YoutubeUn journaliste de marketing magazine m’appelle pour m’interviewer au sujet de la vidéo au Canada. La nouvelle vient de tomber, les Canadiens seraient les consommateurs de vidéos en ligne les plus voraces. C’est Comscore qui l’annonce, donc ça doit être vrai. Je suis tout d’abord heureux, puis vite perplexe.

Quel bonheur de voir la vidéo enfin sacralisée au Canada par une étude de Comscore, pour qui 88% des internautes canadiens ont regardé une moyenne de 147 vidéos pendant le mois de février 2009. Les Français ne sont que 82% et les Américains loin derrière avec leur petit 76%. Quelle fierté d’annoncer que nous passons 605 minutes à regarder de la vidéo en ligne tous les mois.

Ces chiffres confortent le professionnel que je suis et qui prône l’utilisation de la vidéo Internet dans les stratégies de marketing Web. Comme tout plan médias comporte une présence en TV, radio et presse, il doit également inclure la vidéo en ligne avec les spécificités techniques et de message qui lui son propre. Habituellement, c’est à ce moment-là qu’on m’appelle.

Canada ranks as a global leader in online video viewing

D’autre part, je reste perplexe quand je vois l’offre Internet grand public qui n’évolue pas. Mes cibles, mes consommateurs, doivent restreindre leur consommation à 30 Go, ou au mieux 100 Go de données par mois mois. Alors que la vidéo se tourne et se diffuse en HD, le compteur s’envole de plus en plus rapidement. Le message envoyé au consommateur est finalement n’allez pas trop vite, et restez bien gentiment à regarder la TV sur le câble.

Je n’accuse personne, même si le nombre de fournisseurs Internet est assez limité au pays. Mais cette volonté de brider l’utilisation du Net est un acte suicidaire pour une économie du numérique qui est particulièrement dynamique et porteuse d’emploi.

Avant, il y avait la question de l’oeuf ou de la poule. Doit-on offrir du débit alors que les usages ne sont pas là ? Doit-on offrir du contenu alors que la bande passante n’est pas assez importante?

Aujourd’hui, la réponse est claire. Les internautes Canadiens font parti des plus actifs de la toile. Après avoir dominé la présence sur Facebook, c’est maintenant la palme de la vidéo Internet qu’ils reçoivent. Ils ont soif de services multimédias, alors pourquoi ne pas ouvrir les tuyaux.