Comment ne pas perdre la face numérique?

Identité numérique 101: Comment ne pas perdre la face numérique pour développer ses affaires? Tel était le thème de mon intervention à l’émission “En Affaires” du mercredi 18 novembre 2009 animée par François Gagnon sur le Canal Argent.

Pour cette première apparition sur la protection de l’identité numérique des compagnies, la dernière aventure de Britney Spears m’a beaucoup inspiré. Autant que la chanteuse à succès, les compagnies doivent se prémunir du vol de leur identité en ligne. Les noms de l’entreprise, aussi bien que celui des produits ou des dirigeants peuvent être détournés si l’on n’y prend pas garde.

Avant de s’attaquer à la montagne des médias sociaux, les professionnels doivent apprendre à connaître qui ils sont sur Internet. Des outils simples et gratuits, comme Social Mention ou How Sociable, permettent une veille régulière efficace, aussi bien que les moteurs de recherche de Google ou Twitter.

Bénéfices de connaître son identité numérique

  1. Protection : Prévenir les rumeur et problème d’image par une gestion de crise pro-active
  2. Fidélisation : Améliorer le service à la clientèle par une écoute et réaction en temps réel.
  3. Innovation : Améliorer ses produits en devançant les tendances du marché.

J’aurais le plaisir de revenir sur les ondes du Canal Argent le mercredi 9 décembre entre 10h00 et 10h30. Ça me fait d’autant plus plaisir que François Gagnon est un hôte formidable, qui comprend au quart de seconde les problématiques du Web et les bénéfices que les compagnies peuvent en retirer.


OnNousPrendPourDesCons.TV

samedi 24 octobre 2009 à 11:53Social Media

OnNousPrendPourDesCons.TV

On nous prend pour des cons” est ce que je me suis dit en voyant la campagne de pression engagée par les fournisseurs de services de télévision par câble et par satellite canadiens. À coup de spot publicitaire TV, de site Web, Twitter et de Facebook, Bell, Cogeco, EastLink, Telus et Rogers veulent que les consommateurs défendent LEURS intérêts.

L’histoire commence par une décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Canada (CRTC), qui veut imposer une taxe de 10 $ par abonné aux fournisseurs de télévision par câble et par satellite, que ces derniers contestent. L’objectif est d’aider les chaînes locales à financer la production de contenu. Rappelons que sans ce fameux contenu, il n’y aurait pas grand monde pour s’abonner au forfait TV $$$ de Bell et compagnie.

Pour soutenir leur cause, les chaînes de TV canadienne ont créé le site Web LocalTVMatters.ca, et Dave Carroll, l’auteur de succès interplanétaire United Breaks Guitars, s’est prêté au jeu avec une nouvelle chanson “The cable song”.

Un dangereux succès des médias sociaux

Avec 742 followers sur Twitter, 48 734 admirateurs sur Facebook et des milliers de commentaires, on peut dire que StopTheTVTax.ca, la propagande sur les médias sociaux des opérateurs de câble et satellite, va bon train.

À y regarder de plus prêt, on se rend conte qu’il s’agit uniquement d’une campagne de dénigrement, digne des élections américaines de ces dernières années, dans laquelle la population canadienne est entraînée à son insu. L’argumentaire est tout aussi démagogique et n’amène aucune réflexion intelligente sur le fond de la question, celle de la valeur du contenu.

L’idée est de défendre le contenu “Made in Canada sur les réseaux de télévision. Pour être un peu plus crédibles dans ce combat, les fournisseurs de services de télévision devraient commencer à héberger leur site au pays, au lieu d’aller aux États-Unis.

Autant je peux comprendre que la population s’est habituée au “free for all” sur le Web, et qu’elle a du mal à comprendre que la production de contenu doit être rémunérée. Autant, il est inconcevable que les fournisseurs de service de télévision par câble et par satellite, qui font plus de 3 milliards dollars de bénéfices par an, nous fassent la leçon sur la répartition financière pour les télévisions locales.

Le respect est une valeur primordiale des médias sociaux

Les médias sociaux permettent l’échange, la discussion et l’implication. Dans ce cas, il s’agit uniquement de manipuler l’opinion pour faire tomber une décision prise par le CRTC, une institution publique qui est normalement là pour défendre les intérêts des citoyens du Canada.

Lors du Webcamp Montréal de cette semaine, nous avons abordé le rôle et les responsabilités que nous avons en tant qu’acteurs et parfois influenceurs du Web et des médias sociaux. Cet espace de communication ne pourra être bénéfique à long terme aux compagnies que si elles s’y aventurent avec ouverture et respect.

J’ai peur qu’une telle guerre en ligne – les houleuses conversations sur Facebook/Twitter sont là pour en témoigner – n’handicape ces compagnies dans leurs démarches Web futures. La toile a une mémoire quasi immuable, qu’un nouveau design de site ou une belle campagne en ligne ne saurait effacer. Je peux vous assurer que les traces de ces affrontements seront encore longtemps visibles dans les résultats des moteurs de recherches, qui sont les principales sources d’information des internautes/consommateurs.

Pour aller plus loin sur le sujet


Internet, c’est de la merde!

mardi 20 octobre 2009 à 10:32buzz

Internet, c'est de la merde!

Je viens de perdre la dernière once de respect que j’avais pour Jacques Séguéla, pop de la politique spectacles et guru de la pub paillette des années 80. Le cofondateur de Euro RSCG annonce officiellement que le Net est la plus grande saloperie qu’aient jamais inventée les hommes”.

Même mon amie Michelle Blanc, qui adore pourtant la provocation, n’aurait pas osé aller aussi loin dans le dénigrement d’un média et de ses utilisateurs.

Au-delà, Monsieur Séguéla se permet de critiquer l’esprit de liberté d’expression que permet le Web. Je vous laisse seul juge devant ces paroles bibliques : “Internet est le cancer de notre société… Le Net permet à tous les hommes de communiquer avec d’autres hommes”.

J’ai lu beaucoup d’articles sur le sujet. Comme le Web permet tant la critique, les blogueurs ne se sont pas gênés. La plus belle des réponses vient d’un homme pour qui j’ai beaucoup de sympathie. L’ami Vinvin, qui connaît aussi bien la pub que le Web, a rédigé une superbe lettre d’excuse à l’intention de Jacques Séguéla. S’il n’y avait qu’une seule chose à lire sur votre écran, ce serait cet article.

En attendant, je m’en retourne faire des “saloperies” avec mes amis du Net, Sylvain Grand’Maison, Laurent Lasalle et Kim Auclair pour animer le podcast de Mac Québec. Il n’y a pas encore de publicité dans notre émission, mais rassure-toi Jacques, ça arrive à grands pas.


Horloge

Le Web en temps réel est encore une belle traduction de l’anglais. Le Real Time Web signifie l’immédiateté de l’information, en opposition à ce qu’on pourrait appeler une information asynchrone. Certains commencent à l’appeler le flux ou encore le Web 3.0. Quel que soit son nom, le temps réel est sans nul doute le nouvel eldorado du Web. Alors que les médias sociaux commencent tout juste à rentrer dans les stratégies marketing, la question est maintenant de savoir comment l’entreprise va survivre dans ce nuage d’information instantanée.

Voici la première partie d’un guide en 4 étapes pour survivre au Web en temps réel.

1. Histoire du temps réel

Alors que je dissertais sur l’impact de la vidéo en ligne sur les derniers événements en Iran, Andres m’a très justement fait remarquer que les “médias ont dans toutes les époques joué un rôle central dans bon nombre de révolutions sociales majeures”.

L’appel du 18 juin 1940 par le Général de Gaulle est l’un des premiers événements en temps réel vécu par une large population. À l’époque, les familles se retrouvaient autour du poste radiophonique, qui trônait dans le salon, pour écouter fébrilement les paroles de celui qui devint le libérateur, puis le président de la France.

Des années plus tard, c’est également une guerre qui consacra le temps réel de l’information. Pendant le conflit irakien de 1991, CNN diffusait au coeur de la guerre, une caméra quasiment accrochait aux bombes. Nous semblions tous vivre l’événement en direct.

Si des millions de personnes se retrouvent tous les jours pour regarder le même journal télévisé, ce n’est finalement qu’un simulacre de temps réel, puisque l’information a subi plusieurs filtres avant d’être diffusée au grand public.

Internet permet de s’affranchir de ces filtres. Nous sommes aujourd’hui capables d’avoir l’information et de la diffuser en même temps que les journalistes, avec toutes les dérives que cela comporte. En effet, tout le monde n’a pas la connaissance ou le recul nécessaire pour juger objectivement une information. Mes amis de la presse ne pourront pas me contredire sur ce sujet.

Guide en 4 étapes pour survivre au Web en temps réel

1. Histoire du temps réel

2. Real Time Life: Vie sociale en temps réel

3. Real Time Search: Moteur de recherche en temps réel

4. Real Time Company: Entreprise en temps réel


Internet TVAlors que les câblodistributeurs défendent bec et ongle leur poule aux d’or, le Web grignote inexorablement des parts de marché à la télévision conventionnelle. Si les consommateurs du petit écran sont prêts à débourser mensuellement plusieurs dizaines de dollars pour leur programmes favoris, auront-ils le même réflexe payant pour regarder de la vidéo par Internet ? Une récente étude de The Diffusion Group tend à dire que oui.

Avant tout, il faut préciser que je parle de contenu vidéo que l’on retrouve habituellement à la TV, séries, émissions ou films, en opposition au contenu généré par l’utilisateur (UGC) qui représente plus de 90% du Web.

Selon l’étude de TDG, les résultats sont plus que probants :

* 48% sont prêts à dépenser jusqu’à 10$ en plus de leur abonnement TV mensuel
* 12% payeraient jusqu’à 15$ par mois
* 7% dépenseraient 20$ et plus par mois.

TDG estime que 29% des abonnées à Internet par le câble sont prêts à dépenser 10$ en plus par mois pour avoir le plaisir de regarder la TV sur leur ordinateur. Pour Comcast, qui a 4,35 millions d’abonnés Internet et qui est très intéressait par le sujet, ça représente plus d’un demi-milliard de dollars de revenu supplémentaire par an.

Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants, que l’étude portait uniquement sur l’écoute de vidéo par Internet sur un PC. Imaginez si l’on précisait que la TV sur Inernet peut-être regardé sur son téléviseur dans le confort du salon. Ce qui est déjà le cas avec les “set-top box” comme l’AppleTV, XBox et SlingBox, et devrait être généralisé avec l’arrivée de TV connectée à Internet.

Nous avons finalement la réponse à la fameuse question du modèle d’affaires de la vidéo en ligne que tant de personnes se posaient lors de la conférence Montréal Web Vidéo et lors de la rencontre de l’Alliance Internet. Jean-Martin Desmarais l’avait dit à la blague, ou pas, lors du panel de discussion «Je demanderais ma propre licence de distributeur sur le Net pour ChezJules.tv».

Mais, une licence a-t-elle vraiment du sens ? La toile n’a pas de frontière, et mis à part la mise en place d’un Internet à deux vitesses, je ne vois pas qui pourrait nous empêcher de créer notre propre réseau de distribution. Il n’est pas si loin le temps où chacun pourra créer son SuperClubVideotron.TV.


Partagez et vendez vos images d’actualité” est le slogan du site français CitizenSide, qui propose un journalisme citoyen rémunéré. Avec l’application iPhone que CitizenSide vient de lancer sur l’iTunes App Store, un scoop pourra être publié instantanément.

CitizenSide iPhoneAutant dire que ça va brasser la cage dans la profession journalistique, qui voyait déjà d’un mauvais œil l’arrivée de ces citoyens qui se prennent pour des journalistes.

Maintenant, c’est directement dans le porte-monnaie des journalistes que les apprentis reporter vont piocher leur argent. CitizenSide promet un partage de gain allant jusqu’à 75% du prix de vente du document. Le rôle du site est de faire l’intermédiaire entre les paparazzi citoyens et les grands médias à travers le monde.

Je me demande ce que mon scoop sur Join the Wave m’aurait rapporté ? Hélas, si l’application iPhone de CitizenSide permet d’envoyer directement des photos, elle n’offre pas encore la vidéo. Comme le site demande l’exclusivité des droits d’image, je n’aurais pas pu lui transmettre la vidéo que j’ai tournée sur en live Qik. Zut, voilà brisée ma carrière de Journaliste Reporter d’Image citoyen.