Dans 10 ans, qui se souviendra que Motorola vendait des cellulaires

Dans 10 ans, qui se souviendra que Motorola vendait des cellulaires

Il parait que IBM fabriquait des ordinateurs. Dans 10 ans, c’est comme ça qu’on se rappellera de Motorola pour le cellulaire. Après avoir fait rêver les fans de Star Trek, Motorola s’éloigne du marché qui l’a fait connaître pour se concentrer sur l’Internet TV (IPTV), qui offre de plus belles perspectives.

Google Android n’est pas seulement un potentiel iPhone killer, c’est surtout le fossoyeur de l’industrie mobile. En offrent un OS ouvert qui s’intégre sur n’importe quel cellulaire, Google démontre que le matériel n’a plus d’importance.

Google renvoie donc les Nokia, Samsung et autres Motorola à de simples constructeurs d’appareils ménagers, tels des fours à micro-ondes ou des grilles pain. Le géant de Moutain View fait ainsi le même coup à l’industrie du mobile, que Microsoft à IBM 30 ans auparavant.

Conscient que sa marge fond à vu d’oeil sur les cellulaires, Motorola prépare la prochaine étape. Après avoir produit des batteries, des radios et des téléphones, Motorola investit le marché prometteur de l’IPTV.

Trois annonces confortent ce nouveau positionnement. Tout d’abord le rachat de SecureMedia, spécialisée dans la gestion des droits de vidéos IP, puis l’acquisition de BitBand, compagnie israélienne, qui a développé un système de distribution de vidéo Internet. Enfin, Mototola présente sa réorganisation autour de deux entités qu’il pourrait céder: appareil mobile et set-top box vidéo.

L’IPTV est par définition multiplateforme. Je préfère d’ailleurs ce terme à celui de WebTV, qui à mon goût est beaucoup trop réducteur pour la vidéo en ligne. L’expertise de Motorola dans le domaine du mobile lui donne un net avantage dans la distribution de vidéo Internet, surtout quand on sait que c’est l’écran qui va s’imposer dans les prochaines années.

Avec ces deux derniers achats, Motorola se construit une offre IPTV complète qui vaut bien plus cher que la vingtaine de nouveaux téléphones cellulaires intelligents qu’il va distribuer cette année. On se donne rendez-vous dans 10 ans pour vérifier si j’avais raison.

Comment Adobe Flash va mourir & Pourquoi tout le monde est si content?

Comment Adobe Flash va mourir & Pourquoi tout le monde est si content ?

Il y a 7 mois, je prédisais la mort de la vidéo avec Adobe Flash. Avec les dernières annonces de Google, Apple et Mozilla, nous nous rapprochons à grands pas du temps fatidique/béni où HTML5 et les autres normes du Web mettront Flash à la porte du Web.

La belle époque du Flash

Au-delà des animations Flash trop chargées, que l’on voit sur certains sites Web, nous lui devons depuis 5 ans l’explosion de la vidéo en ligne. Avec un simple plugin installé sur 99% des ordinateurs connectés au Net, Flash est entré dans notre quotidien sans que l’on s’en rende compte.

Le monde du Flash n’est pas si rose. Avec le temps, il est devenu lourd, fait régulièrement planter nos navigateurs Web et n’a pas vraiment évolué pour la diffusion de vidéo. Il y a comme une odeur de naphtaline qui me rappelle Real Networks à la fin des années 90.

Le roi Flash haï par Apple te Mozilla

Lors du lancement du Apple iPad, Steve Jobs a confirmé que la technologie Flash n’était pas prête pour ses appareils mobiles. Le père de la pomme a des mots très durs pour Adobe, qu’il va jusqu’à traiter de fainéant. Dans ces conditions, nous ne sommes pas prêts de voir une animation ou même une vidéo en Flash sur notre iPhone ou iPod Touch.

Mozilla rentre à son tour dans la critique de Adobe en annonçant que son nouveau navigateur mobile, Firefox Maemo, débrancherait par défaut le plugin Flash. Encore une fois, il s’agit d’offrir une meilleure performance Web.

Le roi Flash détrôné par HTML5

La vidéo en ligne est le marché où Adobe doit prendre le plus peur. Tous les navigateurs Internet modernes (Firefox, Safari et Chrome) incluent la compatibilité avec HTML5, le nouveau standard du WWW. Même Microsoft a décidé de s’y mettre pour la version 9 de Internet Explorer.

HTML5 ajoute la reconnaissance directe de la vidéo, sans passer par un plugin tiers. Depuis 2 semaines, Youtube supporte cette nouvelle norme, que vous pouvez tester pour certaines vidéos en activant votre compte sur youtube.com/html5. Vimeo vient à son tour d’emboîter le pas au géant de la vidéo. Enfin, le contenu multimédia de Wikipédia sera aussi compatible HTML5, suite à une adaptation de la plateforme libre Kaltura.

Pourquoi tant de haine envers Adobe?

Si toutes ses grandes compagnies du Web veulent s’affranchir de Flash pour la vidéo, c’est en partie pour une question pécuniaire. Imaginez un peu l’argent que Google doit dépenser pour payer les licences Flash qui font tourner Youtube. En rachetant On2 Flix Technologies, dont adobe a brisé la noce l’année dernière, Google s’assure qu’il n’y ait plus aucun soutien au format Flash.

Si je soutiens les formats ouverts, je ne pense pas que ogg, reconnu par HTML5 et poussé par Mozilla, trouve sa place, autre part que sur les machines d’adeptes de Linux. Pour une raison d’efficacité et d’économie d’échelle, le format MPEG4-AVC (H.264) va s’imposer comme le format vidéo de référence pour diffuser sur Internet (IPTV). Dans une logique de diffusion multi-support, MPEG4-AVC est reconnu à la fois par le Web, le mobile et les TV connectées.

Ne fuyez pas encore Flash

Je rassure tous ceux qui ont du Flash sur leur site, en animation ou en vidéo, il ne va pas disparaître en un jour. Le principal handicap à la montée du HTML5 est encore la trop grande présence d’Internet Explorer (6,7 et 8). Il faudra peut-être encore 5 ans avant qu’une part assez consistante du Web soit compatible pour que l’on puisse enfin abandonner Flash.

En attendant, je vous conseille d’installer un navigateur qui vous permet de profiter pleinement de la toile et des possibilités offertes par HTML5, CSS3, AJAX et toutes ces merveilleuses technologies.

Top 10 Tendances de la Vidéo Internet en 2010

Top 10 Tendances de la Vidéo Internet en 2010

À la veille de la présentation des prédictions en technologies, médias et télécoms de Deloitte (auquel je participe), je me joins au marronnier du Web pour présenter ma vision des 10 grandes tendances de la vidéo en ligne pour 2010. L’exercice est plus difficile qu’il n’y paraît si l’on s’en tient seulement aux 12 prochains mois.

1. Mobile

Le mobile va être le grand vainqueur de la vidéo Internet en 2010. Trois facteurs jouent en la faveur du mobile:

  • Des écrans avec une meilleure définition: 800×480 (N900, HTC HD2), 854 × 480 (Droid Motorola)
  • Débit plus importants: Avec la 3G+ et la 3G++ les débits ne deviennent plus une limite à la consultation de vidéo mobile.
  • TV partout: À la demande, en direct, par HTTP ou des applications dédiées, la TV mobile devient plus que présente.

2. Youtube

INCONTOURNABLE! Même si n’est pas la plus difficile des prédictions, la position dominante de Youtube va continuer à être une évidence. Deuxième moteur de recherche, derrière son grand frère Google, Youtube attaque tous les marchés et tous les supports. 2010 devrait être l’année de la consolidation de son modèle d’affaires avec la vente d’abonnement TV et cinéma.

3. Publicité

Je ne sais pas si c’est une prédiction ou un voeux pieux, mais j’attends de 2010 qu’il nous montre enfin la voix d’un modèle publicitaire original et viable pour la vidéo.
Hulu démontre qu’avec un contenu de qualité il est possible d’introduire intelligemment de la publicité au milieu de ses programmes.
Le CPM et le CPC ne sont pas adaptés à la vidéo. Un coût par implication (CPI) devrait être valorisé. Plus je regarde la vidéo, plus ma valeur devrait être grande.

4. Live

Désormais, il n’y a pas une semaine où je vois un événement retransmis en direct vidéo sur Internet. Par exemple, à Montréal, nous avons demain les prédictions TMT de Deloitte, mercredi la table ronde iTVm et vendredi la balado Mi5 qui passe en live.
En 2010, il est complètement inconscient de se priver des bénéfices d’une retransmission en direct sur Internet de ses événements. La technologie n’a jamais été aussi accessible et le public est demandeur de cette forme ouverte et interactive de communication.

5. Twitter Video

Je prends plus de risque sur cette prédiction, qui n’est peut-être réservée qu’à une partie des internautes. Twitter pourrait mettre la reconnaissance de la vidéo directement dans son API. La vidéo, et plus largement le contenu multimédia, devraient être mieux intégré dans Twitter en 2010. La présentation de ces contenus se ferait directement dans le fil de nouvelle, comme le fait déjà Friendfeed.

6. Set-top box et TV connectées

Pour moi, la TV connectée allait s’imposer en 2009. J’étais un peu trop présomptueux sur cette prédiction qui devrait quand même se réaliser en 2010. Poussées par le système de widget de Yahoo, les TV connectées commencent à apparaître sur les tablettes des marchants.
Pour ne pas acheter un nouvel écran plat HD, sur lequel vous avez craqué à Noël, vous pouvez toujours vous rabattre vers les set-top box pour faire le lien entre le contenu Internet et votre téléviseur. Les consoles de jeux sont bien placées sur ce marché, même si elles n’ont pas encore développé le plein potentiel de ce marché.
La compagnie Boxee est à surveiller avec un logiciel multiplateforme qui a tout d’abord séduit les early adopters, mais qui va arriver dans votre grâce à la Boxee Box développée conjointement avec Dlink.

7. Skype Vidéo

Avec le drame qui a secoué Haïti et la planète, les médias ont découvert Skype pour faire de la vidéo sur Internet, alors que ma mère l’utilise depuis exactement 4 ans.
En 2010, Skype Vidéo s’invite dans le salon avec des téléviseurs équipés de caméra et des visiophones que même ma grand-mère peut utiliser (c’est son cadeau de Noël… pour de vrai!).
Avec des fonctions de clavardage, de partage d’écran et une excellente qualité audio et vidéo, il ne manque plus que la visiophonie multiécran pour que Skype remplace jusqu’à WebEx.

8. Google Voice Video

Le rachat de On2, le spécialiste de l’encodage vidéo Internet, permet d’espérer que les services vidéo de Google vont en bénéficier dans un futur proche. Si le géant de Redmond ne devient pas fournisseur télécons en 2010, il a de grandes chances de jouer la synergie entre Gizmo5, Google Voice, Google Talk pour offrir un service de visiophonie comparable à celui de Skype.

9. Médias

Si nos grands médias ont bien investi le Web en 2009, l’utilisation de la vidéo n’a pas atteint des sommets d’originalité: de la vidéo à la demande (VOD) ou en rattrapage, un peu de diffusion en direct et quelques goûte de WebTV.
Si vous voulez connaître l’avenir des médias en 2010 dans le domaine de la vidéo en ligne, je vous conseille d’aller voir ce qu’a fait l’ami Bruno Guglielminetti lors du dernier CES de Las Vegas. L’animateur du carnet techno a profité de sa carte de presse pour nous faire vivre l’événement sous toutes ses coutures, d’une manière personnelle, vivante et très réactive: interview vidéo sur Youtube et diffusion en direct sur Ustream.
Il y a quasiment un an jour pour jour, CNN donnait l’exemple avec une diffusion en direct sur Internet qui intégrait Facebook et permettait ainsi à chacun de vivre l’événement avec ses amis. La synergie entre la vidéo en ligne et les médias sociaux est clairement une clé du succès des médias sur le Web en 2010.

10. Compagnie

Ce que j’aime dans la «crise économique», c’est que les compagnies rationalisent encore plus leur dépense. Ce fut bénéfique pour mes affaires en 2009, ça l’est encore plus pour moi en 2010 grâce à un retour sur investissement sans précédent de stratégies médias sociaux et vidéo Internet.
Pour une campagne ciblée et une communication personnalisée, les compagnies vont encore plus s’intéresser à la vidéo en ligne en 2010. Alors que la qualité de production du Web devient l’égal de la TV, les coûts de distribution sont ridiculement bas par rapport à l’ancien média.

Tout le monde parle de la 3D

Si la 3D est clairement une tendance à suivre à long terme, elle ne s’imposera certainement pas cette année à la télévision, et encore moins sur Internet. Comme des millions de personnes, j’ai vu et apprécier le film avatar. Le cinéma reste en 2010 le meilleur endroit pour visualiser une production 3D. Par contre, si vous avez envie de m’offrir la caméra 3D full HD de Panasonic (15 000 $), je ne dirais pas nom 😉