Interview: Dominique-Sébastien Forest et la non Web TV Canoë.TV

C’est dans l’immeuble Vidéotron à Montréal que Canoë héberge ses locaux. Et c’est à ce même endroit que Dominique-Sébastien Forest, Directeur général des contenus numériques et du commerce électronique (ouf!) nous a reçu pour nous présenter Canoë.TV.

Canoë.TV est le tout dernier projet médiatique du groupe Quebecor. Si on vous demande, Canoë.TV n’est pas une Web TV, c’est tout simplement “le premier webdiffuseur canadien“.

Pour comprendre de quoi il s’agit, Dominique-Sébastien nous présente les objectifs de diffuser la télévision sur Internet et comment il a réussi à convaincre des concurrents de le rejoindre. Notre invité répond également à quelques critiques de certains blogueurs. Enfin, vous aurez en exclusivité des détails sur les émissions spéciales développées pour Canoë.TV.

TV, ordinateur, iPod et cellulaire… je veux de la vidéo partout !

TVPeut-on espérer que les téléspectateurs restent encore longtemps devant leur télévision à attendre qu’on leur serve leur dose de distraction quotidienne ? Si la vidéo s’étend sur l’ordinateur, Internet et le téléphone cellulaire, c’est que les modes de consommation ont changé. L’entreprise devra s’adapter, sous peine de perdre la communication avec ses clients.

Le New York Times parle d’une abondance de petits écrans dans son article d’aujourd’hui sur l’évolution de la télévision. La technologie permet à tout à chacun de consommer de la vidéo où bon lui semble et surtout quand il en a envie. Pour quoi se priverait-on ?

D’après Kip McClanahan, PDG et cofondateur de ON Networks, un diffuseur de séries vidéo en ligne, “You can’t expect to control consumers and force them to come to prime time at 7 p.m. on a Monday night. If the consumer wants it on their phone at 3 p.m. while they’re on the golf course, then that’s where we have to deliver it

Canoe.TVLes médias traditionnels sont dépassés par la montée en puissance de productions indépendantes sur le Web. L’annonce de la Web-TV de Cyberpresse et Quebecor prouve néanmoins qu’il y a une prise de conscience du secteur.

Les producteurs de comédies, d’entrevues et de reportages vidéo fleurissent sur le Net. Ils bénéficient d’une vitrine et une influence qu’ils n’auraient jamais put rêver 10 ans auparavant. La qualité et la pertinence de certaines créations peuvent être critiquées, mais nous sommes dans “la longue queue” de la vidéo où tout le monde trouve finalement son bonheur.

La technologie permet de diffuser simplement sur une audience étendue ces productions de nouvelle génération. Des solutions comme Blip.TV permettent de démultiplier les canaux en diffusant en un seul clic une vidéo sur les plateformes de partage (Youtube, Yaoo!Vidéo, AOL Vidéo), les médias sociaux (Facebook, MySpace, Twitter), le Blip.TVpeer-to-peer (Pando), les lecteurs terminaux mobiles grâce à iTunes, et même la télévision avec Akimbo.

Dans une entrevue accordée à Beet.TV, Mike Hudack, PDG et cofondateur de Blip.tv, explique comment il répond simplement aux besoins des utilisateurs en leur donnant le choix de regarder des vidéos sur n’importe qu’elle plateforme. Répondre aux besoins de ses consommateurs, quelle idée étrange !

Successful Online Video Publishing is Multi-Platform Distribution, Mike Hudack of Blip.tv

Enjeux les Échos virtuel : Univers 3D, audio et vidéo au service d’un magazine

À l’heure où les groupes de médias recherchent la convergence à tout prix, le mensuel “Enjeux les Échos” propose à ses lecteurs une expérience unique avec la mise en ligne d’un univers virtuel mêlant texte, photos, audio et vidéo.

Enjeux les Échos VirtuelImaginez un loft virtuel où vous pouvez rencontrer les personnes interviewées dans un magazine que vous venez d’acheter chez votre libraire. Vous êtes acteur de ce monde 3D où les internautes présents peuvent discuter entre eux des sujets qu’ils découvrent.

Développé par la société I-Maginer, ce monde virtuel à la Second Life nécessite le téléchargement d’un petit logiciel (3,1 Mo) et forcément une connexion haute vitesse (supérieure à 512kb).

En projetant ses lecteurs dans un univers 3D en ligne, “Enjeux les Échos” cré une nouvelle expérience de consultation de l’actualité, qui reste complémentaire de son édition papier : pour l’achat d’un magazine vous gagnez un voyage virtuel en plus.

Dans cet exemple, l’audio et la vidéo jouent un rôle primordial pour aider l’internaute à s’immerger dans l’univers des reportages du magazine. La qualité des films n’est certainement pas à la hauteur de la chaine National Geographic, mais ils suffisent amplement pour rendre le discours plus vivant.

Au pays, Quebecor possède des médias presse, radio, TV et sites Web. Le géant québécois s’essaye parfois à la convergence avec plus ou moins de succès : la télé-réalité Occupation Double sur TVA fait la une des journaux du groupe, se retrouve en capsules vidéo sur Espace Canoë, qui sont ensuite réinjectées dans l’émission Vlog le dimanche soir… juste après Occupation Double.

3D I-MaginerLa boucle est bouclée, mais le filon a ses limites. Il n’est pas question de création de nouveaux concepts, mais juste de recyclage de contenus sur différentes plateformes. Pour préparer la TV de demain, Quebecor devrait plutôt contacter Sensio, société montréalaise spécialisée dans la technologie 3D.

La convergence ne doit pas forcément être un amas de contenus en provenance de différents médias, mais plus une utilisation originale de ceux-ci. Le Web permet aisément de mêler texte, audio et vidéo avec une couche ludique de Flash. Soyons créatifs!