Web, Vidéo et Politique : BarackTV casse la baraque

Le petit gars d’Hawaï a lâché les planches pour surfer sur le Web. Candidat démocrate à l’investiture pour les présidentielles Américaines de 2008, Barack Hussein Obama apporte beaucoup de fraîcheur avec son style et ses idées. Son site Internet se devait de refléter cet état d’esprit. BarackTV est au coeur de la stratégie Web du candidat, qui fait une grande place au développement de communautés en ligne.

Choix technique

BarackTV a retenu les services de Brightcove. Concurrent de Youtube et autres Dailynotion, la société originaire de Cambrigde propose des solutions de publication et de monétisation de vidéos en ligne.

À l’image de Blip.TV ou Stage6, Brightcove met l’accent sur la qualité de l’image et sur la création de chaînes TV Internet personnalisables. Dans le cas présent, l’intégration de la solution de Brightcove se fait de façon transparente.

Ce qui frappe le plus en arrivant sur BarackTV, c’est la taille de la vidéo. Obama nous offre du grand écran de qualité (format 4/3) avec un démarrage rapide des vidéos. Rapide, mais pas automatique, à l’inverse de PR TV et Webcameron qui nous impose la lecture de leur vidéo dès le chargement de la page.

  • Pistes vidéo : TrueMotion VP6, 480 × 360, 25 fps, 600 kbps
  • Pistes audio : MPEG Layer-3 Audio stereo, 22.05 kHz, 64 kbps

Pour la version Espagnole de sa TV Internet, Obama utilise la solution “Project ReadOn” de sous-titrage, ou plutôt de transcription des vidéos. Une fenêtre s’ouvre au-dessus du lecteur vidéo pour faire apparaître une traduction espagnole des interventions d’Obama. BarackTV est un des premiers à avoir créé un partenariat avec Project ReadOn.

Le Style

BarackTV joue clairement à l’américaine : un héros, une belle histoire, une musique de cinéma, des enfants, des regards touchants… nous avons tout pour faire une affiche de rêve. Les vidéos des conférences, entrevues de Barack Obama et de ses supportes sont réglés comme du papier à musique. Le style est presque trop parfait et manque un peu de spontanéité.

Dans son discours, Barack Obama indique qu’il n’y a pas d’Amérique noir, pas d’Amérique blanc, pas d’Amérique latino… mais qu’il n’y a que les États-Unis d’Amérique. Pourtant, la Web TV d’Obama est à l’image du conventionnalisme américain. Il y a une place pour les femmes, une pour les étudiants, les enfants et surtout une partie entièrement en Espagnole.

Médias sociaux

En faisant le choix d’une plateforme connu et utilisé du grand public (Brightcove), contrairement à une solution professionnelle (Yacast et CastUP), BarackTV se positionne comme un média proche des internautes (du peuple), avec les mêmes codes de communication.

Avec Brightcove, BarackTV bénéficie également d’une expertise du partage de vidéos. Tous les outils de promotion en ligne sont présents : envoyer par courriel, code pour insertion dans un site/blogue, flux RSS… et la possibilité de bloguer directement la vidéo que l’on a sous ses yeux.

Au pied de la page d’accueil de barackobama.com nous apercevons la liste des liens vers les sites communautaires (Facebook, MySpace, Youtube, Flickr, etc.). C’est dommage que ces liens ne soient pas présents sur l’ensemble du site. Dans BarackTV, il est par exemple impossible de retrouver la chaine Youtube d’Obama. Il faut passer par le menu du lecteur vidéo pour avoir le flux RSS du podcast de Brightcove. C’est un peu fastidieux comme manipulation.

Conclusion

Barack Obama semble être partout dans les médias et sur le Web. On le retrouve même chez le géant Google. Une chose est certaine, le budget dédié au Web est conséquent et rend un peu pâlot le site Internet et la Web TV d’Hilary Clinton.

Comme Nicolas Sarkozy a son Loic Le Meur, nous pourrions parier que Barack Obama a son Tim O’Reilly, le père du Web 2.0. Avec le site du candidat républicain, nous entrons directement dans la campagne électorale 2.0.

Pour Fred Wilson et Donna Bogatin, Barack Obama serait même allé trop loin dans l’utilisation des médias riches et des communautés en ligne. Trop de Web2 tue le Web2 ? C’est vrai que tous les internautes ne sont pas au fait des derniers outils technos du Web. Mais, laissons-leur au moins la chance d’essayer de se les approprier.

M.A.J : Obama Beats Clinton in Online Video Streams by 3-1, Nielsen……Obama’s Online Video Strategy is “More Agressive,” CNN’s John King.

Web, Vidéo et Politique : Webcameron surfe sur la vague

Avec à peine 39 bougies, David Cameron donne un coup de jeune à la politique anglaise. Sa fougue en fait le sosie conservateur de l’ex-Premier Ministre Tony Blair. Le parallèle entre les deux hommes pourrait aller plus loin. Tous deux ont compris l’importance des nouveaux médias.

Lancé initialement à la fin 2006, c’est avec sa nouvelle version de mai 2007 que Webcameron donne un sacré coup de vieux aux sites de ses comparses d’Angleterre, particulièrement au vieillissant 10 Downing Street. Dans le même temps, le chef des Tories se positionne stratégiquement sur la toile en vue d’élections qui ne sauraient tarder.

Choix technique

Avec la plateforme de distribution israélienne CastUP, Webcameron est le seul du trio à ne pas jouer la fibre nationale. Son agence de communication, également originaire d’Israël, est certainement à l’origine de ce choix. CatsUP est une solution professionnelle qui bénéficie d’un beau portefeuille de clients (HP, IBM, Orange, ICQ, Levis, etc.).

En opposition à son collègue d’outre-Manche, David Cameron laisse la place au format large (16/9) et permet un visionnement en plein écran. Plus conforme aux habitudes des internautes, ce format permet de sortir du cadre télévisuel classique.

Pour la qualité vidéo et audio, Webcameron a également mis le paquet avec un calibre de diffusion haut débit (525 kbps). Malgré cette montée en puissance, les vidéos se chargent très rapidement.

  • Pistes vidéo : TrueMotion VP6, 400 × 240, 25 fps, 461 kbps
  • Pistes audio : MPEG Layer-3 Audio stereo, 22.05 kHz, 64 kbps

Le style

Les premières vidéos de David Cameron étaient très personnelles, ou plutôt elles étaient tournées dans un cadre personnel. La maman et son bébé à la maison faisait très télé-réalité. En visionnant ces images, les internautes avaient l’impression de participer à la vie de Cameron. Le tout était bien évidemment scénarisé, mais le ton était très amical.

Au fur et à mesure, le style vestimentaire devint plus traditionnel (costume & cravate) et les interventions sortirent du cadre familial pour se retrouver sur le terrain, à la rencontre des citoyens. En réponse à certaines critiques, David Cameron s’est finalement éloigné du style de la télé-réalité, tout en gardant une image assez conviviale, mais plus proche de ce que le public attend d’un responsable politique.

Médias sociaux

Le lecteur vidéo de Webcameron est particulièrement bien réussi. Nous retrouvons une interface simple et efficace avec l’option ultime pour le partage de vidéo (get code).

Menus latéraux, liste des articles et vidéos les plus récents, fil RSS, moteur de recherche… donnent à l’interface générale du blogue un aspect qui reprend tous les codes de la communauté. L’amateur de carnet Web se sent chez lui en arrivant sur Webcameron.

Voila quelqu’un qui a compris comment fonctionne le Web ! Sur TOUTES les pages apparaissent les liens vers les chaînes vidéo de Youtube, Blip.TV et Friction.TV, ainsi qu’un lien vers la page Netvibes du parti conservateur.

Stratégiquement, Friction.TV est un bon choix pour deux raisons : c’est un site anglais; il est spécialisé dans l’actualité et les opinions = auditoire ciblé pour Webcameron.

Bon point pour l’identité visuelle avec le logo du site “Webcameron” présent sur l’ensemble des vidéos. Celles-ci pourront être diffusées sur la toile, son origine ne fera pas de doute et les internautes pourront se rendre directement sur le site pour suivre les prochaines aventures d’Indiana Cameron.

Petit bémol dans ce beau paysage, Webcameron restreint l’utilisation des commentaires. Les visiteurs sont invités à s’enregistrer pour accéder au forum et pour commenter les articles. À noter que David n’est pas très prompt à répondre aux commentaires.

Conclusion

Les moeurs et la culture anglaise ont peut-être de l’avance par rapport aux voisins d’Europe. Il faut dire que les tabloïds anglais ont l’habitude de relater en détail la vie de leurs élites. Pour ces derniers, il est finalement préférable de prendre les devants et de choisir les images qui vont circuler.

Avec des entrevues au logis familial, Tony Blair avait ouvert la voie à David Cameron. À 39 ans, il n’est pas de la génération SMS et Messenger, mais il a quand même grandi avec l’informatique et le Web. Cette facilité générationnelle lui permet d’offrir un “show” d’excellente qualité servi par une Web TV très bien fini.

Le succès d’un blogue, qu’il soit vidéo ou non, réside notamment dans sa régularité. Le temps nous dira si David Cameron tiendra la distance.


Citizentube Interview: David Cameron

Web, Vidéo et Politique : PRTV ou la SarkoTV

Nicolas Sarkoy y pensait depuis longtemps (parfois en se rasant). Toutefois, ce n’est que le 14 janvier 2007 qu’est officialisée son investiture à la course à la présidence de la République Française. Le candidat choisit ce même jour pour lancer son site de campagne qui comporte le bouquet NS TV, pour Nicolas Sarkozy TV. Pour la première fois, la vidéo sur le Web était au coeur d’une stratégie politique.

Choix technique

Nicolas Sarkozy a dû apprécier les retombées de son site de campagne puisque la chaine vidéo Web du président (PR TV) est un clone du candidat à la présidence (NS TV). Nul doute que son consultant spécial en nouvelles technologies, l’éminent blogueur et entrepreneur Loic Le Meur, lui a soufflé quelques mots sur la méthode à employer sur le Web.

En l’occurrence, PR TV et NS TV utilisent la solution de diffusion en streaming de la société Yacast. Créée par des Français et malgré des bureaux en région parisienne, cette entreprise a fait le choix de l’Angleterre pour établir son siège (et déclarer ses impôts). Avec les principaux médias français à son tableau de chasse (TF1, Europe1, NRJ, RTL, BFM, etc.), Yacast est loin d’être un novice en la matière.

Tout d’abord, SarkoTV a fait le choix du format 4/3. Celui-ci se rapproche d’une vision télévisuelle classique, voire ancienne. Les magasins spécialisés regorgent de téléviseurs à écran large (16/9) qui rencontre un engouement certain auprès du grand public. Pourquoi le Web ne devrait-il pas adopter ce format plus adapté à la vision de l’homme.

La télévision de président voit petit : une taille de 320 × 240 et pas de choix supplémentaire ou d’option plein écran. Privilégié des vidéos légères est un point positif au niveau de l’accessibilité (le Président de tous les Français). Par contre, la France est l’un des pays occidentaux les mieux équipés en connexion Internet à haut débit. Il est dommage de se priver d’une qualité d’image que le public apprécierait.

  • Pistes vidéo : TrueMotion VP6, 320 × 240, 25 fps, 319 kbps
  • Pistes audio : MPEG Layer-3 Audio mono, 44.1 kHz, 64 kbps

Disponibles en Flash (FLV) et en WindowsMedia (WMV), les vidéos se visionnent aussi bien sur Mac que sur PC. Par contre, il n’y a pas d’offre de format ouvert (OGG). L’accessibilité à ses limites ! Point très positif au niveau de l’accessibilité, contrairement à sa version précédente, PR TV propose la solution ReadSpeaker qui donne en audio le contenu de la page. Quand cette dernière n’est composée que de liens, le résultat est parfois bancal, mais l’intention est louable.

Le style

Les vidéos du président français sont uniquement issus de capsules publicitaires ou de discours public. À aucun moment nous n’avons le droit à une confession ou un échange informel. Cette petite lucarne rappelle étrangement l’utilisation gaullienne des médias, avec un discours et une forme très encadrée.

De même, les différents interlocuteurs qui passent devant la caméra présentent un discours convenu, avec un interviewer qui n’a de cesse de rappeler que tout ceci est possible grâce au président. De ces échanges, il ressort un sentiment de “propagande”, ou du moins de formatage serré de la communication.

Médias sociaux

PR TV offre le strict minimum : un formulaire d’envoi du lien de la vidéo à un ami. La première fois, ça fait quand même quelque chose de recevoir un courrier électronique d’un Président de la République (cf. image). Comme pour la télévision, la discussion est dans un seul sens et il n’est pas possible de laisser des commentaires. Tout juste, les visiteurs du site de campagne ont le droit de laisser un “message de soutien”.

On regrettera que le candidat possède une chaîne sur Youtube et sur Dailymotion (impossible de trouver les lien vers celles-ci à partir du site Sarkozy.fr), alors que le Président est absent des plateformes de distribution de vidéos. Absent est peut-être un bien grand mot, car des milliers de vidéos circulent sur son compte.

Conclusion

Présidence de la République TV a le mérite d’exister. Rares sont les responsables politiques à s’être autant impliqués en vidéo sur le Web. Cette belle initiative peut en partie excuser les erreurs de jeunesse de cette plateforme.

Par contre, la pertinence du copier/coller de la Web TV du candidat à la présidence est certainement à remettre en cause. L’état a peut-être fait des économies en récupérant l’ancienne plateforme, mais un rajeunissement de celle-ci aurait permis de mieux coller aux nouvelles réalités de l’usage de la vidéo sur le Net.

Néanmoins, la similitude des deux sites révèle le choix du Président à garder le même axe de communication centré sur sa personne : sur Elizee.fr, c’est Sarkozy.fr que l’on nous vend.

M.A.J : François de la Brosse (Z Groupe), conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, était à l’origine de la création de NSTV et PRTV. Le 1er juillet 2008, il prévoit de lancer une nouvelle télévision en ligne officielle, dédiée cette fois-ci à la couverture de la présidence française de l’Union Européenne (UETV / EUTV ?).


Cliquez pour voir la vidéo : Nicolas Sarkozy, premier podcast video

Cliquez pour jouer la vidéo (QuickTime)

Nicolas Sarkozy, premier podcast video

Dave Boissonneault de Prenez garde aux chiens sur le Web et à la télévision

Rencontre avec Dave Boissonneault de la dorénavant célèbre meute de Prenez garde aux chiens. À la base, ce n’est pas une émission de TV, puisque PGAC est diffusé uniquement sur Internet et par l’intermédiaire de Youtube. Mais au final, c’est bien une émission de télévision, puisqu’on la retrouve depuis septembre sur Vox, la télé participative québécoise.

Vous avez du mal à comprendre ? Ne vous en faites pas, cette troupe a juste un parcours hors-norme. Nous découvrons avec Dave comment Internet s’est révélé être un tremplin pour un collectif d’humoristes talentueux. Les sujets sociaux, politiques, environnementaux et l’actualité économique sont passés à la moulinette de ces chiens de garde de l’information.

Pourquoi choisir la diffusion en ligne pour une émission de TV ? Comment le Web peut aujourd’hui servir le petit écran, ou vice versa ? Qui sera le prochain Premier ministre du Canada ? Dave répond à toutes ces questions et bien plus encore.

EN: Interview of Dave Boissonneault, member of Prenez garde aux chiens, a show which started on-line and now broadcasted on televison.