Autant que les vidéos de TED, les conférences du dernier Web 2.0 Summit sont absolument à voir. Eric Schmidt — CEO de Google — a fait une intervention remarquée sur la stratégie “Mobile First” du gérant de Mountain View. À travers cette riche rencontre de 45 minutes, j’ai relevé trois points marquants de cette discussion.
1. Google Android vs Apple iPhone
Eric Schmidt reconnaît que Google se bat encore pour atteindre la masse critique d’utilisateurs sur Android pour attirer assez de développeurs.
C’est un peu un cercle vicieux, car au-delà du nombre de mobiles qui embarquent Android, c’est la panoplie de logiciels accessibles sur cette plateforme qui définit l’intérêt des consommateurs.
Apple reste encore l’ennemi à abattre avec son écosystème iOS/iTunes qui est présent sur de plus en plus de supports (mobile, tablet, desktop et bientôt TV) et dispose surtout d’un modèle d’affaires clair et bien établi pour les développeurs d’applications.
2. Service de paiement mobile
L’exclusivité au début de cette vidéo est le dévoilement du Nexus S, successeur du Nexus One — LE Google Phone —. La particularité de ce cellulaire est qu’il intègre une puce RFID (sans fil) pour réaliser des paiements directement dans une boutique.
L’objectif est de remplacer le bout de plastique que nous utilisons quotidiennement pour faire nos achats. La technologie se veut évidemment aussi sécurisée qu’une carte VISA ou Mastercard. En arrière-scène, le mobile sert à faire la promotion du service Google Places pour faire la promotion de son magasin dans les pages locales de Google.
3. Big Brother knows what you want!
Pour Eric Schmidt, nous n’aurons plus besoin d’effectuer de recherche dans le futur. Le mobile va deviner automatiquement ce dont nous avons besoin en étudiant notre historique de consommation et notre géolocalisation.
D’un côté, le mobile devient un agent intelligent pour nous aider, de l’autre c’est un mouchard qui analyse et livre toutes nos actions aux marchands. Dans ces conditions, vous comprendrez pourquoi Google latitude — service de géolocalisation de Google — remporte si peu de succès.
Enfin, Eric Schmidt admet que la technologie va rendre encore plus difficile la protection de la vie privée, particulièrement avec le mobile.
L’un des grands défis de Google est de récupérer notre activité sociale, là où Facebook excelle. Personnellement, je ne pense pas que ce devrait être la priorité de Google. Pour les géants du Web, l’élément clé qui va déterminer leur survivance dans 5 ou 10 ans est la manière dont ils vont répondre aux inquiétudes des consommateurs par rapport à la protection de leur vie privée.
C’est exactement l’angle d’attaque du projet Diaspora. Même si ce dernier n’est peut-être qu’un espoir sans avenir, il répond à une préoccupation qui est bien réelle.
Pour vous persuader de l’importance du sujet, je vous conseille la lecture de l’article de Jean-Marc Manach, qui propose d’en finir avec la vie privée sur Facebook.
Dans un guide complet dédié au Video Sitemap, Google partage les bonnes pratiques pour bien indexer ses vidéos. En voici 3 exemples:
Vérifiez que l’adresse Internet de vos vidéos est explorable
Il faut s’assurer que le fichier robots.txt ouvre bien votre site Web aux moteurs de recherche afin d’indexer tous les éléments vidéo de votre plan de site : page de lecture, miniature, contenu et lecteur vidéo.
Dire dans quel pays la vidéo peut être jouée
L’attribut “restriction” a récemment été ajouté. Il permet de limiter l’accès aux vidéos à certains pays.
Indiquez clairement si des vidéos ont été supprimés du site Web
Afin assurer une bonne expérience utilisateur, Google conseille deux solutions à chaque fois que l’on enlève une vidéo : créer une page 404 ou insérer un tag pour indiquer une date d’expiration sur la vidéo (Video Sitemap : element) ou mRSS : )
Il semble qu’un petit malin a réussi à hacker YouTube, à moins que ce soit de l’humour à la Google pour la fête d’indépendance des États-Unis. Le piratage de YouTube est plus probable, car à l’heure où je finis de rédiger cet article, le hack LOLTUBE n’est plus visible sur YouTube et les commentaires ont été supprimés.
Comme vous pouvez le voir sur ces capture d’écran, en allant ce matin sur la vidéo “Grandmother’s Guide to Video Chat”, créée par Google, à 9h30 ce dimanche j’ai eu le droit à un écran noir sur toute la partie supérieure avec un texte rouge en majuscule qui défilait de droite à gauche : LOLTUBE.
Après recherche, je n’ai trouvé que deux personnes qui y faisaient référence ce matin. Selon Narendra Sisodiya, il s’agirait d’une injection de code HTML à travers une faille de YouTube.
En tous les cas, c’est le genre de publicité que Google aimerait se passer au moment où il essaye de séduire les grandes majors du cinéma pour distribuer leurs films sur YouTube.
Pendant que le Québec s’émeut de la sortie de IllicoWeb, le Hulu à la sauce Quebecor, Google avance un peu plus ses billes sur le marché de la vidéo en ligne avec YouTube Video Editor, un service en ligne gratuit pour éditer ses vidéos. Deux visions du Net et un avec plus d’avenir que l’autre.
En 2007, nous avions eu droit à l’éphémère YouTube remixer, basé sur Adobe Premier Express. À l’époque, la solution n’était pas au point, et peut-être aussi un peu trop innovante pour être apprécié à sa juste valeur.
YouTube arrive aujourd’hui avec un outil de montage simple, mais particulièrement efficace. Small is beautiful! Vous reprenez des vidéos de votre compte YouTube, vous faites quelques coupes, ajoutez une musique rythmée est le tour est joué.
Comme je présentai un sujet ce matin au Canal Argent, j’ai eu l’idée de reprendre une des vidéos avec François Gagnon pour tester YouTube Video Editor. Le résultat n’est pas spectaculaire, mais je dois préciser qu’il m’a fallu moins d’une minute pour faire le montage et publier la vidéo.
Les pros de Final Cut ne sont pas prêts d’être au chômage, mais comme le logiciel iMovie qui débarque sur le nouvel iPhone 4, YouTube Video Editor est là pour faciliter la vie des producteurs en herbe qui veulent partager rapidement leur souvenir de vacances ou leur rencontre avec Paris Hilton.
Au final, avec YouTube Video Editor, Google ajoute une nouvelle pièce à son puzzle de solutions dans les nuages (cloud computing), aux côtés de Google Aps.
NB : Lors de la création d’une vidéo avec YouTube Video Editor, celui-ci ajoute automatiquement le texte ” I created this video at http://www.YouTube.com/editor“. Le problème est que ce lien renvoie vers le compte d’un usager qui s’appelle editor! #bug
Comme nombre de mes amis, je me réjouis de l’arrivée de Google TV, qui fera enfin de la TV Connecté une réalité. Si Google TV n’est qu’une set-top box avec du Android dedans, le fait que Google soit derrière avec son contenu YouTube et sa force de frappe va grandement aider la bête à percer le marché de la TV Internet.
Contrairement à ce que certains pensent, je ne serais pas définitif sur la suppression de la grille horaire, telle que nous la connaissons à la TV. Si je suis un adepte de la consommation vidéo à la demande — ou je veux quand je veux —, je crois encore en la persistance des grands rendez-vous de la télévision.
Les zappeurs fous du Net
Il y a un fantasme à croire que nous sommes tous des zappeurs invétérés. Si c’est le cas des plus jeunes, l’effet Ritalin de l’âge nous rend plus sages devant la consommation audiovisuelle.
En rentrant du travail, les gens n’ont pas forcément envie de passer du temps à rechercher longuement ce qu’ils vont regarder. Une grille horaire bien établie — que l’on retrouve en allumant son poste de télévision — répond à un besoin de se laisser porter par les programmes que l’on nous sert, tout en ayant l’assurance que ça répond à nos centres d’intérêt.
De plus, il y a quelque chose de rassurant, de retrouver ses programmes TV à heures précises. Comme dis ma grand-mère, elle a son petit “train train” quotidien : série TV, divertissement, information, film et au lit!
Les trois directs de la TV Internet
Internet amène évidemment de nouvelles formes de consommation de la télévision. Pour moi, aux côté de la vidéo à la demande, la notion de diffusion en direct sera aussi importante en IP que sur la TV de ma grand-mère.
1. Le direct “live” des grands moments
Que ce soit pour un concert ou le discours d’accession au pouvoir de Barack Obama, rien ne pourra remplacer l’émotion de partager un moment important ensemble et en direct. Ce type de diffusion rassemble les plus fortes audiences.
2. Le direct TV en flux organisé
Il s’agit typiquement de la télévision telle que nous le connaissons depuis 60 ans. Des programmes vidéo s’enchaînent à heures précises. Les émissions ne sont pas toujours en direct, mais sont organisées en flux ininterrompu.
Comme ce fut le cas avec l’arrivée du câble et satellite, Internet va apporter une thématisation de plus en plus pointue des programmes. Nous pouvons comparer cette ascension au service de Web radio comme Deezer. Nous aurons une chaîne de télévision pour chaque envie. Ex. : Séries d’action allemande.
3. Le direct social : TV intelligente en temps réel
Le direct télévisuel, qui a le plus d’espérance en ce moment, est sans nul doute celui relié à nos réseaux sociaux. Imaginons une TV intelligente qui se crée en temps réel à partir de la consommation vidéo de ma communauté. Avec une petite molette, je peux donner à ce direct social une saveur plus sportive ou divertissement. Me voilà projeté dans une télévision idéale, qui pourrait quasiment devancer mes envies.
Opportunité pour la WebTV TV Internet
Les chaînes de télévision actuelles ont l’avantage de posséder un média puissant pour soutenir leur conquête de l’Internet. Tou.tv en est le meilleur exemple. Alors que les WebTV de ce monde ne peuvent jouer qu’avec les outils que leur offre Internet : site de partage vidéo et réseaux sociaux.
Pour développer leur public et rencontrer un vrai succès d’audience, je pense que les WebTV doivent tout d’abord se penser TV Internet, c’est-à-dire multiplateforme.
Les WebTV Québécoises ont tendance à penser leur contenu pour la diffusion à la TV. D’ailleurs, ses protagonistes sont souvent issus du milieu de la petite lucarne. Si tel est leur objectif, elles doivent jouer à armes égales avec la télévision, et donc intégrer l’ensemble des directs — live, organisé et social —, ce qui est techniquement accessible sur Internet.
Google offre un peu de son jus aux blogueurs et média qui utilise les vidéos hébergées sur YouTube. Concrètement, si un grand nombre de personnes regarde une vidéo YouTube «embeder» sur votre site Web, votre source sera affichée en bonne place sur YouTube avec une mention spéciale «Vu sur…».
Si YouTube offre une telle reconnaissance sur son site, ce n’est pas simplement par bonté d’âme. Il s’agit d’un incitatif pour choisir les vidéos de sa plateforme à la place de celles de ses concurrents.
En terme de référencement direct, jusqu’à aujourd’hui, il est bien plus payant d’héberger soi-même ses vidéos, car Google référence votre site comme son origine. C’est exactement la technique utilisée par Chauffeur de Buzz qui héberge la majorité des vidéos qu’il diffuse.
YouTube offre bien plus un référencement indirect. C’est-à-dire que vous profitez du trafic de la plateforme pour rendre visible votre site et récupérer de nouveaux internautes. Grâce à son mode «embed», YouTube offre également l’avantage de propager plus largement une vidéo sur d’autres sites Web ou des réseaux sociaux comme Facebook ou MySpace.
Actuellement en période de test, la fonction «Vu sur…» ou «As seen on…» devrait séduire plus d’un expert en SEO qui voit là une manière intéressante de récupérer des liens forts visites en provenance de YouTube, le première plateforme de partage vidéo au monde.
En attendant que la fonction se généralise, il serait intéressant de connaître exactement à partir de quel volume YouTube estime que le nombre de personnes qui voit la vidéo est «significatif». Est-ce 10 000, 100 000… ou un pourcentage donné?
Voici un exemple de vidéo où YouTube met la référence “Vu sur : blog.newsweek.com“ juste en dessous.
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Titulaire d'une M.Sc. en Marketing, Laurent Maisonnave sévit depuis une dizaine d'années dans l'univers du marketing Web et des nouvelles technologies, et il est l’un des influenceurs Web les plus renommés au Québec1 et au Canada2.
Avec une expérience professionnelle riche développée en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, il bénéficie d'une vision globale de l'évolution de la communication Web à l'international. Fondateur de Seevibes, président de l'organisme Île sans fil et co-organisateur de PodCamp Montréal, il participe activement à plusieurs groupes technologiques professionnels montréalais.
Laurent Maisonnave est Président de Ze Agence, une compagnie d’avant-garde dans le domaine du Social Media Marketing et de la Vidéo Internet. À la fine pointe des technologies, Ze Agence est l’affût des dernières tendances pour offrir la meilleure expertise en communication et en marketing Web.
Laurent est également Président d'Île sans fil, un organisme à but non lucratif québécois qui a développé une technologie novatrice qui lui permet de se positionner comme chef de file incontesté dans le domaine des services d'accès à Internet sans fil gratuit.
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