Techno geek marketing expert in online video communication and social media. Laurent Maisonnave, Quebec pioneer of communications and Web marketing video.
Le iPad vient officiellement de dévoiler son écran aux États-Unis. Apple commence déjà à séduire bon nombre d’acteurs de la vidéo en ligne. Application mobile dédiée ou site Web adapté, chacun à leur manière CBC, NBC, CNN, Hulu et Netflix fourbissent leurs armes pour avoir la meilleure place sur le iPad.
En plus de suivre d’excellente conférence, mon passage au iPhone/iPadDevCamp de Québec m’a donné l’occasion d’échanger avec des développeurs de la belle province. Les nouvelles perspectives offertes par le iPad étaient dans toutes les conversations. Personnellement, je vois un bénéfice directe sur le marché de la vidéo Internet, qui a enfin d’une plateforme mobile confortable avec un écosystème pour valoriser son contenu.
HTML5 pousse la vidéo sur iPad
Un peu comme à la sortie des premiers téléviseurs haute définition, les sites Web des grands médias annoncent être “iPad ready”. Apple liste 12 têtes d’affiche: CNN, Reuters, New York Times, Vimeo, Time, la ligne majeure de baseball, la Maison Blanche, Virgin Amérique, Sports Illustrated, Flickr, People Magazine et TED.
Sur le Web, l’adaptation au iPad se fait par la norme HTML5, qui apporteun tag spécialement pour la vidéo. Si Apple ne reconnait toujours pas le Flash sur son OS iPhone, HTML5 permet de diffuser simplement au format H.264, qui lui est reconnu par iPad. Des sites de partage vidéo comme Vimeo et Youtube sont “HTML5 ready” depuis plusieurs semaines.
ABC, Netflix et Hulu optent tous trois pour une application gratuite afin de distribuer leur contenu vidéo sur iPad. Cette solution a l’avantage de donner une expérience de consommation plus riche, et une meilleure maîtrise de la relation avec le consommateur.
La chaîne de télévision ABC mise sur un modèle d’affaires qu’elle connait bien, celui de la publicité. Pour Netflix, il s’agit simplement d’ajouter un écran à son offre, que l’on retrouve sur ordinateur et sur les téléviseurs par l’intermédiaire des set-top box.
La nouvelle n’est pas encore vérifiée, mais Hulu préparerait un modèle avec abonnement payant sur iPad. C’est une nouvelle voie pour Hulu, qui jusqu’à présent offrait gratuitement sur Internet les films d’hollywood et les séries vedettes de la TV en contre-partie d’une ou plusieurs coupoures publicitaire. Si les consommateurs répondent présent à ce modèle par abonnement, Hulu pourrait le reproduire sur son site Web, qui pour l’instant n’a rapporté “que 100 M $” en 2009.
Vous vous doutez bien que ces applications ne seront pas disponibles au Canada ou en Europe. Même si vous arrivez à récupérer l’application ABC ou Netflix, la diffusion devrait être géobloquée, comme c’est le cas pour Orange TV et SFR TV, qui diffusent la télévision en direct sur iPhone en France, mais pas à l’étranger.
Que nous réserve la vidéo de demain sur iPad?
Les premières application annoncées pour iPad ne promettent pour l’instant que la consultation de vidéo à la demande. Mis à part Ustream, sur un créneau bien particulier, le direct ne pointe pas encore le bout de son nez. Pourtant, c’est bien dans ce domaine que les revenues risquent d’être les plus intéressants.
Au-delà de l’arrivée d’un gadget supplémentaire, Apple inaugure encore une fois un nouveau marché autour d’un écosystème qui a fait ses preuves. Celui-ci apporte un retour sur investissement particulièrement alléchants pour les développeurs et producteurs de contenu qui souhaitent valoriser leur travail.
Que font les concurrents du iPad?
Je ne doute pas que d’autres constructeur vont lancer des appareils supérieur au niveau technologique (puissance, webcam, etc.), mais qui pourra se targuer d’offrir une plateforme aussi séduisante? Pensez-vous à Google?
Un développeur me disais justement lors du iPhone/iPadDevCampQc que l’hétérogénéité des appareils sous Android risquait de rendre difficile le développement d’applications pour cet appareil. Si chaque constructeur choisis un format d’écran différent, ça fait beaucoup plus de travail pour adapter son application face aux deux uniques tailles offertes par Apple.
Quand on fait du marketing Internet, c’est bon d’aller voir au-delà de l’écran de son ordinateur. Après vérification, il semble que la majorité des agences de publicité au Canada soient passées à côté du mobile. Preuve à l’appui, voici le visage de ces agences qui ont perdu le sans fil de la communication.
Ça sert à quoi un mobile?
Si le Web est le parent pauvre des agences de publicité, le mobile est carrément au niveau de la misère. Demandez à réaliser une campagne média pour votre compagnie, et vous aurez une belle pub à la TV, radio, presse et sur les panneaux qui polluent le bord de nos routes.
Certains chiffrent font mal: 1,4 milliard de téléviseurs à travers la planète pour 4 milliards de téléphones cellulaires. Est-ce à dire que le mobile reçoit 3 fois plus d’investissement publicitaire que la télévision?
La consultation Internet sur mobile est grandissante grâce à des téléphones qui deviennent intelligents. L’Internet mobile représente 2,7 heures par jour aux États-Unis. En 2009, 25% des cellulaires étaient des smartphones, en 2010 ils représenteront une vente sur deux. iPhone ou Android, tout le monde s’y met, même Motorola et sa vingtaine de nouveaux téléphones cellulaires intelligents.
Comme il était inconcevable de ne pas avoir de présence Web dans les années 2000, être absent du mobile en 2010 devient quasiment suicidaire. Sans même parler d’application iPhone, les compagnies, et leurs agences, doivent prendre conscience qu’ils font de l’Internet, et par conséquent s’adapter à l’ensemble des écrans : ordinateur, mobile et bientôt TV.
Le talon d’Achille des branchés de la pub
Pour l’exercice, j’ai navigué avec mon iPhone sur 31 sites Web d’agences de publicité au Canada, certaines sont affiliées. Sur la page d’accueil, j’ai simplement fait une capture d’écran pour rendre compte de l’accessibilité mobile de ces compagnies. J’ai ensuite envoyé ces images sur mon compte Flickr dans mon dossier «Mobile Agence Pub Canada».
Quand j’ai diffusé il y a 2 semaines la première capture d’écran pour témoigner de ma découverte, l’ami Jean Julien s’est ému que j’en parle tout haut, comme si s’était un sujet tabou. En l’occurrence, SidLee n’était pas spécialement visé, puisque nombre de ses concurrents en sont au même point.
Je ne trouve pas si choquant qu’une agence de pub ne comprenne rien au mobile. On ne peut pas être bon partout. C’est pour cette raison que j’aime à travailler avec les meilleurs pour mes projets. Par exemple, il m’a paru évident de faire réaliser mon blogue par Laurent Lasalle et de référencer Sylvain Grand’Maison pour la production de podcast audio pour Deloitte.
Les bons points et les bonnets d’âne
Les BONS points reviennent à Touché ! PHD et Nurun qui offrent une version complète de leur site pour mobile. Pour la première agence, j’ai reconnu le plugin WPTouch pour WordPress qui facilite grandement la tâche. Nurun y est allé sur un développement plus personnel.
La deuxième catégorie est composée des agences qui offrent une alternative HTML à leur animation d’accueil en Flash, ou tout simplement un site entièrement en HTML. La plus réussie est sans conteste celle d’Ogilvy. Sur iPhone, on retrouve les mêmes effets que sur la version Flash. Je me demande même ce qu’apporte de plus le Flash dans ce cas précis. Cloudraker et Provokat se distinguent également par un site assez agréable à consulter sur son smartphone.
Les BONS derniers du classement sont toutes ces agences de pub qui ADORENT le Flash. À tel point qu’elles sont prêtent à s’aliéner une partie conséquente des internautes. Je préfère ne pas donner de noms pour vous laisser le plaisir de les découvrir par vous-même.
Comme dans un film de Steven Spielberg, il devient parfois difficile de décrire cette nouvelle réalité qu’expriment les écrans qui nous entourent. Nous avons créé le terme de réalité augmenté pour lui donner un sens. Cette superbe vidéo d’un étudiant japonais nous fait prendre conscience que cette réalité hyper-augmentée n’est peut-être pas si futuriste.
Je m’intéresse depuis plusieurs moi aux applications de la réalité augmentée, cet art nouveau qui mêle mobilité, univers virtuel et interaction avec son environnement. Dans sesarticles, l’ami Martin Lessard a bien synthétisé les différentes tendances sur le sujet.
J’avoue regarder avec attention du côté touristique, pour étudier quelles seraient les meilleures pratiques pour valoriser un lieu, une ville ou même une région à travers une application de réalité augmentée. Pour les commerces, Google veut jouer les “facilitateurs” avec des icônes que l’on poserait sur sa vitrine pour déclencher un lien vers une publicité. Mais, ça pourrait être tout aussi bien une animation avec cette même vitrine.
En parlant de Vitrine, celle de Montréal joue avec son environnement à travers le Mur Lumières qui varie au grès des passages. Il ne manque pas grand-chose pour créer un urbanisme augmenté. Il faut de nouveau se promener du côté du Soleil Levant pour découvrir que de tels projets sont déjà une réalité.
Il y a 7 mois, je prédisais la mort de la vidéo avec Adobe Flash. Avec les dernières annonces de Google, Apple et Mozilla, nous nous rapprochons à grands pas du temps fatidique/béni où HTML5 et les autres normes du Web mettront Flash à la porte du Web.
La belle époque du Flash
Au-delà des animations Flash trop chargées, que l’on voit sur certains sites Web, nous lui devons depuis 5 ans l’explosion de la vidéo en ligne. Avec un simple plugin installé sur 99% des ordinateurs connectés au Net, Flash est entré dans notre quotidien sans que l’on s’en rende compte.
Le monde du Flash n’est pas si rose. Avec le temps, il est devenu lourd, fait régulièrement planter nos navigateurs Web et n’a pas vraiment évolué pour la diffusion de vidéo. Il y a comme une odeur de naphtaline qui me rappelle Real Networks à la fin des années 90.
Le roi Flash haï par Apple te Mozilla
Lors du lancement du Apple iPad, Steve Jobs a confirmé que la technologie Flash n’était pas prête pour ses appareils mobiles. Le père de la pomme a des mots très durs pour Adobe, qu’il va jusqu’à traiter de fainéant. Dans ces conditions, nous ne sommes pas prêts de voir une animation ou même une vidéo en Flash sur notre iPhone ou iPod Touch.
Mozilla rentre à son tour dans la critique de Adobe en annonçant que son nouveau navigateur mobile, Firefox Maemo, débrancherait par défaut le plugin Flash. Encore une fois, il s’agit d’offrir une meilleure performance Web.
Le roi Flash détrôné par HTML5
La vidéo en ligne est le marché où Adobe doit prendre le plus peur. Tous les navigateurs Internet modernes (Firefox, Safari et Chrome) incluent la compatibilité avec HTML5, le nouveau standard du WWW. Même Microsoft a décidé de s’y mettre pour la version 9 de Internet Explorer.
Si toutes ses grandes compagnies du Web veulent s’affranchir de Flash pour la vidéo, c’est en partie pour une question pécuniaire. Imaginez un peu l’argent que Google doit dépenser pour payer les licences Flash qui font tourner Youtube. En rachetant On2 Flix Technologies, dont adobe a brisé la noce l’année dernière, Google s’assure qu’il n’y ait plus aucun soutien au format Flash.
Si je soutiens les formats ouverts, je ne pense pas que ogg, reconnu par HTML5 et poussé par Mozilla, trouve sa place, autre part que sur les machines d’adeptes de Linux. Pour une raison d’efficacité et d’économie d’échelle, le format MPEG4-AVC (H.264) va s’imposer comme le format vidéo de référence pour diffuser sur Internet (IPTV). Dans une logique de diffusion multi-support, MPEG4-AVC est reconnu à la fois par le Web, le mobile et les TV connectées.
Ne fuyez pas encore Flash
Je rassure tous ceux qui ont du Flash sur leur site, en animation ou en vidéo, il ne va pas disparaître en un jour. Le principal handicap à la montée du HTML5 est encore la trop grande présence d’Internet Explorer (6,7 et 8). Il faudra peut-être encore 5 ans avant qu’une part assez consistante du Web soit compatible pour que l’on puisse enfin abandonner Flash.
RDI, qui a déchaîné les passions lors de l’arrêt de sa diffusion en direct sur la Web, devrait se refaire une beauté numérique avec l’arrivée de son application iPhone pour regarder le TV en direct sur son mobile. Lors du MoMoMo d’hier soir, j’ai filmé Thomas Le Jouan, Chef du développement stratégique des espaces numériques et mobiles de Radio Canada, qui nous a offert une présentation en avant-première de l’application.
J’avais eu confirmation de l’arrivée imminente de l’application iPhone de RDI par deux tenanciers de Radio Canada, lors de la table ronde iTVm et lors du lancement de Tou.TV. Si les astres se coordonnent, nous devrions profiter de ce service d’ici fin mars 2010.
Si l’application iPhone de RDI devrait être gratuite sur l’App Store, il faudra s’acquitter d’un frais de passage pour voir la diffusion en direct de la chaîne d’information radiocanadienne. Thomas Le Jouan annonce un paiement pour 24h00 et un abonnement mensuel. Pour l’instant, aucun prix n’est avancé.
Normalement, l’application avec la diffusion de RDI devrait être ouverte à l’international. Radio Canada a justement décidé de rendre de nouveau accessible sa chaîne d’information aux résidents extérieurs au pays. Pour que nous autres pauvres canadiens retrouvions le direct sur le Web, il faudra attendre que la chaîne publique finisse les négociations avec les câblodistributeurs.
Pour Radio Canada, cette première application vidéo est un test. S’il est concluant, nous pourrions voir l’arrivée d’une version iPhone de Tou.tv, le Hulu francophone lancé récemment. Par contre, je n’ai pas encore d’information sur une application iPhone Radio Canada avec diffusion en direct de ses émissions. Il semble que la négociation des droits de diffusions soit un blocage trop important pour le moment.
Si le modèle d’affaire de la vidéo mobile est encore en définition au Canada, il est beaucoup plus avancé en Europe et en Asie. Je vous en reparle dans un prochain article plus complet sur le sujet. D’ailleurs, je suis curieux: Êtes-vous prêts à payer un abonnement ou même pour une journée afin de regarder RDI en direct sur votre iPhone ?
Dans la nuit du 24 décembre, le Père Noël s’est introduit dans l’Apple Store pour offrir l’application Qik Live, qui permet enfin de diffuser en direct en vidéo de manière officielle sur son iPhone. Les premières impressions sont très positives.
Pour rappel, Qik est une application dédiée pour diffuser en direct en vidéo grâce à un appareil mobile intelligent de type iPhone, Android ou Nokia. Pour une raison que seul Steve Jobs saurait expliquer, Qik n’était pas reconnu officiellement par Apple pour le live, mais juste pour de la diffusion en différée.
Depuis un an, comme quelques amis, je diffusais malgré tout en live sur mon iPhone grâce à une version de Qik qui fonctionne sur iPhone jailbreaké (ouvert des tenailles). En offrant enfin une version officielle sur l’Apple Store, Qik s’ouvre à un plus large public, soit l’essentiel des utilisateurs d’iPhone qui ont gardé leur appareil intact.
Pour ceux comme moi qui avaient la version jailbreakée, il faut la supprimer avant d’installer Qik Live à partir de l’Apple Store. Sinon, vous aurez une belle erreur 0xE8000 boite 06C. D’ailleurs, la version du logiciel est en 4.40. Ce qui prouve que Qik reprend le logiciel précédemment diffusé.
Les fonctionnalités sont sensiblement les mêmes. Vous pouvez choisir entre deux niveaux de qualité de diffusion : rapide ou détaillé. Vous pouvez indiquer votre position GPS de la ville jusqu’au numéro de rue. Pendant votre live, une boîte transparente permet de voir le nombre de personnes qui suivent le live et vous pouvez discuter avec eux en clavardage.
Enfin, il y a les éléments de rayonnement média social qui offre la diffusion sur Twitter, Facebook, Youtube, Brightcove ou par l’envoie de courriel directement à des amis.
La nouveauté intéressante vient de la gestion des vidéos. Il est possible de changer le titre d’une vidéo et de l’effacer une fois celle-ci diffuser. Vous avez l’option de l’enlever sur l’iPhone ou également sur les serveurs de Qik.
En conclusion, Qik Live est une application indispensable qui a vite trouver de nouveaux usages. Je pense notamment à la diffusion de reportage en direct, ou de partage d’événement par des entrevues ou des conférences. Si vous avez d’autres idées, merci des les partager.
Titulaire d'une M.Sc. en Marketing, Laurent Maisonnave sévit depuis une dizaine d'années dans l'univers du marketing Web et des nouvelles technologies, et il est l’un des influenceurs Web les plus renommés au Québec1 et au Canada2.
Avec une expérience professionnelle riche développée en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, il bénéficie d'une vision globale de l'évolution de la communication Web à l'international. Président de l'organisme Île sans fil et co-organisateur de PodCamp Montréal, il participe activement à plusieurs groupes technologiques professionnels montréalais.
Laurent Maisonnave est Président de Ze Agence, une compagnie d’avant-garde dans le domaine du Social Media Marketing et de la Vidéo Internet. À la fine pointe des technologies, Ze Agence est l’affût des dernières tendances pour offrir la meilleure expertise en communication et en marketing Web.
Laurent est également Président d'Île sans fil, un organisme à but non lucratif québécois qui a développé une technologie novatrice qui lui permet de se positionner comme chef de file incontesté dans le domaine des services d'accès à Internet sans fil gratuit.
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