Faire son “Coming Out” à Startupifier

Jusqu’ici plutôt discret sur le sujet, je profite du Startupifier pour sortir du placard mon projet de Social TV. À l’initiative d’étudiants de plusieurs universités montréalaises, Startpufier organise un événement de 48h pour créer et construire un projet. Au-delà du défi technologique, l’ambition est d’activer la communauté locale et de développer la culture d’entreprenariat.

Ça mange quoi en hiver la Social TV ?

Il s’agit de l’activité sociale – réseaux sociaux, SMS, courriel, forum… – qui se développe en parallèle des programmes télévisés. C’est par exemple Guy A. Lepage et Dany Turcotte qui discute avec leur public sur Twitter le dimanche soir où est diffusée leur émission.

Coorganisateur du 1er MediaCamp Montreal, j’ai profité de l’occasion pour justement présenter un sujet sur la Social TV aux côtés de François et Martin Lessard.



Pourquoi participer à Startuifier ?

Ce bootcamp montréalais est pour moi une sorte de “crash test” où confronter mes idées à celles d’autres entrepreneurs en technologie. C’est aussi l’opportunité de rencontrer des personnes d’expérience qui ont plusieurs startups à leur palmarès.

J’aimerais vous donner tous les détails sur mon projet de Social TV, mais je suis timide… disons que je suis superstitieux. Je peux vous avouer que mon ambition est d’aider les télévisions et producteurs de contenu TV à mieux connaître et analyser leur audience en ligne pour ensuite développer l’engagement avec eux. Promis, je vous tiens au courant.

Comment la Social TV rend notre société plus généreuse

Dans son dernier livre, Clay Shirky indique que moins de 1% du temps consacré chaque année à la consommation de télévision aux États-Unis servirait à rédiger Wikipédia dans sa totalité. C’est ce que l’auteur appelle le surplus cognitif, une sorte de gaspillage de notre intelligence.

Heureusement, tout n’est pas perdu. Pour Gordon Farrer, journaliste pour Fairfax Media, avec l’arrivée de la Social TV — interactions sociales sur la télévision —, chacune de nos critiques en temps réel pourrait se transformer en création de contenu. Ces petits actes individuels recréeraient une intelligence collective pour nourrir notre société numérique.

Quand on parle de télévision, on peut toujours voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Le petit écran peut être une immense perte de temps ou un moyen incroyable pour connecter les gens à travers la planète. Les TV connectées et autres Googles TV devraient rapidement mettre tout le monde d’accord, en offrant un espace de discussion par dessus la télévision.

Si je fonde de grands espoirs dans la Social TV – histoire à suivre -, je reste pragmatique et garde toujours en tête le chiffre fatidique des 1% qui créent du contenu en ligne. Mais comme le dis Clay Shirky, c’et la valeur d’un Wikipédia par an. C’est toujours bon à prendre.

Cognitive Surplus: Creativity and Generosity in a Connected Age, Clay Shirky.

Application iPhone RDI: La TV en direct sur votre mobile

Application iPhone RDI: La TV en direct sur votre mobile

RDI, qui a déchaîné les passions lors de l’arrêt de sa diffusion en direct sur la Web, devrait se refaire une beauté numérique avec l’arrivée de son application iPhone pour regarder le TV en direct sur son mobile. Lors du MoMoMo d’hier soir, j’ai filmé Thomas Le Jouan, Chef du développement stratégique des espaces numériques et mobiles de Radio Canada, qui nous a offert une présentation en avant-première de l’application.

J’avais eu confirmation de l’arrivée imminente de l’application iPhone de RDI par deux tenanciers de Radio Canada, lors de la table ronde iTVm et lors du lancement de Tou.TV. Si les astres se coordonnent, nous devrions profiter de ce service d’ici fin mars 2010.

Si l’application iPhone de RDI devrait être gratuite sur l’App Store, il faudra s’acquitter d’un frais de passage pour voir la diffusion en direct de la chaîne d’information radiocanadienne. Thomas Le Jouan annonce un paiement pour 24h00 et un abonnement mensuel. Pour l’instant, aucun prix n’est avancé.

Normalement, l’application avec la diffusion de RDI devrait être ouverte à l’international. Radio Canada a justement décidé de rendre de nouveau accessible sa chaîne d’information aux résidents extérieurs au pays. Pour que nous autres pauvres canadiens retrouvions le direct sur le Web, il faudra attendre que la chaîne publique finisse les négociations avec les câblodistributeurs.

Pour Radio Canada, cette première application vidéo est un test. S’il est concluant, nous pourrions voir l’arrivée d’une version iPhone de Tou.tv, le Hulu francophone lancé récemment. Par contre, je n’ai pas encore d’information sur une application iPhone Radio Canada avec diffusion en direct de ses émissions. Il semble que la négociation des droits de diffusions soit un blocage trop important pour le moment.

Si le modèle d’affaire de la vidéo mobile est encore en définition au Canada, il est beaucoup plus avancé en Europe et en Asie. Je vous en reparle dans un prochain article plus complet sur le sujet. D’ailleurs, je suis curieux: Êtes-vous prêts à payer un abonnement ou même pour une journée afin de regarder RDI en direct sur votre iPhone ?

Comment ne pas perdre la face numérique?

Comment ne pas perdre la face numérique?

Identité numérique 101: Comment ne pas perdre la face numérique pour développer ses affaires? Tel était le thème de mon intervention à l’émission “En Affaires” du mercredi 18 novembre 2009 animée par François Gagnon sur le Canal Argent.

Pour cette première apparition sur la protection de l’identité numérique des compagnies, la dernière aventure de Britney Spears m’a beaucoup inspiré. Autant que la chanteuse à succès, les compagnies doivent se prémunir du vol de leur identité en ligne. Les noms de l’entreprise, aussi bien que celui des produits ou des dirigeants peuvent être détournés si l’on n’y prend pas garde.

Avant de s’attaquer à la montagne des médias sociaux, les professionnels doivent apprendre à connaître qui ils sont sur Internet. Des outils simples et gratuits, comme Social Mention ou How Sociable, permettent une veille régulière efficace, aussi bien que les moteurs de recherche de Google ou Twitter.

Bénéfices de connaître son identité numérique

  1. Protection : Prévenir les rumeur et problème d’image par une gestion de crise pro-active
  2. Fidélisation : Améliorer le service à la clientèle par une écoute et réaction en temps réel.
  3. Innovation : Améliorer ses produits en devançant les tendances du marché.

J’aurais le plaisir de revenir sur les ondes du Canal Argent le mercredi 9 décembre entre 10h00 et 10h30. Ça me fait d’autant plus plaisir que François Gagnon est un hôte formidable, qui comprend au quart de seconde les problématiques du Web et les bénéfices que les compagnies peuvent en retirer.

OnNousPrendPourDesCons.TV

OnNousPrendPourDesCons.TV

On nous prend pour des cons” est ce que je me suis dit en voyant la campagne de pression engagée par les fournisseurs de services de télévision par câble et par satellite canadiens. À coup de spot publicitaire TV, de site Web, Twitter et de Facebook, Bell, Cogeco, EastLink, Telus et Rogers veulent que les consommateurs défendent LEURS intérêts.

L’histoire commence par une décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Canada (CRTC), qui veut imposer une taxe de 10 $ par abonné aux fournisseurs de télévision par câble et par satellite, que ces derniers contestent. L’objectif est d’aider les chaînes locales à financer la production de contenu. Rappelons que sans ce fameux contenu, il n’y aurait pas grand monde pour s’abonner au forfait TV $$$ de Bell et compagnie.

Pour soutenir leur cause, les chaînes de TV canadienne ont créé le site Web LocalTVMatters.ca, et Dave Carroll, l’auteur de succès interplanétaire United Breaks Guitars, s’est prêté au jeu avec une nouvelle chanson “The cable song”.

Un dangereux succès des médias sociaux

Avec 742 followers sur Twitter, 48 734 admirateurs sur Facebook et des milliers de commentaires, on peut dire que StopTheTVTax.ca, la propagande sur les médias sociaux des opérateurs de câble et satellite, va bon train.

À y regarder de plus prêt, on se rend conte qu’il s’agit uniquement d’une campagne de dénigrement, digne des élections américaines de ces dernières années, dans laquelle la population canadienne est entraînée à son insu. L’argumentaire est tout aussi démagogique et n’amène aucune réflexion intelligente sur le fond de la question, celle de la valeur du contenu.

L’idée est de défendre le contenu “Made in Canada sur les réseaux de télévision. Pour être un peu plus crédibles dans ce combat, les fournisseurs de services de télévision devraient commencer à héberger leur site au pays, au lieu d’aller aux États-Unis.

Autant je peux comprendre que la population s’est habituée au “free for all” sur le Web, et qu’elle a du mal à comprendre que la production de contenu doit être rémunérée. Autant, il est inconcevable que les fournisseurs de service de télévision par câble et par satellite, qui font plus de 3 milliards dollars de bénéfices par an, nous fassent la leçon sur la répartition financière pour les télévisions locales.

Le respect est une valeur primordiale des médias sociaux

Les médias sociaux permettent l’échange, la discussion et l’implication. Dans ce cas, il s’agit uniquement de manipuler l’opinion pour faire tomber une décision prise par le CRTC, une institution publique qui est normalement là pour défendre les intérêts des citoyens du Canada.

Lors du Webcamp Montréal de cette semaine, nous avons abordé le rôle et les responsabilités que nous avons en tant qu’acteurs et parfois influenceurs du Web et des médias sociaux. Cet espace de communication ne pourra être bénéfique à long terme aux compagnies que si elles s’y aventurent avec ouverture et respect.

J’ai peur qu’une telle guerre en ligne – les houleuses conversations sur Facebook/Twitter sont là pour en témoigner – n’handicape ces compagnies dans leurs démarches Web futures. La toile a une mémoire quasi immuable, qu’un nouveau design de site ou une belle campagne en ligne ne saurait effacer. Je peux vous assurer que les traces de ces affrontements seront encore longtemps visibles dans les résultats des moteurs de recherches, qui sont les principales sources d’information des internautes/consommateurs.

Pour aller plus loin sur le sujet

FiOS TV : Twitter passe à la télévision et Verizon passe à côté de la vidéo Internet

Le mois dernier, Twitter publiait un communiqué pour expliquer qu’ils ne préparaient pas une émission de télévision. La rumeur fut lancée par Verizon qui lance un nouveau service de Web-video-TV. Le service FiOS TV de Verizon permet de regarder sur son écran de télévision des vidéos en provenance de Dailymotion, Veoh et Blip.TV. Comme un Media Center, FiOS TV peut également lire les vidéos enregistrés sur son ordinateur. Enfin, Verizon teste l’ajout de Widgets Facebook et Twitter qui offriraient une interaction avec ses réseaux sociaux à même sa TV.

FiOS TVAvec FiOS TV, l’objectif de Verizon est de créer le chênon manquant entre Web et télévision. Dans la réalité, il ne s’agit que de fonctions “intelligentes” ajoutées à sa boîte de réception de télévision par câble, et qui n’offrent rien de plus qu’une Apple TV ou une Xbox 360.

Je vois dans FiOS TV une tentative désespérée d’un câblo opérateur pour ramener la Web vidéo dans ses services payants. Il vous coûtera en effet 47,99 $ (US) pour profiter des joies de la vidéo Internet sur votre petit écran. J’ai un peu l’impression que quelqu’un cherche à m’avoir en me vendant une seconde fois la voiture que j’ai achetée la veille.

Internet va définitivement arriver sur notre téléviseur. C’est déjà le cas pour une minorité d’amateurs de technologies qui n’ont pas peur de brancher Apple TV, Xbox, Boxee ou d’autres set top box. Tout ce qui ira dans le sens d’une simplification de la connexion est une bonne chose.

En tant que consommateur, je n’admettrais pas que l’on me charge un abonnement supplémentaire. En tant que professionnel du Web et de la vidéo, je conseillerais aux fournisseurs d’accès Internet de se réjouir que les clients restent encore chez eux.

Un petit regard outre-Atlantique nous montre qu’il est possible d’offrir plus pour le même prix, tout en gagnant plus d’argent. La compagnie Free le fait depuis 10 ans avec son abonnement à 29,99 € et sa Freebox survitaminée aux services multimédias. Pourquoi ne serait-ce pas possible en Amérique du Nord ?


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