La télévision déclare la guerre à Google

Le mot est donné chez RTL ” Tout sauf Google”. Le télédiffuseur luxembourgeois interdit l’accès à son contenu par l’intermédiaire de la Google TV. Pourquoi? Tout simplement parce que Google a la capacité de l’argent sur cette audience en vendant de la publicité… et ne reverse rien aux diffuseurs, qui sont pourtant propriétaires du contenu.

Après la déroute de Google TV Ads Networks, le géant de la publicité essaye encore une fois de s’attaquer à la mine d’or de la télévision – qui reçoit toujours plus de 50% des budgets publicitaires des annonceurs.

Je pense que Google est finalement la compagnie la plus mal placée pour convaincre les grands groupes médias. Chaque initiative dans le domaine des journaux et de la télévision est reçu froidement par les professionnels concernés qui ne veulent pas perdre la maîtrise de leur contenu, et surtout des revenus publicitaires.

Pour bien connaître le secteur avec Seevibes, ce n’est pas en 2013 que l’on verra de grands bouleversements. Les enjeux sont trop importants pour que la télévision laisse le loup rentrer dans la bergerie sans rien dire.

10 ans de Twitter : Le média connecté

Aux côtés de Sébastien Provencher, Alain McKenna m’a invité à prédire les cinq prochaines années de Twitter pour article publié lundi dernier dans le journal La Presse.

Habituellement, je n’aime pas trop me risquer à lire dans une boule de cristal en matière de technologies. Vous savez comme moi qu’en 5 ans les choses changent énormément. Connaissez-vous quelqu’un présent sur Facebook en mars 2006? Moi pas !

Pour jouer le jeu, je vois deux scénarios, qui tournent autour d’hypothèses de modèle d’affaires de Twitter. Je ne saurais dire lequel est le moins réaliste.

Un monde connecté par Twitter

Comme nous connaissons les appareils de lecture vidéo avec la certification DivX, j’imagine facilement une pléiade d’appareils connectés à Internet avec le logo “Power by Twitter”.

Le protocole IPV6 permet de donner une adresse Internet à des milliards et des milliards
d’objets communicants — 2128 pour être précis, allant du réfrigérateur aux pots de yaourt — avec puce NFC, en passant par les fenêtres, les lampes de chevet et les chaussures. Twitter pourrait devenir l’interface sur laquelle s’échangeraient automatiquement toutes ces informations, une sorte d’Internet de l’objet connecté. Vous avez dit une idée folle: BakerTweet.

Le pouvoir d’un média

Internet est déjà reconnu comme un média. Demain, Twitter pourrait devenir un média à part entière au-dessus d’Internet, voire le média d’information international de référence.

Imaginons le rachat d’Associated Press par Twitter, puis la fusion avec CNN. Les médias du monde entier devront payer pour reprendre le fil d’information de Twitter. À l’avenir, toutes les nouvelles se résumeront dans un titre de moins de 140 caractères.

Personnellement, je ne suis pas inquiet pour le modèle d’affaires de Twitter. Au-delà des tweeds commandités, la compagnie monnaye déjà un accès privilégié à ses données par l’intermédiaire du revendeur GNIP. Toutes les informations publiées sur Twitter ont une valeur considérable, elles ne demandent qu’à être exploitées et enrichies. J’en sais quelques choses avec Seevibes 😉

Médias traditionnels vs Médias sociaux vs Médias citoyens

Médias vs Médias sociaux vs Médias citoyens

Je participe aujourd’hui à Montréal à la seconde édition du Rendez-vous des médias citoyens. La matinée débute sur le thème “Accès et appropriation des médias citoyens afin de mieux informer et mobiliser le public”. Aux côtés de Martin Lessard, j’en ai profité pour lui soutirer quelques réflexions sur la place des médias sociaux face aux médias dits traditionnels et aux médias sociaux.



Si comme moi vous appréciez échanger avec Martin, je vous invite à vous inscrire aux MediaCamp / PodCamp Montréal qui se tiendront du 10 au 12 septembre 2010 au Coeur des Sciences de l’UQAM. Martin donnera une conférence lors de chacun de ces événements.

  • MediaCamp Montréal – Vendredi 10 sept (heure TBD)
    “La Chaîne des valeurs : comment internet s’arrime avec l’industrie de la télé”
  • PodCamp Montréal – Samedi 11 sept. à 9h30
    “Crédibilité(s) : Construction de l’autorité et de la notoriété dans les médias sociaux”

Contenu de m… généré par l’utilisateur

De plus en plus de compagnies demandent à leurs clients/consommateurs de prendre part à leur communication, allant jusqu’à leur demander de trouver le nom du produit et de réaliser la vidéo pour le promouvoir.

Existe-t-il une limite à faire appel au contenu généré par l’utilisateur (User Generated Content – UGC)? Les médias doivent-ils emboîter le pas pour laisser les spectateurs prendre les rênes des rédactions d’information? J’ai tenté de répondre à la question lors de ma dernière chronique au Canal Argent.

UGC: Le marketing n’a rien inventé !

Premier constat, les gens détournent déjà les marques. Il n’y a qu’à prendre l’exemple de la vodka Absolut, d’Adidas ou le célébrissime vidéo de Tigers Woods qui discute d’outre-tombe avec son père.

Les internautes ont appris à devenir leur propre média, aider par la facilité d’accès des outils de publication, comme WordPress, et des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou MySpace. Ils ont souvent l’avantage d’être influents sur certaines niches de marché.

L’idée de génie des démons du marketing – dont j’assume faire partie – est de reprendre à leur compte la créativité des consommateurs au profit des marques. De là est né le contenu généré par l’utilisateur au service de la publicité. Vous pouvez demander à Loic Lemeur ce qu’il en pense.

Doritos est l’un des experts pour initier des concours UGC. La compagnie américaine l’a fait lors du Super Bowl et au Canada pour le Doritos Guru, qui offrait au consommateur de déterminer la saveur du prochain produit.

L’information coûte cher, pourquoi ne pas la faire produire par les spectateurs?

Ça a l’air si facile de faire faire le travail par les consommateurs que les médias s’y mettent. Radio Canada a par exemple invité 32 personnes à bloguer pour la Coupe du Monde de soccer 2010, chacun représentant un pays. Ils leur manquent pour l’instant le Japon et la Corée. Le CRTC vient également d’approuver la chaîne Génération V, dont le contenu sera généré entièrement par les utilisateurs.

Je pense sérieusement que nous avons atteint une limite de l’exploitation du contenu généré gratuitement par l’utilisateur. Comme pour le concours vidéo de Sorel-Tracy<>, il devient nécessaire de compenser le travail qui se fait au profit d’une marque ou d’un organisme. Sinon, j’appelle ça du bénévolat, et je préfère le faire avec Île sans fil.

Si même le Pape est sur Youtube, que faire de la TV?

Quel est le point commun entre Barack Obama, Le Pape Benoit XVI et Stephen Harper? Ils ont tous les trois leur chaîne officielle sur Youtube! Partant de ce constat, J’ai débattu avec François Gagnon au Canal Argent sur le sérieux de la vidéo en ligne, dans le cadre d’une stratégie marketing Internet efficace. La discussion a débordé sur la place de la TV face au Net. La petite lucarne fait-elle encore le poids face à la toile géante?

Aujourd’hui, pour se faire connaître, un artiste à le choix de connaître l’assistante du producteur de “Tout le Monde en Parle”, ou bien de prendre les choses en main et développer sa notoriété en ligne. Au Québec, ce fut le cas de Casey McKinnon et Rudy Jahchan (Galacticast), Jon Lajoie (Everyday Normal Guy) ou encore Nadia G (Bitchin Kitchen), même si la reine de la cuisine vache est finalement passée sur le grill de Guy A. Lepage.

Dans un autre genre, Gary Vaynerchuk est aussi un artiste. Il a transformé la petite boutique de vente d’alcool de ses parents en une affaire qui brasse des millions de dollars. Son secret tient dans l’utilisation réussie de la vidéo en ligne qui mêle oenologie avec une bonne dose de divertissement pour mettre le vin à la portée de tous.

Je ne reparlerais pas en détail de Will It Blend qui a réduit en cendre le iPad d’Apple au lendemain de sa sortie officielle aux États-Unis. Ces capsules vidéo diffusées uniquement sur Internet lui ont permis de multiplier par 5 les ventes de son blender, qui vaut en moyenne 400 $. À ce rythme-là, on risque de voir passer encore pas mal de iPhone dans sa cuisine.

Objectivement, je me demande ce qu’il reste à la télévision. Internet est plus accessible avec des coûts ridicules par rapport à la TC. Depuis que Youtube diffuse en HD 1080i, les vidéos sont de meilleur qualité que sur la majorité de chaînes diffusées sur le câble ou le satellite. Dans une économie d’hypersegmentation, la TV est finalement trop grand public. Il ne reste plus que les producteurs de yaourts et les agences de publicité traditionnelles pour retrouver un intérêt à ce meuble qui affiche des images multicolores.

D’accord, je reconnais accentuer les traits. La télévision est encore séduisante. Je prends l’exemple de Jean-Michel Vanasse. Il s’est retrouvé dans les charrettes de TQS, a créé son émission techno sur le Web pour ensuite revenir sur les ondes de V. Il est clair que la TV est un média de masse puissant qui draine encore l’essentiel des budgets publicitaires. En attendant que la bascule se fasse sur le Net, il faut toujours garder un oeil dessus.

Top 10 Tendances de la Vidéo Internet en 2010

Top 10 Tendances de la Vidéo Internet en 2010

À la veille de la présentation des prédictions en technologies, médias et télécoms de Deloitte (auquel je participe), je me joins au marronnier du Web pour présenter ma vision des 10 grandes tendances de la vidéo en ligne pour 2010. L’exercice est plus difficile qu’il n’y paraît si l’on s’en tient seulement aux 12 prochains mois.

1. Mobile

Le mobile va être le grand vainqueur de la vidéo Internet en 2010. Trois facteurs jouent en la faveur du mobile:

  • Des écrans avec une meilleure définition: 800×480 (N900, HTC HD2), 854 × 480 (Droid Motorola)
  • Débit plus importants: Avec la 3G+ et la 3G++ les débits ne deviennent plus une limite à la consultation de vidéo mobile.
  • TV partout: À la demande, en direct, par HTTP ou des applications dédiées, la TV mobile devient plus que présente.

2. Youtube

INCONTOURNABLE! Même si n’est pas la plus difficile des prédictions, la position dominante de Youtube va continuer à être une évidence. Deuxième moteur de recherche, derrière son grand frère Google, Youtube attaque tous les marchés et tous les supports. 2010 devrait être l’année de la consolidation de son modèle d’affaires avec la vente d’abonnement TV et cinéma.

3. Publicité

Je ne sais pas si c’est une prédiction ou un voeux pieux, mais j’attends de 2010 qu’il nous montre enfin la voix d’un modèle publicitaire original et viable pour la vidéo.
Hulu démontre qu’avec un contenu de qualité il est possible d’introduire intelligemment de la publicité au milieu de ses programmes.
Le CPM et le CPC ne sont pas adaptés à la vidéo. Un coût par implication (CPI) devrait être valorisé. Plus je regarde la vidéo, plus ma valeur devrait être grande.

4. Live

Désormais, il n’y a pas une semaine où je vois un événement retransmis en direct vidéo sur Internet. Par exemple, à Montréal, nous avons demain les prédictions TMT de Deloitte, mercredi la table ronde iTVm et vendredi la balado Mi5 qui passe en live.
En 2010, il est complètement inconscient de se priver des bénéfices d’une retransmission en direct sur Internet de ses événements. La technologie n’a jamais été aussi accessible et le public est demandeur de cette forme ouverte et interactive de communication.

5. Twitter Video

Je prends plus de risque sur cette prédiction, qui n’est peut-être réservée qu’à une partie des internautes. Twitter pourrait mettre la reconnaissance de la vidéo directement dans son API. La vidéo, et plus largement le contenu multimédia, devraient être mieux intégré dans Twitter en 2010. La présentation de ces contenus se ferait directement dans le fil de nouvelle, comme le fait déjà Friendfeed.

6. Set-top box et TV connectées

Pour moi, la TV connectée allait s’imposer en 2009. J’étais un peu trop présomptueux sur cette prédiction qui devrait quand même se réaliser en 2010. Poussées par le système de widget de Yahoo, les TV connectées commencent à apparaître sur les tablettes des marchants.
Pour ne pas acheter un nouvel écran plat HD, sur lequel vous avez craqué à Noël, vous pouvez toujours vous rabattre vers les set-top box pour faire le lien entre le contenu Internet et votre téléviseur. Les consoles de jeux sont bien placées sur ce marché, même si elles n’ont pas encore développé le plein potentiel de ce marché.
La compagnie Boxee est à surveiller avec un logiciel multiplateforme qui a tout d’abord séduit les early adopters, mais qui va arriver dans votre grâce à la Boxee Box développée conjointement avec Dlink.

7. Skype Vidéo

Avec le drame qui a secoué Haïti et la planète, les médias ont découvert Skype pour faire de la vidéo sur Internet, alors que ma mère l’utilise depuis exactement 4 ans.
En 2010, Skype Vidéo s’invite dans le salon avec des téléviseurs équipés de caméra et des visiophones que même ma grand-mère peut utiliser (c’est son cadeau de Noël… pour de vrai!).
Avec des fonctions de clavardage, de partage d’écran et une excellente qualité audio et vidéo, il ne manque plus que la visiophonie multiécran pour que Skype remplace jusqu’à WebEx.

8. Google Voice Video

Le rachat de On2, le spécialiste de l’encodage vidéo Internet, permet d’espérer que les services vidéo de Google vont en bénéficier dans un futur proche. Si le géant de Redmond ne devient pas fournisseur télécons en 2010, il a de grandes chances de jouer la synergie entre Gizmo5, Google Voice, Google Talk pour offrir un service de visiophonie comparable à celui de Skype.

9. Médias

Si nos grands médias ont bien investi le Web en 2009, l’utilisation de la vidéo n’a pas atteint des sommets d’originalité: de la vidéo à la demande (VOD) ou en rattrapage, un peu de diffusion en direct et quelques goûte de WebTV.
Si vous voulez connaître l’avenir des médias en 2010 dans le domaine de la vidéo en ligne, je vous conseille d’aller voir ce qu’a fait l’ami Bruno Guglielminetti lors du dernier CES de Las Vegas. L’animateur du carnet techno a profité de sa carte de presse pour nous faire vivre l’événement sous toutes ses coutures, d’une manière personnelle, vivante et très réactive: interview vidéo sur Youtube et diffusion en direct sur Ustream.
Il y a quasiment un an jour pour jour, CNN donnait l’exemple avec une diffusion en direct sur Internet qui intégrait Facebook et permettait ainsi à chacun de vivre l’événement avec ses amis. La synergie entre la vidéo en ligne et les médias sociaux est clairement une clé du succès des médias sur le Web en 2010.

10. Compagnie

Ce que j’aime dans la «crise économique», c’est que les compagnies rationalisent encore plus leur dépense. Ce fut bénéfique pour mes affaires en 2009, ça l’est encore plus pour moi en 2010 grâce à un retour sur investissement sans précédent de stratégies médias sociaux et vidéo Internet.
Pour une campagne ciblée et une communication personnalisée, les compagnies vont encore plus s’intéresser à la vidéo en ligne en 2010. Alors que la qualité de production du Web devient l’égal de la TV, les coûts de distribution sont ridiculement bas par rapport à l’ancien média.

Tout le monde parle de la 3D

Si la 3D est clairement une tendance à suivre à long terme, elle ne s’imposera certainement pas cette année à la télévision, et encore moins sur Internet. Comme des millions de personnes, j’ai vu et apprécier le film avatar. Le cinéma reste en 2010 le meilleur endroit pour visualiser une production 3D. Par contre, si vous avez envie de m’offrir la caméra 3D full HD de Panasonic (15 000 $), je ne dirais pas nom 😉