurs, des commanditaires ou des fournisseurs d’accès Internet et mobile.


Commentaires

  • Patrick Dion : Quand on constate que même les grosses productions américaines se font couper parce qu’elles ne font pas d’argent (i.e. Wallstrip), demain n’est pas la veille que les entreprises québécoises tenteront le coup. Faudra visiblement faire de la webtélé pour le trip de création avant tout parce qu’on en a encore pour quelques années de vaches maigres.

  • Marie-Louise Gariepy : Félicitation pour ton travail de sensibilisation et l’attention qu’il a obtenu de LaPresse.

    Je pense que le problème n’est vraiment pas le manque de public au rendez-vous mais la manière dont on tente de solliciter celui-ci. Le trip de création des gens qui font de la webtv est trop souvent de se faire connaître pour faire de la télévision classique. Il faudrait quand même sérieusement remettre en question le terme webtv pour chercher à utiliser le médium Internet / web / cellulaire / etc. au maximum de ses possibilités. C’est en se sortant du carcan de la télévision que la créativité vidéo web va se rentabiliser. Bref, l’idée sur le web n’est pas de faire mieux mais différent et de le faire maintenant!

    Marie-Louise
    videoqualia.blogspot.com

  • Zelaurent : @Patrick: Permets-moi d’avoir une vision différente sur ce sujet. Oui, il faut avant tout se faire plaisir dans ce genre de production, sinon on ne ferait pas grand-chose. Pourtant, ce serait bénéfique pour l’ensemble des acteurs du marché que de réfléchir dès le début au moyen de gagner de l’argent avec ces vidéos. Trouver un commanditaire qui s’insère naturellement dans le scénario serait une solution envisageable. Par contre, je suis conscient que ce n’est pas facile.

  • Sylvain Grand’Maison : La webtélé accélère la segmentation de l’auditoire, et par le fait même, de l’apport publicitaire. Or dans un marché comme le Québec, la masse de gens intéressés par une forme de média spécialisé comme la webtélé et la baladodiffusion n’est pas si importante, pour l’instant du moins.

    Un des problèmes de la publicité pour la webtélé est relié à l’insertion publicitaire dans le video lui-même. Plusieurs hésitent à le faire, sauf que pour obtenir un auditoire considérable, il faut multiplier les points de contacts où la vidéo sera disponible. Alors si le clip publicitaire n’est pas inséré dans la vidéo, cette publicité ne sera pas vue s’il s’agit d’une bannière sur le site-hôte. Têtes-à-claques n’est disponibles qu’à un endroit, donc ils s’assurent que la pub soit vue en contrôlant tout l’environnement de visionnement. Sauf que l’on garde le spectateur prisonnier d’une plate-forme et ce n’est pas souhaitable, les gens veulent pouvoir regarder la vidéo où et quand bon leur semble.

    Si l’on propose du contenu de qualité, il est possible de faire grandir la taille de son auditoire par réseautage et aller solliciter des annonceurs pour rentabiliser l’aventure. Sauf qu’il faut y être totalement dédié à temps plein. Et comme la plupart de ceux qui fabriquent de la webtélé le font par passion à l’extérieur de leurs activités professionnelles, il est difficile pour eux d’y arriver. Viens alors la question de l’oeuf ou de la poule: pour pouvoir s’y consacrer à plein-temps, il faut des revenus publicitaires suffisants et pour les obtenir, il faut pouvoir s’y consacrer à plein-temps.

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