Vidéo pour les nuls : le fast-food de la compréhension

Le monde qui nous entoure est tellement compliqué. Les choses vont tellement vite que nous avons parfois du mal à comprendre ce qu’il se passe. Heureusement, des personnes bien intentionnées ont eu l’idée de réfléchir à notre place et de nous livrer leur résumé en quelques images. C’est ce qu’on pourrait appeler la vidéo pour les nuls.

Video: RSS in Plain English | Common Craft - Explanations In Plain EnglishCommonCraft s’est fait connaître il y a un an en publiant “Video: RSS in plain English“. En 3’43, Lee LeFever venait de régler des heures de discussions et de mal de tête pour expliquer le fonctionnement du fil RSS. Avec une vingtaine de traductions de la vidéo réalisée avec dotsub, les professeurs et consultants Web du monde entier le remercient encore.

Depuis, Commoncraft a réalisé une suite avec “Video: Google Docs in Plain English“, qui n’est rien d’autre qu’une commande de la compagnie Google. La formule s’est répandue dans différent domaine comme les séries TV (LOST 3 seasons in 8 minutes!), le cinéma (Star Wars in 3 minutes…with action-figures!) ou même la politique (cf. ci-dessous).

Je me demande jusqu’où peut aller ce système du fast-food de l’éducation. Va-t-on avoir au programme de secondaire la Guerre de 100 ans en 5 minutes ?

De façon plus positive, on peut souligner l’effort de synthèse à chaque fois réalisé par les auteurs de ces vidéos. Ces tutoriels de la vie partent d’un constat simple : les internautes ont de plus en plus d’information, et de moins en moins de temps pour les consulter. Si nous voulons retenir leur attention, il faut passer son message de façon concise.

Un discours court et compréhensible ne veut pas dire qu’il manque de sens. Il doit au contraire être encore plus fort de sens. Pour ça, la vidéo sur le Web est un outil imparable pour illustrer ce message.

Democratic Primary Season in 7 Minutes

Screencast : capture vidéo pour la formation, démonstration et promotion

De la capture vidéo de bugs à l’utilisation comme outils de formation en entreprise, le screencast prend de plus en plus de place sur le Web.

Histore d’une capture vidéo

Un screencast consiste à enregistrer en vidéo un écran d’ordinateur, avec la plupart du temps une narration audio. Si de telles captures vidéo existent depuis près de quinze ans, le terme de screencast est apparu récemment (2004) à l’initiative de Jon Udel, qui était à la recherche d’un nom générique pour cette pratique. Dans un article de novembre 2005, O’Reilly décrit avec précision ce qu’est un screencast.

Les amateurs de screencast

Le screencast a plusieurs usages bien utiles. L’un des premiers fut dans le domaine de l’apprentissage. Des amateurs ont commencé à développer des tutoriels informatiques pour l’utilisation de logiciels aussi basique que Windows, Word, Excel, etc. Dans d’autres cas, le screencast a aussi servi à démontrer par l’exemple l'<a href="http://www.macosx86.net/medias/app/screencast/small/bugiph07.mov” title=”screencast : Bug iPhoto” target=”_blank”>existence de bugs dans des logiciels.

Ces dernières années, les screencast se sont popularisés dans le domaine des tests de nouveaux sites Web2. Les blogueurs sont les premiers à avoir tiré parti de cet outil pour dévoiler les secrets de services souvent lancés en version bêta sur la toile. Les internautes découvrent ainsi la face cachée de produits qu’ils ne pourront utiliser parfois que plusieurs semaines, voir plusieurs mois après.

Il existe une foultitude de logiciels gratuits et payants pour réaliser des screencast. Dans la catégorie logiciel libre, nous retrouvons l’excellente CamStudio, alors que pour 260 € vous pouvez vous offrir le logiciel professionnel Camtasia Studio. L’un comme l’autre vous donneront des films au format AVI que vous pourrez transformer au format Flash. Ce dernier est recommandé pour la diffusion sur Internet. Vous retrouverez une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_logiciels_de_screencasting” title=”Liste de logiciels de screencasting – Wikipédia” target=”_blank”>liste complète de ces outils sur Wikipédia.

La professionnalisation du secteur

Les créateurs de screencast gratuits sont poussés par différentes motivations. La première peut être le simple altruisme et le plaisir de partager sa connaissance. Majoritairement, il s’agit de démontrer une expertise et de mettre en avant d’autres services, qui eux sont bel et bien payants.

Aujourd’hui un marché s’est développé autour de la vente sur Internet de vidéos de formation. Des sociétés comme Emob ont décidé de s’attaquer à une cible grand public en offrant des vidéos à partir de 1,50$. Ce site de formation à l’informatique et à la création numérique concentre son offre autour des produits populaires de la famille Microsoft et Adobe. Les vidéos sont vendus au visionnement (48h00) et au téléchargement.

Des screencast pour l’entreprise ?

L’utilisation de screencast pour la formation (elearning) peut aller encore plus loin. En interne, une entreprise peut mettre des vidéos à disposition de son personnel pour la manipulation de logiciels maison, que ce soit dans le domaine de la comptabilité, du marketing ou des ventes. Les salariés peuvent consulter ces vidéos et s’auto-former quand ils le souhaitent et, ainsi, gérer eux-mêmes leur agenda.

D’un point de vue plus Web marketing, le screencast est un élément incontournable de buzz. Scénarisées et propagées convenablement, des vidéos de démonstration d’un nouveau logiciel ou service Web imminent peuvent susciter l’intérêt d’éventuels clients/utilisateurs. Couplées à une diffusion sur des plateformes de partage de vidéos (Youtube, Dailymotion et compagnie), ces présentations pourront faire le tour du Web en peu de temps.

Si vous êtes chanceux (ou malin) comme Google, vous verrez des screencast développés par des blogueurs, qui se chargeront de faire la promotion de vos produits à votre place. Voici un exemple, avec une vidéo sur Google Tableur réalisé par Benoit Descary.

Dailymotion blogged video

L’atelier n’est plus une corvée avec les vidéos en ligne d’Adobe

Logo Adobe Adobe accompagne le lancement du troisième volet de sa Creative Suite (CS3) d’un atelier vidéo pour soutenir l’apprentissage de ses outils de création numérique.

Depuis le rachat de Macromédia en 2005, l’hégémonie d’Adobe n’est plus à remettre en doute. De Photoshop à Dreamweaver, en passant par Illustrator, Fireworks, Acrobat, Flash et Premiere, Adobe couvre tout le spectre du développement Web, vidéo et graphique.

Adobe Atelier Vidéo 1À l’aide d’un site, évidemment développé en Flash, Adobe propose un atelier pour la vidéo formation en ligne de ses logiciels. Simple et surtout très intuitif, cet outil pédagogique s’adresse autant au débutant qu’aux concepteurs confirmés.

Couplant élégamment contenu vidéo, fichiers sources d’exemples et documentations téléchargeables, ce site devient un vrai laboratoire d’idée où la communauté peut s’échanger astuces et bon conseils.

Adobe Atelier Vidéo  2En diffusant gratuitement en ligne du contenu à forte valeur ajoutée, Adobe a compris que le plus important n’était pas les faibles revenus qu’il pourrait espérer en vendant ces formations. En rendant accessible ces didacticiels, Adobe s’assure une image positive auprès de la communauté, tout en développant l’utilisation de ses différents produits. Le géant du logiciel numérique fait ainsi coup double !