Si même le Pape est sur Youtube, que faire de la TV?

Quel est le point commun entre Barack Obama, Le Pape Benoit XVI et Stephen Harper? Ils ont tous les trois leur chaîne officielle sur Youtube! Partant de ce constat, J’ai débattu avec François Gagnon au Canal Argent sur le sérieux de la vidéo en ligne, dans le cadre d’une stratégie marketing Internet efficace. La discussion a débordé sur la place de la TV face au Net. La petite lucarne fait-elle encore le poids face à la toile géante?

Aujourd’hui, pour se faire connaître, un artiste à le choix de connaître l’assistante du producteur de “Tout le Monde en Parle”, ou bien de prendre les choses en main et développer sa notoriété en ligne. Au Québec, ce fut le cas de Casey McKinnon et Rudy Jahchan (Galacticast), Jon Lajoie (Everyday Normal Guy) ou encore Nadia G (Bitchin Kitchen), même si la reine de la cuisine vache est finalement passée sur le grill de Guy A. Lepage.

Dans un autre genre, Gary Vaynerchuk est aussi un artiste. Il a transformé la petite boutique de vente d’alcool de ses parents en une affaire qui brasse des millions de dollars. Son secret tient dans l’utilisation réussie de la vidéo en ligne qui mêle oenologie avec une bonne dose de divertissement pour mettre le vin à la portée de tous.

Je ne reparlerais pas en détail de Will It Blend qui a réduit en cendre le iPad d’Apple au lendemain de sa sortie officielle aux États-Unis. Ces capsules vidéo diffusées uniquement sur Internet lui ont permis de multiplier par 5 les ventes de son blender, qui vaut en moyenne 400 $. À ce rythme-là, on risque de voir passer encore pas mal de iPhone dans sa cuisine.

Objectivement, je me demande ce qu’il reste à la télévision. Internet est plus accessible avec des coûts ridicules par rapport à la TC. Depuis que Youtube diffuse en HD 1080i, les vidéos sont de meilleur qualité que sur la majorité de chaînes diffusées sur le câble ou le satellite. Dans une économie d’hypersegmentation, la TV est finalement trop grand public. Il ne reste plus que les producteurs de yaourts et les agences de publicité traditionnelles pour retrouver un intérêt à ce meuble qui affiche des images multicolores.

D’accord, je reconnais accentuer les traits. La télévision est encore séduisante. Je prends l’exemple de Jean-Michel Vanasse. Il s’est retrouvé dans les charrettes de TQS, a créé son émission techno sur le Web pour ensuite revenir sur les ondes de V. Il est clair que la TV est un média de masse puissant qui draine encore l’essentiel des budgets publicitaires. En attendant que la bascule se fasse sur le Net, il faut toujours garder un oeil dessus.

Faut-il être blonde pour animer une WebTV ?

Il y a certainement des questions bien plus existentielles. Pourtant, force est de constater que les animatrices de WebTV ont une forte tendance à porter des cheveux blonds. Est-ce une anomalie génétique, un miracle de la nature ou tout simplement un pur hasard ?

Vous pensez que je suis de mauvaise foi ? Voici quelques exemples qui remettront les choses en place :

Casey McKinnonHeureusement, les brunes ne comptent pas pour des prunes et Casey McKinnon (Galacticast) est l’exception qui confirme la règle.

Cette blondeur est quand même troublante. La cible de ces WebTV est peut-être un élément de réponse. Pour la plupart, ces émissions s’adressent à une cible de geek. Ces derniers doivent être composés de 98% de gars.

Le message passerait-il mieux avec la gent masculine ? Qu’importe, car il faut souligner que pour ces WebTV le fond est aussi intéressant à écouter que la forme à regarder. La moitié ont une édition quotidienne, ce qui demande pas mal d’investissement. D’après un commentaire sur le blogue de Laurent Lasalle, au moins pour une édition les recherches sont faites par l’animatrice.

En attendant d’en savoir plus sur cette hégémonie blondesque, voici un épisode de la minute blonde, l’originale, pas la copie québécoise 😉

[youtube width=”500″ height=”418″]http://www.youtube.com/watch?v=pR1yu4LvEPU&ap=%2526fmt%3D18[/youtube]

WebTV au Québec : Dominic Arpin se pose des questions au Yulblog

Depuis un peu plus d’un an, les participants du Yulblog (rencontre des blogueurs de la région de Montréal) doivent répondre à une “question vidéo”. Pour l’édition de février, le fameux blogueur vedette Dominic Arpin faisait son “come back” (grand retour dans la blogosphère oblige) et c’est lui qui a interrogé les blogueurs sur l’avenir de la WebTV au Québec.

Premier constat, soit les blogueurs sont complètement à la ramasse, soit le concept de WebTV est peu connu, ou plutôt difficilement compréhensible. Le concept est d’autant plus difficile à déterminer, que certains s’amusent à brouiller les cartes et à affirmer qu’ils ne font pas de la WebTV !

Pour reprendre une référence de Wikipédia, “On désigne généralement par webTV tout site Internet dont les contenus sont à dominante vidéo“. Les vidéo-blogues, vlog ou vidéo podcast rentrent donc dans cette catégorie.

Pourquoi Dominc Arpin s’intéresse-t-il à la WebTV ? Tout d’abord, c’est un adepte inconditionnel de l’Internet. Ensuite, il travaille pour un groupe de média avec qui il a tenté l’aventure télévisuelle. Enfin, il a une bonne vision de ce que sera la TV de demain.

Je ne serais peut-être pas aussi sévère que Long qui pense que “c’est pas fort la WebTV au Québec“. Il existe plusieurs productions audacieuses, telles Prenez Garde Aux Chiens, Le Cas Roberge, Galacticast, Intruders.TV (!), 33mag, P45 et même les Tête à claques.

Si nous bénéficions de plusieurs “portails vidéo” dans la Belle Province, il faut reconnaître que peu se démarquent par leur originalité et leur intuitivité. Il ne suffit pas de mettre de la vidéo dans un site Internet pour en faire un chef d’oeuvre de la WebTV.

Sans tous les citer (j’épargne les amis), Canoë.TV a particulièrement déçu à sa sortie, Les Affaires TV est sobre (un peu trop), Montreal.TV original mais un peu trop “flashy” et MNS vidéo se distingue tant au niveau du contenu que de l’interface.

J’ai déjà discuté avec plusieurs “geeks” de concepts intéressants d’émissions pour le Web. Je suis tenté d’en réaliser quelques-uns. Finalement, ce n’est pas la créativité qui manque au Québec, mais plutôt le manque de perspective et de courage de certains médias québécois pour soutenir ces projets.

Vidéo disponible sur : YouTube, Metacafe, DailyMotion, Blip.tv, Google Video, MySpace, Veoh, TonTuyeau, TonClip et Espace Canoë (pas de jaloux).

M.A.J : Domic Arpin reparle de la WebTV au Québec sur son blogue