La télévision déclare la guerre à Google

Le mot est donné chez RTL ” Tout sauf Google”. Le télédiffuseur luxembourgeois interdit l’accès à son contenu par l’intermédiaire de la Google TV. Pourquoi? Tout simplement parce que Google a la capacité de l’argent sur cette audience en vendant de la publicité… et ne reverse rien aux diffuseurs, qui sont pourtant propriétaires du contenu.

Après la déroute de Google TV Ads Networks, le géant de la publicité essaye encore une fois de s’attaquer à la mine d’or de la télévision – qui reçoit toujours plus de 50% des budgets publicitaires des annonceurs.

Je pense que Google est finalement la compagnie la plus mal placée pour convaincre les grands groupes médias. Chaque initiative dans le domaine des journaux et de la télévision est reçu froidement par les professionnels concernés qui ne veulent pas perdre la maîtrise de leur contenu, et surtout des revenus publicitaires.

Pour bien connaître le secteur avec Seevibes, ce n’est pas en 2013 que l’on verra de grands bouleversements. Les enjeux sont trop importants pour que la télévision laisse le loup rentrer dans la bergerie sans rien dire.

3 points essentiels sur la stratégie Mobile First de Google

Autant que les vidéos de TED, les conférences du dernier Web 2.0 Summit sont absolument à voir. Eric Schmidt — CEO de Google — a fait une intervention remarquée sur la stratégie “Mobile First” du gérant de Mountain View. À travers cette riche rencontre de 45 minutes, j’ai relevé trois points marquants de cette discussion.

1. Google Android vs Apple iPhone

Eric Schmidt reconnaît que Google se bat encore pour atteindre la masse critique d’utilisateurs sur Android pour attirer assez de développeurs.
C’est un peu un cercle vicieux, car au-delà du nombre de mobiles qui embarquent Android, c’est la panoplie de logiciels accessibles sur cette plateforme qui définit l’intérêt des consommateurs.
Apple reste encore l’ennemi à abattre avec son écosystème iOS/iTunes qui est présent sur de plus en plus de supports (mobile, tablet, desktop et bientôt TV) et dispose surtout d’un modèle d’affaires clair et bien établi pour les développeurs d’applications.

2. Service de paiement mobile

L’exclusivité au début de cette vidéo est le dévoilement du Nexus S, successeur du Nexus One — LE Google Phone —. La particularité de ce cellulaire est qu’il intègre une puce RFID (sans fil) pour réaliser des paiements directement dans une boutique.
L’objectif est de remplacer le bout de plastique que nous utilisons quotidiennement pour faire nos achats. La technologie se veut évidemment aussi sécurisée qu’une carte VISA ou Mastercard. En arrière-scène, le mobile sert à faire la promotion du service Google Places pour faire la promotion de son magasin dans les pages locales de Google.

3. Big Brother knows what you want!

Pour Eric Schmidt, nous n’aurons plus besoin d’effectuer de recherche dans le futur. Le mobile va deviner automatiquement ce dont nous avons besoin en étudiant notre historique de consommation et notre géolocalisation.
D’un côté, le mobile devient un agent intelligent pour nous aider, de l’autre c’est un mouchard qui analyse et livre toutes nos actions aux marchands. Dans ces conditions, vous comprendrez pourquoi Google latitude — service de géolocalisation de Google — remporte si peu de succès.

Enfin, Eric Schmidt admet que la technologie va rendre encore plus difficile la protection de la vie privée, particulièrement avec le mobile.



L’un des grands défis de Google est de récupérer notre activité sociale, là où Facebook excelle. Personnellement, je ne pense pas que ce devrait être la priorité de Google. Pour les géants du Web, l’élément clé qui va déterminer leur survivance dans 5 ou 10 ans est la manière dont ils vont répondre aux inquiétudes des consommateurs par rapport à la protection de leur vie privée.

C’est exactement l’angle d’attaque du projet Diaspora. Même si ce dernier n’est peut-être qu’un espoir sans avenir, il répond à une préoccupation qui est bien réelle.

Pour vous persuader de l’importance du sujet, je vous conseille la lecture de l’article de Jean-Marc Manach, qui propose d’en finir avec la vie privée sur Facebook.

Video Sitemap 101: Comment rendre vos vidéos visibles sur les moteurs de recherche

Le SEO vidéo a beaucoup évolué depuis mon article de 2008 sur les 10 conseils à garder secrets pour optimiser le référencement de la Web vidéo. Aujourd’hui, le géant de Moutain View veut s’assurer l’accès à un maximum de vidéo pour le lancement de Google TV en fin d’année. Pour ce faire, Google facilite le travail des Webmaster pour créer un Video Sitemap, le format d’indexation des contenus vidéo qui s’est développé aux côtés du Media RSS (mRSS) de Yahoo.

Dans un guide complet dédié au Video Sitemap, Google partage les bonnes pratiques pour bien indexer ses vidéos. En voici 3 exemples:

  1. Vérifiez que l’adresse Internet de vos vidéos est explorable
    Il faut s’assurer que le fichier robots.txt ouvre bien votre site Web aux moteurs de recherche afin d’indexer tous les éléments vidéo de votre plan de site: page de lecture, miniature, contenu et lecteur vidéo.
  2. Dire dans quel pays la vidéo peut être jouée
    L’attribut “restriction” a récemment été ajouté. Il permet de limiter l’accès aux vidéos à certains pays.
  3. Indiquez clairement si des vidéos ont été supprimés du site Web
    Afin assurer une bonne expérience utilisateur, Google conseille deux solutions à chaque fois que l’on enlève une vidéo: créer une page 404 ou insérer un tag pour indiquer une date d’expiration sur la vidéo (Video Sitemap: element) ou mRSS: )

Comme Youtube part à l’assaut de notre salon, c’est important qu’il puisse nous offrir toute la richesse vidéo du Net. C’est notamment ce qui a poussé Google à reconnaître les éléments du Video Sitemap directement dans le Sitemap traditionnel. Pour Google, la vidéo est dorénavant un contenu au même niveau que le texte et les images qui constituent un site Internet.

Au-delà du sitemap, le référencement de la vidéo devrait faire un bond en avant avec le HTML5. Ce dernier intègre des éléments plus sémantiques, qui facilitent la présentation et la compréhension des contenus multimédias dans leur ensemble, et le référencement des vidéos en particulier.



En complément: Google Launches Official Reference Guide For Video Sitemaps

LOLTUBE: Insolite hack Youtube

Il semble qu’un petit malin a réussi à hacker Youtube, à moins que ce soit de l’humour à la Google pour la fête d’indépendance des États-Unis. Le piratage de Youtube est plus probable, car à l’heure où je finis de rédiger cet article, le hack LOLTUBE n’est plus visible sur Youtube et les commentaires ont été supprimés.

Comme vous pouvez le voir sur ces capture d’écran, en allant ce matin sur la vidéo “Grandmother’s Guide to Video Chat”, créée par Google, à 9h30 ce dimanche j’ai eu le droit à un écran noir sur toute la partie supérieure avec un texte rouge en majuscule qui défilait de droite à gauche: LOLTUBE.

Après recherche, je n’ai trouvé que deux personnes qui y faisaient référence ce matin. Selon Narendra Sisodiya, il s’agirait d’une injection de code HTML à travers une faille de Youtube.

En tous les cas, c’est le genre de publicité que Google aimerait se passer au moment où il essaye de séduire les grandes majors du cinéma pour distribuer leurs films sur Youtube.

LOLTUBE: Insolite hack Youtube: Comments

Google lance Youtube Video Editor pour remixer ses vidéos

Pendant que le Québec s’émeut de la sortie de IllicoWeb, le Hulu à la sauce Quebecor, Google avance un peu plus ses billes sur le marché de la vidéo en ligne avec Youtube Video Editor, un service en ligne gratuit pour éditer ses vidéos. Deux visions du Net et un avec plus d’avenir que l’autre.

En 2007, nous avions eu droit à l’éphémère Youtube remixer, basé sur Adobe Premier Express. À l’époque, la solution n’était pas au point, et peut-être aussi un peu trop innovante pour être apprécié à sa juste valeur.

Youtube arrive aujourd’hui avec un outil de montage simple, mais particulièrement efficace. Small is beautiful! Vous reprenez des vidéos de votre compte Youtube, vous faites quelques coupes, ajoutez une musique rythmée est le tour est joué.

Comme je présentai un sujet ce matin au Canal Argent, j’ai eu l’idée de reprendre une des vidéos avec François Gagnon pour tester Youtube Video Editor. Le résultat n’est pas spectaculaire, mais je dois préciser qu’il m’a fallu moins d’une minute pour faire le montage et publier la vidéo.

Les pros de Final Cut ne sont pas prêts d’être au chômage, mais comme le logiciel iMovie qui débarque sur le nouvel iPhone 4, Youtube Video Editor est là pour faciliter la vie des producteurs en herbe qui veulent partager rapidement leur souvenir de vacances ou leur rencontre avec Paris Hilton.

Au final, avec Youtube Video Editor, Google ajoute une nouvelle pièce à son puzzle de solutions dans les nuages (cloud computing), aux côtés de Google Aps.




NB: Lors de la création d’une vidéo avec Youtube Video Editor, celui-ci ajoute automatiquement le texte ” I created this video at http://www.youtube.com/editor“. Le problème est que ce lien renvoie vers le compte d’un usager qui s’appelle editor! #bug

Google TV ne va pas tuer la télévision de ma grand-mère

Comme nombre de mes amis, je me réjouis de l’arrivée de Google TV, qui fera enfin de la TV Connecté une réalité. Si Google TV n’est qu’une set-top box avec du Android dedans, le fait que Google soit derrière avec son contenu Youtube et sa force de frappe va grandement aider la bête à percer le marché de la TV Internet.

Contrairement à ce que certains pensent, je ne serais pas définitif sur la suppression de la grille horaire, telle que nous la connaissons à la TV. Si je suis un adepte de la consommation vidéo à la demande — ou je veux quand je veux —, je crois encore en la persistance des grands rendez-vous de la télévision.

Les zappeurs fous du Net

Il y a un fantasme à croire que nous sommes tous des zappeurs invétérés. Si c’est le cas des plus jeunes, l’effet Ritalin de l’âge nous rend plus sages devant la consommation audiovisuelle.

En rentrant du travail, les gens n’ont pas forcément envie de passer du temps à rechercher longuement ce qu’ils vont regarder. Une grille horaire bien établie — que l’on retrouve en allumant son poste de télévision — répond à un besoin de se laisser porter par les programmes que l’on nous sert, tout en ayant l’assurance que ça répond à nos centres d’intérêt.

De plus, il y a quelque chose de rassurant, de retrouver ses programmes TV à heures précises. Comme dis ma grand-mère, elle a son petit “train train” quotidien: série TV, divertissement, information, film et au lit!

Les trois directs de la TV Internet

Internet amène évidemment de nouvelles formes de consommation de la télévision. Pour moi, aux côté de la vidéo à la demande, la notion de diffusion en direct sera aussi importante en IP que sur la TV de ma grand-mère.

1. Le direct “live” des grands moments

Que ce soit pour un concert ou le discours d’accession au pouvoir de Barack Obama, rien ne pourra remplacer l’émotion de partager un moment important ensemble et en direct. Ce type de diffusion rassemble les plus fortes audiences.

2. Le direct TV en flux organisé

Il s’agit typiquement de la télévision telle que nous le connaissons depuis 60 ans. Des programmes vidéo s’enchaînent à heures précises. Les émissions ne sont pas toujours en direct, mais sont organisées en flux ininterrompu.
Comme ce fut le cas avec l’arrivée du câble et satellite, Internet va apporter une thématisation de plus en plus pointue des programmes. Nous pouvons comparer cette ascension au service de Web radio comme Deezer. Nous aurons une chaîne de télévision pour chaque envie. Ex. : Séries d’action allemande.

3. Le direct social: TV intelligente en temps réel

Le direct télévisuel, qui a le plus d’espérance en ce moment, est sans nul doute celui relié à nos réseaux sociaux. Imaginons une TV intelligente qui se crée en temps réel à partir de la consommation vidéo de ma communauté. Avec une petite molette, je peux donner à ce direct social une saveur plus sportive ou divertissement. Me voilà projeté dans une télévision idéale, qui pourrait quasiment devancer mes envies.

Opportunité pour la WebTV TV Internet

Les chaînes de télévision actuelles ont l’avantage de posséder un média puissant pour soutenir leur conquête de l’Internet. Tou.tv en est le meilleur exemple. Alors que les WebTV de ce monde ne peuvent jouer qu’avec les outils que leur offre Internet: site de partage vidéo et réseaux sociaux.

Pour développer leur public et rencontrer un vrai succès d’audience, je pense que les WebTV doivent tout d’abord se penser TV Internet, c’est-à-dire multiplateforme.

Les WebTV Québécoises ont tendance à penser leur contenu pour la diffusion à la TV. D’ailleurs, ses protagonistes sont souvent issus du milieu de la petite lucarne. Si tel est leur objectif, elles doivent jouer à armes égales avec la télévision, et donc intégrer l’ensemble des directs — live, organisé et social —, ce qui est techniquement accessible sur Internet.