Google lance Youtube Video Editor pour remixer ses vidéos

Pendant que le Québec s’émeut de la sortie de IllicoWeb, le Hulu à la sauce Quebecor, Google avance un peu plus ses billes sur le marché de la vidéo en ligne avec Youtube Video Editor, un service en ligne gratuit pour éditer ses vidéos. Deux visions du Net et un avec plus d’avenir que l’autre.

En 2007, nous avions eu droit à l’éphémère Youtube remixer, basé sur Adobe Premier Express. À l’époque, la solution n’était pas au point, et peut-être aussi un peu trop innovante pour être apprécié à sa juste valeur.

Youtube arrive aujourd’hui avec un outil de montage simple, mais particulièrement efficace. Small is beautiful! Vous reprenez des vidéos de votre compte Youtube, vous faites quelques coupes, ajoutez une musique rythmée est le tour est joué.

Comme je présentai un sujet ce matin au Canal Argent, j’ai eu l’idée de reprendre une des vidéos avec François Gagnon pour tester Youtube Video Editor. Le résultat n’est pas spectaculaire, mais je dois préciser qu’il m’a fallu moins d’une minute pour faire le montage et publier la vidéo.

Les pros de Final Cut ne sont pas prêts d’être au chômage, mais comme le logiciel iMovie qui débarque sur le nouvel iPhone 4, Youtube Video Editor est là pour faciliter la vie des producteurs en herbe qui veulent partager rapidement leur souvenir de vacances ou leur rencontre avec Paris Hilton.

Au final, avec Youtube Video Editor, Google ajoute une nouvelle pièce à son puzzle de solutions dans les nuages (cloud computing), aux côtés de Google Aps.




NB: Lors de la création d’une vidéo avec Youtube Video Editor, celui-ci ajoute automatiquement le texte ” I created this video at http://www.youtube.com/editor“. Le problème est que ce lien renvoie vers le compte d’un usager qui s’appelle editor! #bug

Google TV ne va pas tuer la télévision de ma grand-mère

Comme nombre de mes amis, je me réjouis de l’arrivée de Google TV, qui fera enfin de la TV Connecté une réalité. Si Google TV n’est qu’une set-top box avec du Android dedans, le fait que Google soit derrière avec son contenu Youtube et sa force de frappe va grandement aider la bête à percer le marché de la TV Internet.

Contrairement à ce que certains pensent, je ne serais pas définitif sur la suppression de la grille horaire, telle que nous la connaissons à la TV. Si je suis un adepte de la consommation vidéo à la demande — ou je veux quand je veux —, je crois encore en la persistance des grands rendez-vous de la télévision.

Les zappeurs fous du Net

Il y a un fantasme à croire que nous sommes tous des zappeurs invétérés. Si c’est le cas des plus jeunes, l’effet Ritalin de l’âge nous rend plus sages devant la consommation audiovisuelle.

En rentrant du travail, les gens n’ont pas forcément envie de passer du temps à rechercher longuement ce qu’ils vont regarder. Une grille horaire bien établie — que l’on retrouve en allumant son poste de télévision — répond à un besoin de se laisser porter par les programmes que l’on nous sert, tout en ayant l’assurance que ça répond à nos centres d’intérêt.

De plus, il y a quelque chose de rassurant, de retrouver ses programmes TV à heures précises. Comme dis ma grand-mère, elle a son petit “train train” quotidien: série TV, divertissement, information, film et au lit!

Les trois directs de la TV Internet

Internet amène évidemment de nouvelles formes de consommation de la télévision. Pour moi, aux côté de la vidéo à la demande, la notion de diffusion en direct sera aussi importante en IP que sur la TV de ma grand-mère.

1. Le direct “live” des grands moments

Que ce soit pour un concert ou le discours d’accession au pouvoir de Barack Obama, rien ne pourra remplacer l’émotion de partager un moment important ensemble et en direct. Ce type de diffusion rassemble les plus fortes audiences.

2. Le direct TV en flux organisé

Il s’agit typiquement de la télévision telle que nous le connaissons depuis 60 ans. Des programmes vidéo s’enchaînent à heures précises. Les émissions ne sont pas toujours en direct, mais sont organisées en flux ininterrompu.
Comme ce fut le cas avec l’arrivée du câble et satellite, Internet va apporter une thématisation de plus en plus pointue des programmes. Nous pouvons comparer cette ascension au service de Web radio comme Deezer. Nous aurons une chaîne de télévision pour chaque envie. Ex. : Séries d’action allemande.

3. Le direct social: TV intelligente en temps réel

Le direct télévisuel, qui a le plus d’espérance en ce moment, est sans nul doute celui relié à nos réseaux sociaux. Imaginons une TV intelligente qui se crée en temps réel à partir de la consommation vidéo de ma communauté. Avec une petite molette, je peux donner à ce direct social une saveur plus sportive ou divertissement. Me voilà projeté dans une télévision idéale, qui pourrait quasiment devancer mes envies.

Opportunité pour la WebTV TV Internet

Les chaînes de télévision actuelles ont l’avantage de posséder un média puissant pour soutenir leur conquête de l’Internet. Tou.tv en est le meilleur exemple. Alors que les WebTV de ce monde ne peuvent jouer qu’avec les outils que leur offre Internet: site de partage vidéo et réseaux sociaux.

Pour développer leur public et rencontrer un vrai succès d’audience, je pense que les WebTV doivent tout d’abord se penser TV Internet, c’est-à-dire multiplateforme.

Les WebTV Québécoises ont tendance à penser leur contenu pour la diffusion à la TV. D’ailleurs, ses protagonistes sont souvent issus du milieu de la petite lucarne. Si tel est leur objectif, elles doivent jouer à armes égales avec la télévision, et donc intégrer l’ensemble des directs — live, organisé et social —, ce qui est techniquement accessible sur Internet.

Youtube partage son Google juice pour les experts SEO

Google offre un peu de son jus aux blogueurs et média qui utilise les vidéos hébergées sur Youtube. Concrètement, si un grand nombre de personnes regarde une vidéo Youtube «embeder» sur votre site Web, votre source sera affichée en bonne place sur Youtube avec une mention spéciale «Vu sur…».

Si Youtube offre une telle reconnaissance sur son site, ce n’est pas simplement par bonté d’âme. Il s’agit d’un incitatif pour choisir les vidéos de sa plateforme à la place de celles de ses concurrents.

En terme de référencement direct, jusqu’à aujourd’hui, il est bien plus payant d’héberger soi-même ses vidéos, car Google référence votre site comme son origine. C’est exactement la technique utilisée par Chauffeur de Buzz qui héberge la majorité des vidéos qu’il diffuse.

Youtube offre bien plus un référencement indirect. C’est-à-dire que vous profitez du trafic de la plateforme pour rendre visible votre site et récupérer de nouveaux internautes. Grâce à son mode «embed», Youtube offre également l’avantage de propager plus largement une vidéo sur d’autres sites Web ou des réseaux sociaux comme Facebook ou MySpace.

Actuellement en période de test, la fonction «Vu sur…» ou «As seen on…» devrait séduire plus d’un expert en SEO qui voit là une manière intéressante de récupérer des liens forts visites en provenance de Youtube, le première plateforme de partage vidéo au monde.

En attendant que la fonction se généralise, il serait intéressant de connaître exactement à partir de quel volume Youtube estime que le nombre de personnes qui voit la vidéo est «significatif». Est-ce 10 000, 100 000… ou un pourcentage donné?

Voici un exemple de vidéo où Youtube met la référence “Vu sur : blog.newsweek.com juste en dessous.

Si même le Pape est sur Youtube, que faire de la TV?

Quel est le point commun entre Barack Obama, Le Pape Benoit XVI et Stephen Harper? Ils ont tous les trois leur chaîne officielle sur Youtube! Partant de ce constat, J’ai débattu avec François Gagnon au Canal Argent sur le sérieux de la vidéo en ligne, dans le cadre d’une stratégie marketing Internet efficace. La discussion a débordé sur la place de la TV face au Net. La petite lucarne fait-elle encore le poids face à la toile géante?

Aujourd’hui, pour se faire connaître, un artiste à le choix de connaître l’assistante du producteur de “Tout le Monde en Parle”, ou bien de prendre les choses en main et développer sa notoriété en ligne. Au Québec, ce fut le cas de Casey McKinnon et Rudy Jahchan (Galacticast), Jon Lajoie (Everyday Normal Guy) ou encore Nadia G (Bitchin Kitchen), même si la reine de la cuisine vache est finalement passée sur le grill de Guy A. Lepage.

Dans un autre genre, Gary Vaynerchuk est aussi un artiste. Il a transformé la petite boutique de vente d’alcool de ses parents en une affaire qui brasse des millions de dollars. Son secret tient dans l’utilisation réussie de la vidéo en ligne qui mêle oenologie avec une bonne dose de divertissement pour mettre le vin à la portée de tous.

Je ne reparlerais pas en détail de Will It Blend qui a réduit en cendre le iPad d’Apple au lendemain de sa sortie officielle aux États-Unis. Ces capsules vidéo diffusées uniquement sur Internet lui ont permis de multiplier par 5 les ventes de son blender, qui vaut en moyenne 400 $. À ce rythme-là, on risque de voir passer encore pas mal de iPhone dans sa cuisine.

Objectivement, je me demande ce qu’il reste à la télévision. Internet est plus accessible avec des coûts ridicules par rapport à la TC. Depuis que Youtube diffuse en HD 1080i, les vidéos sont de meilleur qualité que sur la majorité de chaînes diffusées sur le câble ou le satellite. Dans une économie d’hypersegmentation, la TV est finalement trop grand public. Il ne reste plus que les producteurs de yaourts et les agences de publicité traditionnelles pour retrouver un intérêt à ce meuble qui affiche des images multicolores.

D’accord, je reconnais accentuer les traits. La télévision est encore séduisante. Je prends l’exemple de Jean-Michel Vanasse. Il s’est retrouvé dans les charrettes de TQS, a créé son émission techno sur le Web pour ensuite revenir sur les ondes de V. Il est clair que la TV est un média de masse puissant qui draine encore l’essentiel des budgets publicitaires. En attendant que la bascule se fasse sur le Net, il faut toujours garder un oeil dessus.

Comment promouvoir votre marque sur les médias sociaux

Si vous avez 30 min devant vous, je vous conseille la présentation de Loic Lemeur lors de la conférence ad tech de San Francisco de cette semaine: “Comment promouvoir votre marque sur les médias sociaux”. J’aime notamment sa conclusion sur le calcul du ROI des médias sociaux: il n’y a aucun standard et n’en cherchez pas!

Je comprends que les responsables marketing de compagnies veulent être rassurés par des chiffres, nombre de fans ou de followers, mais la vraie valeur d’une relation ne se calcule pas sur la longueur de ses doigts ou d’autres extrémités du corps humain.

Je vous conseille également la partie sur l’achat d’adeptes Facebook/Youtube et de followers Twitter. C’est hilarant/désespérant, à quel point les compagnies sont prêtes à croire que les médias sociaux s’achètent en boîte.

Google VP8 creuse un peu plus la tombe de Adobe Flash

En février dernier, mon article sur la mort annoncée de Adobe Flash fit couler beaucoup d’encre. En effet, l’arrivée de HTML5 promet une révolution sur le marché de la vidéo en ligne. Alors que la dernière ligne droite semble se jouer entre les codecs vidéos Ogg Theora et H.264, Google joue les trouble fête avec la probable publication de VP8 en open source. Derrière ce combat d’abréviation, c’est toute une industrie qui rentre en mutation.

Avant que les adeptes de Flash ne s’enflamment, je précise qu’il est ici question de vidéo Internet. Je maintiens que Adobe doit trembler à l’annonce de l’ouverte du code de VP8, qui promet une qualité équivalente à H.264, mais avec deux fois moins de bande passante nécessaire. Vous imaginez les économies!

La licence contre l’ouverture

Si je mets de grandes espérances dans le nouveau standard HTML5 – reconnu par tous les navigateurs modernes, sauf Internet Explorer – j’admets que le choix du codec vidéo reste problématique. D’un côté Mozilla soutien le format ouvert Ogg Theora, de l’autre Apple et les grands noms de l’industrie poussent H.264, qui offre une qualité d’encodage supérieure, mais dont la licence d’utilisation laisse planner des doutes sur une utilisation ultérieure.

Dans le cadre actuel de la licence H.264, jusqu’au 31 décembre 2015, il est encore possible d’utiliser ce codec si l’on diffuse gratuitement ses vidéos sur Internet. Pour toute utilisation commerciale, il vous en coûtera 0,02 $ par visionnement. Ce montant peut évidemment être intégré dans le modèle d’affaires de la distribution de ses vidéos. Sans décision claire de la MPEG LA, organisme qui gère les droits du H.264, il est difficile de faire des investissements à long terme sur cette technologie.

L’arme secrète de Google

Après le rachat de On2 par Google en août 2009, je pariais déjà sur l’ouverture du code source de VP8. Eh oui, j’ai du flair! Il reste à voir comment Google va s’organiser avec Ogg Theora. Verra-t-on une intégration de VP8 dans ce format, qui peine encore à prendre sa place, ou Google préférera-t-il pousser un nouveau container pour Youtube?

Alors que Apple possède le iPhone et son environnement iTunes Store pour soutenir le format H.264, Google compte sur Youtube et Android pour imposer son choix. Cette guerre des formats me rappel malheureusement le temps perdu pour l’adoption de technologies, avec VHS et Betacam pour les K7 vidéo, et HD DVD et Bluray pour succéder au DVD.

Au final, Adobe doit se mordre les doigts d’avoir laissé tomber On2, alors que sa technologie VP6 a fait le succès de Flash pour la vidéo en ligne, avec Youtube en tête. Le destin est parfois tellement injuste 😉