Régis Labeaume rigole avec son Lidub sur NRJ et la DGE pleure sur les dépenses électorales

Alors que le résultat des élections de Montréal se joue sur un fil, et que Denis Coderre communique sur iPhone, la Ville de Québec ne sait plus quoi trouver pour relancer une absence de suspens sur la réélection du maire Régis Labeaume. Heureusement, la radio NRJ vient mettre du piquant avec un lipdub qui nous donne un bon feeling.

La radio au félin noir de mon adolescence fait une apparition remarquée au Québec. Ils n’ont pas le plus beau site Web au monde (quel bordel!), mais ils ont une belle équipe et de grandes idées, comme ce lipdub dédié à Régis Labaume.

Certainement jalouse du succès du lipdub des étudiants en communication de l’UQAM, l’équipe de Québec s’est remué les méninges et le derrière pour faire mousser son maire.

Le résultat franchement drôle et réussi. C’est d’autant plus difficile qu’il s’agit d’un énième lipdub sur la musique de «I Gotta Feeling». Heureusement, des paroles originales en français ont donné une saveur locale à la chanson du groupe Black Eyed Peas.

Malheureusement, la Direction Générale des Élections (DGE) du Québec vient jouer les troubles fête. Pour elle, cette vidéo doit être comptabilisée dans les dépenses électorales. C’est avec ce type de réaction que nous devons subir des campagnes électorales insipides, ou au mieux racoleuses.

À choisir, je préfère qu’une radio apporte clairement son soutien à un candidat, plutôt qu’un entrepreneur en construction apporte des enveloppes.


L’ADQ sur Seesmic : Vidéo Web 101

mercredi 26 novembre 2008 à 11:20Politique

L’ami Fred Fortin a twitté ce matin à propos de la candidate de l’ADQ de sa circonscription, qui est sur Seesmic depuis le 21 novembre. Ni une, ni deux, je me précipite sur son site pour découvrir cet animal politique qui ose utiliser la vidéo sur le Web pour rejoindre ses électeurs.

Geneviève Toussignant ne passera peut-être pas à Tout le Monde en Parle, mais elle aura au moins les honneurs du Web québécois qui doit reconnaître qu’elle est la première à s’aventurer dans la discussion vidéo en ligne.

Elle n’est pourtant pas la seule au Québec à se frotter à la vidéo Internet. L’initiative de Françoise David, co-porte-parole de Québec Solidaire, d’aller sur Youtube à l’occasion du débat des chefs d’hier soir, était une bonne idée à la base. Malheureusement, elle est restée dans un discours formaté, qui manquait de naturel. Heureusement, les échanges sur Twitter étaient d’un très bon niveau.

Pour revenir à Genevière Toussignant et son aventure Seesmesque, je viens de lui laisser un message en vidéo pour connaître ses attentes envers ce média. Je suis curieux de voir si la sauce va prendre et si la discussion va réellement s’engager.

genevievetousignant’s video profilespacer LADQ sur Seesmic : Vidéo Web 101

Pour retirer quelque chose de cette expérience, je propose de mettre à jour régulièrement cet article, en traitant 4 points clés de la communication Web, que je dévoilerais au fur et à mesure de nos échanges :

1. Réactivité (4/5) : Bravo pour avoir envoyé une réponse la même journée. La réactivité est un point majeur de ce genre de communication asynchrone. Une discussion sur Seesmic, c’est un peu comme un échange dans les commentaires d’un article. S’il faut attendre une semaine pour avoir une réponse, le lien se rompt.

2. Pertinence : Dans le cas d’une campagne électorale, Seesmic est particulièrement pertinent. Il résout un problème que rencontrent à la fois les politiques et les citoyens : communiquer entre eux. Par rapport à la forme et au fond du message, les réponses sont en rapport avec les questions, ce qui n’est pas toujours évident pour les responsables politiques. Par contre, je ressens quelques hésitations et imprécisions. Je ne sais pas si je dois imputer ça au manque de temps pour répondre avec précision aux questions, ou tout simplement au manque de réponse tout court de l’ADQ sur ces thèmes là.
3. ???
4. ???


En regardant hier soir Jean Charest à l’émission Tout le monde en parle, je me demandais ce que notre Premier Ministre pourrait dire s’il passait au live vidéo du Webcom du 12 novembre.

Tout d’abord, j’ai le plaisir de vous annoncer le retour du live vidéo des coulisses du Webcom. Comme pour l’édition du 14 mai, vous aurez droit à une diffusion en direct. Le capitaine Christian sera à la barre du navire de 7h30 à 18h00. Le simple matelot que je suis donnera une conférence à 10h45 sur la vidéo comme outil incontournable de la communication Web. Je rejoindrais donc Christian en début d’après-midi pour animer le live.

Pour en avoir parlé avec mon amie Nathalie Rochefort, la présence de Jean Charest au Webcom n’est peut-être pas si saugrenue. S’il nous rejoint, j’aimerais qu’il exprime clairement sa position sur la place du Web dans notre économie et sur la stratégie provinciale pour accroitre la compétitivité numérique du Québec. Pourquoi ne serait-il pas accompagné d’un ministre dédié à ses questions ? On reconnaît les grands chefs au fait qu’ils savent s’entourer des bonnes personnes.

Si vous avez les mêmes interrogations, ou si vous souhaitez poser d’autres questions sur le sujet, je vous invite à nous rejoindre sur la chaîne Ustream dédiée au Webcom Live. Ceux qui ont déjà participé à la diffusion de PodCamp Montréal ne seront pas dépaysés par l’interface, qui reste très simple à utiliser.

J’ai vraiment adoré l’ambiance du premier live du Webcom. Je ne doute pas que vous serez au rendez-vous pour rendre cette conférence encore plus riche et interactive. Je dois souligner l’effort d’ouverture des organisateurs qui en plus du live et du WebCamp, vont proposer une série de conférences gratuites à partir de 16h00.


À propos du Webcom Live


Pour ces élections les plus médiatiques de l’histoire américaine, c’est le média citoyen qui risque de faire la différence. Afin de ne pas retrouver la suspicion qui flottait autour des élections de 2004, des citoyens se sont pris en main pour créer le projet Video the Vote. Dans les bureaux de vote des 50 états de notre voisin du Sud, des caméras vont surveiller la bonne tenue des élections. Attention aux manipulations électorales !

logo video the vote Des élections sous très haute surveillance vidéoListes incomplètes, bureaux de vote ouverts en retard ou urnes défaillantes.  Les vidéos prisent en 2004 et 2006 sont accablantes pour la démocratie américaine. Il ne faut pas oublier que G. W Bush aurait été réélu avec seulement 500 voix sur 200 millions d’électeurs.

Intéressé par l’utilisation de la vidéo dans les élections, et plus largement en politique, comme plusieurs milliers de personnes je me suis inscrit sur le site www.videothevote.org. Le responsable régional (New York) m’a contacté pour m’expliquer comment se passaient les opérations, qui sont élaborées de façon quasi militaire.

Si j’étais citoyen américain, je serais en ce moment dans un bureau de vote avec ma caméra pour relever les témoignages des électeurs. Cependant, il n’est pas question d’arriver avec ses grands chevaux pour faire son spectacle. Pour faire un bon vidéo électeur, David Ardia, Directeur du Citizen Media Law Project, prescrit 4 règles d’or :
1. Suivez les règles
2. Soyez discret
3. Ne pas interférer avec l’organisation
4. Respecter les zones autorisées

Video the Vote est bien sur Twitter, qui sert de principal outil de communication aux organisateurs. Vous pouvez suivre les dernières nouvelles et même participer en utilisant le tag #vtv.

Pour les accros de l’information, en plus de Twitter, je vous propose de brancher votre iPhone sur les résultats détaillés des élections grâce à une application dédiée, pour savoir en direct qui de Barack Obama ou John McCain va gagner. Et vous, qu’allez-vous faire de votre soirée ?

YouTube Preview Image
Why Would Anyone Want to Stop You From Voting?


À la veille des élections fédérales canadiennes, nous pouvons déjà faire un bilan de l’utilisation de la vidéo dans la campagne 2008. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est dés plus sombres, tant au niveau de la communication que de la démocratie.

Dark Planner & Dirty Marketing : La voix de la propagande

Des étudiants en design s'affichent pendant la campagne électorale fédéraleSans juger sur les idéologies politiques, tout le monde peut ressentir la négativité, pour ne pas dire l’agressivité des arguments assénés dans les vidéos des différents partis. Le marketing apparait ici dans sa robe la plus sale, plus proche de la propagande que de la communication.

Peut-on imaginer une entreprise avoir une telle stratégie ? “N’achetez pas les couteaux de mon concurrent, car vous risqueriez d’égorger votre enfant”. Si la publicité comparative est acceptée par le consommateur, le dénigrement systématique risque fort de se retourner contre celui qui l’utilise.

Un résultat bien faible pour tant d’argent

Dans son blogue, Yves Williams fait une analyse poussée sur l’utilisation du Web dans cette campagne électorale. Il a notamment réalisé un graphique avec Tubemogul qui reprend les différentes vidéos des partis (cf. graphique ci-après). En les regroupant toutes, elles ne représentent qu’un peu plus de la moitié du clip viral Culture en Péril (350 000 contre 650 000). C’est une bien faible rançon par rapport à toute l’énergie investie ($$$).

Allez voir ailleurs messieurs les politiques

Aux dernières élections provinciales du Québec, le constat sur l’utilisation de la vidéo sur le Web n’était pas très reluisant. Les partis hésitaient entre rediffuser les publicités TV, réaliser de faux témoignages ou tout bonnement ne rien faire.

En novembre 2007, j’avais fait une série d’articles sur les WebTV politique de Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama. Si ces exemples sont loin d’être parfaits, ils montrent la bonne voie vers une communication vidéo Internet digne de ce nom, que les conservateurs, libéraux, bloquistes, verts et autres NPD seraient bien avisés d’étudier.

Messieurs et Madame les politiques, je vous invite à relire les 7 principes de bases pour réussir sa Web TV politique. Je ne sais pas ce qu’en pense mon ami Marc Snyder, mais en 8e points, j’ajouterais “Respectez vos adversaires comme vous respectez vos électeurs”. Autant l’un que l’autre vous en rendront grâce.

Sur une note plus positive

Maintenant que j’ai bien critiqué ce qui se fait, il est temps que je souligne les sites i.Liberal.ca et l’Espace Orange, qui offrent un widget pour présenter sur son blogue respectivement la WebTV de Stéphane Dion et les publicités (2) du NPD.

Pour les vidéos des libéraux, la musique est un peu forte à mon goût, mais le style va quand même dans le bon sens, plus humain et accessible que la moyenne. Par contre, il faut vite que l’équipe technique enlève le déclenchement automatique des vidéos. C’est anti-accessibilité et agaçant à la longue. Vas-y Stéphane, tu tiens le bon bout ;)

WebtV i.Libreal.ca


Nous avons eu droit hier soir au second débat entre Barack Obama et John McCain. Il y avait deux façons de suivre cette rencontre politique : classique dans la petite lucarne, ou interactif sur Current TV. Ce dernier a diffusé “Hack the Debate“, un microvlogging collectif pour refaire le débat en temps réel.

Créé en 2006 par Al Gore et Joel Hyatt, et diffusé sur le satellite aux États-Unis et en Europe, Current TV s’est voulu tout de suite alternatif. C’est la seule chaîne dont 35% du contenu est généré par l’utilisateur (UGC).

Hack the debate sur 12seconds.tv Auditeur assidu du podcast de Laurent Lasalle, je participe depuis peu comme acteur en envoyant mes commentaires audio par le service Drop.io. C’est en quelque sorte une conversation qui se rajoute par dessus la ballado.

Comme pour le podcast de Laurent, Current a offert aux internautes de participer au débat des élections américaines en utilisant Twitter et 12seconds.tv. En temps réel, les messages Twitter avec le code “#current” était envoyé par-dessus la vidéo du débat. En parallèle, il était possible d’utiliser le service vidéo 12seconds.tv pour poser savoir “Si le prochain président pouvait faire une seule chose, que voulez-vous que se soit ?”.

Hack the debate sur TwitterYoutube avait déjà initié un début d’interactivité en offrant aux internautes de poser des questions en vidéo pendant les primaires républicaines et démocrates. Même si les deux candidats ne pouvaient répondre aux messages de Current TV, j’avais l’impression de participer à une discussion de groupe, à un débat par-dessus le débat.

Je pense qu’on s’approche enfin d’une communication intelligente qui profite de la synergie des médias. C’est un élément de plus que je classerais dans la catégorie de l’hypervidéo, un concept encore obscur qui permettrait de dépasser les 2 dimensions dans lesquelles notre écran nous enferme.

En attendant, vous pourrez “hacker” le prochain débat pour la présidentielle Américaine qui se tiendra le 15 octobre à 21h00 (Heure de l’Est). Affutez votre clavier et faites briller votre webcam, le débat ne fait que commencer.