Netflix: Le blockbuster de la location de vidéo déboule en ligne au Canada

Netflix: Le blockbuster de la location de vidéo déboule en ligne au Canada

ll y a parfois d’étranges coïncidences. Hier, Netflix a lancé officiellement à Toronto son offre de location de vidéo en ligne pour le Canada, comprenant films, documentaires et séries TV illimités pour 7,99 $ par mois. Le même jour, la chaîne américaine Blockbuster déclare faillite. Mais, est-ce vraiment un hasard si les gens préfèrent louer leur divertissement vidéo sans se déplacer et sur l’écran de leur choix?

Annoncé dès juillet 2010, le développement de Netflix au Canada n’était plus une surprise. La seule particularité est que Netflix offre uniquement la vidéo en ligne et pas la livraison à domicile de DVD. Par contre, le visionnement de vidéo est illimité.

À vrai dire, la seule limite que vous aurez est la bande passante que vous «offre» votre fournisseur d’accès. Selon la qualité, standard ou HD, et selon votre abonnement Internet vous pourrez regarder de 10 à 50 vidéos par mois.

Qu’en pensent les fournisseurs d’accès Internet / TV ?

Pour être sûr que ses clients ne se précipitent pas tous chez Netflix, Rogers a eu la bonne idée de baisser la limite de téléchargement de ses clients résidentiels, tout juste trois jours après que Netflix ait démontré son intérêt pour le pays à la feuille d’érable. Concrètement, Rogers a diminué de 90 à 80 GB / mois les hauts forfaits, et de 25 à 15 GB / mois les forfaits de base.

Depuis, Videotron / Quebecor a mis en ligne Illico Web, son service de «magnétoscope numérique» consultable en ligne, uniquement pour ses abonnés à Internet ET télévision par câble. Le catalogue vidéo est toujours aussi limité et cher, mais vous avez le plaisir de le consulter sur le Web (Wouhou!). En fait, c’est une version enrichie de Canoë.tv, qui n’a jamais réellement décollé.

Quel que soit le fournisseur d’accès Internet au Canada, il compte sur la limitation de bande passante pour garder ses clients fidèle/prisonnier de ses offres TV et vidéo à la demande. Pour vous donner une idée de ce dont il est question, le GB de données se négocie au prix de gros à 1 cent ! Ce qui veut dire que sur les 75 $ de votre super abonnement «mega haute vitesse» à 100 GB / mois, seulement 1 $ est là pour payer la bande passante.

Qu’en pensent les concurrents de Netflix ?

Les services légaux de location et de vente de vidéo en ligne ne se bousculent pas au Canada. On retrouve d’une part Sony, avec son timide PlayStation Store pour les jeux vidéo, les films et les séries TV. Apple est également présent avec son désormais célèbre iTunes Store, qui essaye avec la vidéo de renouveller son succès de la vente de musique en ligne.

Le marché de la location de vidéo en ligne est tellement peu développé au Canada, que l’arrivée de Netflix devrait lui donner un grand bol d’air pur. Apple ne s’y trompe pas, car son nouveau Apple TV intègre directement Netflix.

Pour quelle raison aider un concurrent? Sur iTunes Store, Apple offre les «blockkbuster» les plus récents du cinéma et de la télévision, alors que Netflix sur la vague de la longue traîne – Long Tail – avec un catalogue qui fait la part belle a des productions de qualité, mais qui ne sont pas forcément en tête de gondole. Par exemple, Netflix propose la série Heroes, mais seulement la saison 1. Pour les derniers épisodes, il faut se retourner vers Apple.

Does Netflix speak white?

La grande faiblesse de l’ensemble des services de location de vidéo en ligne est le peu de contenu francophone disponible au Canada. Je ne parle même pas des productions québécoises, qui sont quasi inexistantes. Les films en français ne sont arrivés qu’en août 2010 sur iTunes Store canadien.

Netflix a indiqué que le contenu en français serait accessible dans le futur, sans trop de précision. Pour utiliser le service depuis hier au Canada, je suis malgré tout content de retrouver des films français en version originale (sous-titrés en anglais), comme les mithyques Nikita, 8 femmes ou le plus récent Joyeux Noël.

Diffusion vidéo multisupport

Si je ne devais retenir qu’une chose de lancement de Netflix au Canada, c’est sa stratégie multisupport. Consultables sur le Web, les vidéos de Netflix peuvent être reprises sur son iPhone, son iPad, sa PlayStation 3 et son Apple TV. À 7,99 $, je peux vous dire que je ne me vais pas me priver (le 1er mois est gratuit pour essayer).

NB: Ceci n’est pas un article commandité par Netflix 😉

iPad: Comment Apple séduit la distribution de vidéo en ligne

Le iPad vient officiellement de dévoiler son écran aux États-Unis. Apple commence déjà à séduire bon nombre d’acteurs de la vidéo en ligne. Application mobile dédiée ou site Web adapté, chacun à leur manière CBC, NBC, CNN, Hulu et Netflix fourbissent leurs armes pour avoir la meilleure place sur le iPad.

En plus de suivre d’excellente conférence, mon passage au iPhone/iPadDevCamp de Québec m’a donné l’occasion d’échanger avec des développeurs de la belle province. Les nouvelles perspectives offertes par le iPad étaient dans toutes les conversations. Personnellement, je vois un bénéfice directe sur le marché de la vidéo Internet, qui a enfin d’une plateforme mobile confortable avec un écosystème pour valoriser son contenu.

HTML5 pousse la vidéo sur iPad

Un peu comme à la sortie des premiers téléviseurs haute définition, les sites Web des grands médias annoncent être “iPad ready”. Apple liste 12 têtes d’affiche: CNN, Reuters, New York Times, Vimeo, Time, la ligne majeure de baseball, la Maison Blanche, Virgin Amérique, Sports Illustrated, Flickr, People Magazine et TED.

Sur le Web, l’adaptation au iPad se fait par la norme HTML5, qui apporteun tag spécialement pour la vidéo. Si Apple ne reconnait toujours pas le Flash sur son OS iPhone, HTML5 permet de diffuser simplement au format H.264, qui lui est reconnu par iPad. Des sites de partage vidéo comme Vimeo et Youtube sont “HTML5 ready” depuis plusieurs semaines.

Si CBS et le Wall Street Journal ont choisis d’adapter leur site Internet au iPad, le Time et le New York Time font affaires avec Brightcove, qui possède une plateforme vidéo qui remplace automatiquement les vidéos en Flash par leur équivalent en H.264 lorsqu’il détecte un iPad/iPhone.

Application iPad pour téléviseur mobile

ABC, Netflix et Hulu optent tous trois pour une application gratuite afin de distribuer leur contenu vidéo sur iPad. Cette solution a l’avantage de donner une expérience de consommation plus riche, et une meilleure maîtrise de la relation avec le consommateur.

La chaîne de télévision ABC mise sur un modèle d’affaires qu’elle connait bien, celui de la publicité. Pour Netflix, il s’agit simplement d’ajouter un écran à son offre, que l’on retrouve sur ordinateur et sur les téléviseurs par l’intermédiaire des set-top box.

La nouvelle n’est pas encore vérifiée, mais Hulu préparerait un modèle avec abonnement payant sur iPad. C’est une nouvelle voie pour Hulu, qui jusqu’à présent offrait gratuitement sur Internet les films d’hollywood et les séries vedettes de la TV en contre-partie d’une ou plusieurs coupoures publicitaire. Si les consommateurs répondent présent à ce modèle par abonnement, Hulu pourrait le reproduire sur son site Web, qui pour l’instant n’a rapporté “que 100 M $” en 2009.

Vous vous doutez bien que ces applications ne seront pas disponibles au Canada ou en Europe. Même si vous arrivez à récupérer l’application ABC ou Netflix, la diffusion devrait être géobloquée, comme c’est le cas pour Orange TV et SFR TV, qui diffusent la télévision en direct sur iPhone en France, mais pas à l’étranger.

Que nous réserve la vidéo de demain sur iPad?

Les premières application annoncées pour iPad ne promettent pour l’instant que la consultation de vidéo à la demande. Mis à part Ustream, sur un créneau bien particulier, le direct ne pointe pas encore le bout de son nez. Pourtant, c’est bien dans ce domaine que les revenues risquent d’être les plus intéressants.

Il y a un quelques mois, une rumeur (une de plus) annonçait une diffusion de chaîne TV sur iTunes avec un abonnement de 30$/mois. Aujourd’hui, la rumeur réapparaît sous les traits d’un service de diffusion en nuage de musique, basée sur la solution de Lala rachetée par Apple. Si ce projet ce concrétise, la TV serait logiquement la prochaine étape.

Au-delà de l’arrivée d’un gadget supplémentaire, Apple inaugure encore une fois un nouveau marché autour d’un écosystème qui a fait ses preuves. Celui-ci apporte un retour sur investissement particulièrement alléchants pour les développeurs et producteurs de contenu qui souhaitent valoriser leur travail.

Que font les concurrents du iPad?

Je ne doute pas que d’autres constructeur vont lancer des appareils supérieur au niveau technologique (puissance, webcam, etc.), mais qui pourra se targuer d’offrir une plateforme aussi séduisante? Pensez-vous à Google?

Un développeur me disais justement lors du iPhone/iPadDevCampQc que l’hétérogénéité des appareils sous Android risquait de rendre difficile le développement d’applications pour cet appareil. Si chaque constructeur choisis un format d’écran différent, ça fait beaucoup plus de travail pour adapter son application face aux deux uniques tailles offertes par Apple.

Les câblodinosaures de la TV achèvent RDI

Depuis deux semaines, RDI n’est plus en direct sur le Web pour “faciliter ses discussions avec les câblodistributeurs”. Comme le souligne l’ami Yan Thériault, il s’agit d’un réel manque de vision. C’est surtout une belle façon de se tirer une balle dans le pied à l’heure où Apple veut nous apporter la télévision directement par iTunes.

La chronique du mort annoncée

Comme certains amis le savent, j’étais très occupé cette semaine avec l’arrivée d’une nouvelle personne dans la famille. J’ai passé trois jours à l’hôpital. On ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de distraction. Heureusement, j’avais mon ordinateur portable et mon iPhone. Les deux combinés, j’ai pu mettre la TV dans notre chambre exiguë de Ste-Justine.

Je me suis précipité sur le site de Radio Canada pour voir les nouvelles que diffuse RDI. Oh stupéfaction, un so(m)bre message m’indique que RDI n’est plus diffusé en direct sur le Web. Je dois me rabattre sur les émissions enregistrées.

Le lendemain, j’apprends par l’entremise de Cyberpresse que «La Société Radio-Canada (SRC) a pris cette décision afin de faciliter ses discussions avec les câblodistributeurs». En parallèle, Yan Thériault publie une vidéo qui résume à la perfection mon sentiment.

Le Jurassic Park de la télé

Dans le paysage audiovisuel québécois, RDI est la chaîne que je consulte le plus. Tout d’abord, il y a d’excellents journalistes que j’apprécie, comme Louis Lemieux qui fait mes fins de semaine, et Philippe Marcoux ma semaine. Ensuite, c’est une chaîne d’un groupe de télévision public qui me rend fier de payer des impôts.

Pourquoi donc revenir en arrière, dans un monde où seul les câblodistributeurs aurait droit de vie ou de mort sur la diffusion d’une chaîne? J’ai déjà dit tout le bien que je pense des façons de faire des fournisseurs de services de télévision par câble et par satellite canadiens.

Une nouvelle fois, ils vont à l’encontre de leurs intérêts en voulant revenir 10 ans en arrière. Hulu, Netflix, et maintenant Apple redéfinit la télévision et la manière de la consommer. Internet, les ordinateurs et les iPhone de ce monde ne vont pas disparaître. Il va bien falloir que les câblodistributeurs se fassent une raison et s’adapte. Le temps des dinosaures et révolu!

Web Video HD : Mariage de Microsoft et Akamai pour Silverlight

Les géants Microsoft et Akamai, un du logiciel, et l’autre de l’hébergement Web, s’allient pour offrir la vidéo en haute définition grâce à la technologie Silverlight et au serveur Internet Information Services 7.0 (IIS7.0). Si la vidéo HD n’est en théorie pas nouvelle sur le Net, cette annonce devrait élargir l’offre pour la rendre plus grand public.

Silverlight est en direct concurrence du bien établi Flash d’Adobe, avec respectivement 25% et 99% de taux de pénétration. Trois  atouts jouent en la faveur de Silverlight.

1. Les utilisateurs aiment l’installation, qui est extrêmement simple et qui ne nécessite pas le redémarrage de leur navigateur Web.
2. Il plait particulièrement aux producteurs : les DRM de Microsoft pour protéger la diffusion en ligne de leurs oeuvres.
3. C’est apprécié autant des producteurs que des utilisateurs : l’adaptation en temps réel de la bande passante selon la connexion de l’utilisateur. Cela procure économie de bande passante ($) et fluidité de la vidéo.

Sur son blogue, Manuel Angelini note déjà l’adoption de Silverlight par Netflix. Que le premier distributeur de vidéo en ligne américain opte pour Silverlight est un signe fort. Il faut dire que Microsoft a eu la bonne idée de rendre son lecteur compatible multiplateforme (Windows, Mac et Linux), contrairement à Windows Media Video (WMV), qui fonctionnait bien uniquement sur plateforme PC.

La guerre n’est jamais bonne pour les utilisateurs qui hésitent à changer leurs habitudes. Encore une fois, la simplicité d’installation devrait ouvrir Silverlight à un plus large public et bénéficier à sa dissipation. De plus, Flash et Silverlight peuvent cohabiter sans peine sur le même ordinateur. À l’avenir, il faudra donc compter sur Silverlight pour diffuser de la vidéo en ligne.


Beet.TV: Criag Mundie – Chief Research & Strategy Officer, Microsoft