Twitter et journalisme: Témoignage dans l’affaire DSK

Alors que Twitter vient de fêter les 300 millions de comptes ouverts, l’usage des 140 caractères semble incontournable pour informer le monde. Depuis l’amerrissage d’un avion sur l’Hudson River, en passant par la révolution Orange et les événements dans le monde arabe, Twitter s’impose comme le média de l’instantané.

L’affaire franco-américaine autour de Dominique Strauss Kahn (DSK) est une nouvelle étape pour Twitter. Tout d’abord, il révèle enfin la puissance de l’outil aux Français, qui commençaient tout juste à l’appréhender. C’est la pratique des journalistes qui semble être le plus impactée avec un usage qui se découvre au grès des événements.

Jean-Philippe Balasse, journaliste pour la radio Europe1, témoigne ce matin à l’émission Mediapolis de son expérience de Twitter au coeur du tribunal de New York qui juge DSK. J’adorerais l’avoir à MediaCamp Montréal samedi prochain, car nous serons nombreux à aborder ce sujet lors des conférences.




Je retiens deux commentaires très pertinents :

    “Finalement, quand on est journaliste, on fait son boulot. On essait de le faire bien. Que ce soit avec un stylo, un micro ou une caméra, dans chaque exercice il y a des contraintes et des avantages”
    “Twitter, ce n’est pas l’avenir… c’est le présent !”

OnNousPrendPourDesCons.TV

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On nous prend pour des cons” est ce que je me suis dit en voyant la campagne de pression engagée par les fournisseurs de services de télévision par câble et par satellite canadiens. À coup de spot publicitaire TV, de site Web, Twitter et de Facebook, Bell, Cogeco, EastLink, Telus et Rogers veulent que les consommateurs défendent LEURS intérêts.

L’histoire commence par une décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Canada (CRTC), qui veut imposer une taxe de 10 $ par abonné aux fournisseurs de télévision par câble et par satellite, que ces derniers contestent. L’objectif est d’aider les chaînes locales à financer la production de contenu. Rappelons que sans ce fameux contenu, il n’y aurait pas grand monde pour s’abonner au forfait TV $$$ de Bell et compagnie.

Pour soutenir leur cause, les chaînes de TV canadienne ont créé le site Web LocalTVMatters.ca, et Dave Carroll, l’auteur de succès interplanétaire United Breaks Guitars, s’est prêté au jeu avec une nouvelle chanson “The cable song”.

Un dangereux succès des médias sociaux

Avec 742 followers sur Twitter, 48 734 admirateurs sur Facebook et des milliers de commentaires, on peut dire que StopTheTVTax.ca, la propagande sur les médias sociaux des opérateurs de câble et satellite, va bon train.

À y regarder de plus prêt, on se rend conte qu’il s’agit uniquement d’une campagne de dénigrement, digne des élections américaines de ces dernières années, dans laquelle la population canadienne est entraînée à son insu. L’argumentaire est tout aussi démagogique et n’amène aucune réflexion intelligente sur le fond de la question, celle de la valeur du contenu.

L’idée est de défendre le contenu “Made in Canada sur les réseaux de télévision. Pour être un peu plus crédibles dans ce combat, les fournisseurs de services de télévision devraient commencer à héberger leur site au pays, au lieu d’aller aux États-Unis.

Autant je peux comprendre que la population s’est habituée au “free for all” sur le Web, et qu’elle a du mal à comprendre que la production de contenu doit être rémunérée. Autant, il est inconcevable que les fournisseurs de service de télévision par câble et par satellite, qui font plus de 3 milliards dollars de bénéfices par an, nous fassent la leçon sur la répartition financière pour les télévisions locales.

Le respect est une valeur primordiale des médias sociaux

Les médias sociaux permettent l’échange, la discussion et l’implication. Dans ce cas, il s’agit uniquement de manipuler l’opinion pour faire tomber une décision prise par le CRTC, une institution publique qui est normalement là pour défendre les intérêts des citoyens du Canada.

Lors du Webcamp Montréal de cette semaine, nous avons abordé le rôle et les responsabilités que nous avons en tant qu’acteurs et parfois influenceurs du Web et des médias sociaux. Cet espace de communication ne pourra être bénéfique à long terme aux compagnies que si elles s’y aventurent avec ouverture et respect.

J’ai peur qu’une telle guerre en ligne – les houleuses conversations sur Facebook/Twitter sont là pour en témoigner – n’handicape ces compagnies dans leurs démarches Web futures. La toile a une mémoire quasi immuable, qu’un nouveau design de site ou une belle campagne en ligne ne saurait effacer. Je peux vous assurer que les traces de ces affrontements seront encore longtemps visibles dans les résultats des moteurs de recherches, qui sont les principales sources d’information des internautes/consommateurs.

Pour aller plus loin sur le sujet

Peut-on vraiment remplacer un journaliste par un iPhone?

CNN iPhone App iReport

CNN remet le journalisme citoyen au-devant de la scène avec une nouvelle application iPhone pour envoyer photos et vidéos directement sur iReport, la plateforme d’information citoyenne du géant américain.

CNN n’a rien inventé

En janvier de cette année, j’écrivais déjà un article CitizenSide, le site français de journalisme citoyen qui offrait déjà une application iPhone pour publier directement ses nouvelles en échange d’une possible rémunération.

En mai 2009, c’est au tour de Branchez-Vous d’offrir un logiciel sur l’appareil d’Apple pour consulter les informations du portail québécois, et surtout pour publier directement les photos prisent par les lecteurs/acteurs de nouvelles.

Le fruit est-il dans la pomme du journalisme?

Quand on voit que CNN à son iReport et Le Monde à Le Post, les journalistes auraient peut-être raison de s’inquiéter. À l’ère du Web et de l’information en temps réelle, les médias ont-il d’autres choix que de s’ouvrir au journalisme citoyen, ou plutôt aux témoignages citoyens?

Pour relativiser l’impact de cette nouvelle vague d’information, je préfère retenir le terme de témoignage citoyen. Finalement, je ne vois rien de nouveau sur la planète média par rapport aux photographies de lever de soleil envoyé à Louis Lemieux en fin de semaine sur RDI Matin.

À quand une économie du contenu citoyen?

Si CNN et Le Monde surfent allégrement sur le contenu généré par les utilisateurs, l’initiative de CitizenSide pourra-t-elle faire école?

Pour ceux qui le font gratuitement, leur motivation tournent autour de la fierté de se retrouver sur un média célèbre. Pour d’autres, ça peut-être un réel envie de transmettre une information citoyenne. Les événements en Iran sont dans cet état d’esprit.

Comme certains blogueurs arrivent à gagner un revenu de leurs publications Web, nous pourrions imaginer que des journalistes en herbe monnaient leur information avec l’aide de leur iPhone.

Comme pour les blogues, j’entends déjà la même musique pour nous dire que le marché n’est pas assez important au Québec. Personnellement, je préfère rester dans mon rôle de blogeur, loin des plates bandes des journalistes.

Je me demande quand même si des médias au pays seraient prêts payer des citoyens pour leur publication. Peut-être que ça existe déjà. En connaissez-vous?

La presse écrite n’est pas encore morte : La preuve du Daily Telegraph

Le scandale des notes de frais secoue la classe politique britannique, au point de voir la démission de Michael Martin, Président de la Chambre des communes, une première depuis 300 ans. Le prestigieux Daily Telegraph est à l’origine de ce coup médiatique, qui lui a permis d’augmenter de 100 000 le nombre de ses lecteurs en seulement 10 jours, alors que depuis 2000, la presse perd entre 2 et 10% de ses lecteurs par an. Au-delà du scoop, le Daily Telegraph est un exemple de réussite de la presse écrite.

Le succès du Daily Telegraph est dut en partie à sa rédaction multimédia intégrée, une des premières dans le secteur, qui regroupe 550 journalistes qui travaillent à la fois pour l’édition papier et pour le site Internet du journal.

Avant tout, le Daily Telegraph regroupe les meilleurs spécialistes et les meilleurs enquêteurs que le journal a débauchés chez la concurrence. Le résultat ne se fait pas attendre, avec un contenu loin du populisme, assez fréquent dans les tabloïd anglais, pour se concentrer sur des articles de fond, avec des faites et rien que des faits.

À mon ami Jean-François Codère, je dirais donc que technologies et contenu sérieux ne sont pas incompatibles. Quel que soit le support, le métier de journaliste restera le même : offrir une information de qualité au public.

M.A.J : Un article de Marianne “Internet tue la presse? Elle est assez grande pour le faire toute seule! ” vient conforter ma position sur la sortie de secours que les journalistes de la presse doivent vite prendre.

Les mêmes causes engendrent les mêmes effets le l’autre côté de l’Atlantique. Ce que l’auteur de Marianne appelle l’Internetophobie fait un malheur dans la presse française. Si les journaux se portent mal et les salaires des journalistes se réduisent, c’est la faute à Internet et à la débilerie engendrée par les blogues. CQFD !

Coming out : Les journalistes sont des blogueurs

France 24Après mon coming out sur mon nihilisme journalistique, le sujet du blogue et du journalisme est de retour. Cette fois-ci, ce sont les journalistes eux-mêmes qui font leur coming out en assumant leur bloguitude, dans un reportage exceptionnel de France 24 sur les blogues de presse.

La presse traditionnelle s’empare enfin des blogues et ça lui réussit. 5 à 10% du trafic généré sur le site d’information proviendrait des blogues de journalistes.

Jean-Louis Missika, Sociologue des Medias, avec le blogue le journaliste rentre dans une forme d’interaction entre celui qui parle et celui qui écoute qui est radicalement différente de celle de la télévision, de la radio ou de la presse écrite. Il va même plus loin en affirmant que c’est ce que les gens vont chercher. Ils préfèrent aller lire un article d’un journaliste sur son blogue plutôt que sur sa version papier.

Dans son témoignage, Marie-Catherine Beuth souligne qu’elle n’est pas une blogueuse, elle est une journaliste qui blogue. Il semble que la différence a son importance. Vous pouvez d’ailleurs lire sa plume sur le blogue médias du Figaro.

Pour Éric Mettout, Rédacteur en Chef de l’Express.fr, le blogue permet une liberté de parole, une certaine décontraction et une formulation au “je” qui est normalement proscrit par la profession. Pour lui, un article de blogue rédigé par un journaliste n’a pas moins de valeur qu’un article traditionnel, il est seulement différent.


France 24 – Sur le Net : Les blogs de presse

Coming out: Je suis un blogueur, pas un journaliste

Par l’entremise du Stéphane Guérin, j’ai récupéré sur le blogue de 90 degrés une conversation houleuse lancé par Étienne Denis sur le rôle des blogueurs comparé à celui des journalistes. journaliste au toiletteComme je l’explique dans mon commentaire, autant le regard dédaigneux des journalistes sur les blogueurs m’agace au plus haut point, autant je dois reconnaître que le mélange des genres ne me fait pas plus plaisir.

J’estime avoir une rigueur proche du journalisme quand j’écris mes articles. J’aime à croire que mes textes apportent quelque chose à ceux qui les lisent. Pourtant, je suis totalement conscient du conflit d’intérêts inhérent aux informations que je diffuse.

Que ce soit pour mon blogue personnel, professionnel. ou pour les blogues d’associations que j’anime, c’est clairement une démarche de communication que je mets en place, accompagnée d’une stratégie de marketing réfléchie.

Je ne peux donc pas raisonnablement affirmer, ou même penser que je suis un journaliste. Je suis tout au plus un bon communicateur/marqueteur. Je pense que mon état est partagé par 99% des blogueurs d’affaires. Au-delà de la polémique qui fait du “hit”, nous devrions nous regarder en face avec un peu d’humilité, et reconnaître que nous ne sommes que des blogueurs.