Sur le chemin de l’école des médias numériques

Les affaires de classe

Gomme, crayon-feutre, papier buvard… mon cartable est prêt pour la rentrée. Je retourne aujourd’hui sur le chemin de l’école, ou plutôt de l’université. Cette fois, je me retrouve avec le tableau dans le dos et les étudiants face à moi.

Chargé de cours en 2e cycle en communication appliquée – au campus de Longueuil de l’Univiversité de Sherbrooke-, je vais enseigner les médias numériques (CRM833) à 20 étudiants assoiffés de savoir.

Les médias non traditionnels font leur rentrée

Je me réjouis que les médias dits numériques acquièrent assez de crédibilité pour être au programme d’université aussi reconnnues que celle de Sherbrooke. Certains diront qu’il était temps.

L’intérêt pour les médias non traditionnels n’est heureusement pas nouveau. Je note par exemple que plusieurs de mes amis de la communauté numérique enseignent: Martin Lessard à l’inis, Yasha Sekhavat et Alain Thériault à HEC Montréal, et j’en oublie certainement d’autres.

Qu’est-ce qui motive un prof ?

Quand l’Université de Sherbrooke m’a proposé de prendre en charge le cours sur les médias numériques, je me suis posé la question «Pourquoi accepter?». Tout d’abord, ce n’est pas pour l’argent. Si les honoraires sont convenables, il me faudrait animer une dizaine de sessions comme celle-ci pour espérer en vivre.

Lors de la rédaction d’études et de recommandations pour des clients, je peux mettre à plat et ordonner mes connaissances. Ce travail me donne le recul nécessaire pour avoir une vision plus large du marché et des tendances du marketing Internet. Grâce à mes étudiants, je m’oblige à revoir et penser chacun des éléments qui constituent la trousse à outil d’un communicateur des médias numériques.

Lors d’interventions à l’université, pendant mes conférences ou à l’occasion de formations pour des clients, je me rends régulièrement compte du décalage qu’il existe entre ce que les spécialistes du numérique vivent et la réalité des compagnies ou même des jeunes professionnels. Il est important de se (re)mettre à niveau pour adapter son discours et les stratégies que l’on propose.

En fin de compte, ce cours et mes étudiants me rendent service. Je remercie donc l’Université de Sherbrooke pour leur confiance et par avance mes étudiants pour leur écoute et le retour qu’ils vont m’offrir.

Pour faire cours

Pour mes étudiants qui auront fait leur devoir, et pour les curieux qui veulent savoir, je vous propose en avant-première le plan de cours que j’ai mis en place pour cette session automnale sur les médias numériques.

Comme c’est un secteur qui se modifie continuellement, et comme je ne connais pas encore le profil de mes étudiants, le programme sera certainement adapté au fil du temps.

Au secours, mon agence de pub a perdu le sans fil

Au secours, mon agence de pub a perdu le sans fil

Quand on fait du marketing Internet, c’est bon d’aller voir au-delà de l’écran de son ordinateur. Après vérification, il semble que la majorité des agences de publicité au Canada soient passées à côté du mobile. Preuve à l’appui, voici le visage de ces agences qui ont perdu le sans fil de la communication.

Ça sert à quoi un mobile?

Si le Web est le parent pauvre des agences de publicité, le mobile est carrément au niveau de la misère. Demandez à réaliser une campagne média pour votre compagnie, et vous aurez une belle pub à la TV, radio, presse et sur les panneaux qui polluent le bord de nos routes.

Certains chiffrent font mal: 1,4 milliard de téléviseurs à travers la planète pour 4 milliards de téléphones cellulaires. Est-ce à dire que le mobile reçoit 3 fois plus d’investissement publicitaire que la télévision?

La consultation Internet sur mobile est grandissante grâce à des téléphones qui deviennent intelligents. L’Internet mobile représente 2,7 heures par jour aux États-Unis. En 2009, 25% des cellulaires étaient des smartphones, en 2010 ils représenteront une vente sur deux. iPhone ou Android, tout le monde s’y met, même Motorola et sa vingtaine de nouveaux téléphones cellulaires intelligents.

Comme il était inconcevable de ne pas avoir de présence Web dans les années 2000, être absent du mobile en 2010 devient quasiment suicidaire. Sans même parler d’application iPhone, les compagnies, et leurs agences, doivent prendre conscience qu’ils font de l’Internet, et par conséquent s’adapter à l’ensemble des écrans : ordinateur, mobile et bientôt TV.

Le talon d’Achille des branchés de la pub

Pour l’exercice, j’ai navigué avec mon iPhone sur 31 sites Web d’agences de publicité au Canada, certaines sont affiliées. Sur la page d’accueil, j’ai simplement fait une capture d’écran pour rendre compte de l’accessibilité mobile de ces compagnies. J’ai ensuite envoyé ces images sur mon compte Flickr dans mon dossier «Mobile Agence Pub Canada».

Quand j’ai diffusé il y a 2 semaines la première capture d’écran pour témoigner de ma découverte, l’ami Jean Julien s’est ému que j’en parle tout haut, comme si s’était un sujet tabou. En l’occurrence, SidLee n’était pas spécialement visé, puisque nombre de ses concurrents en sont au même point.

Je ne trouve pas si choquant qu’une agence de pub ne comprenne rien au mobile. On ne peut pas être bon partout. C’est pour cette raison que j’aime à travailler avec les meilleurs pour mes projets. Par exemple, il m’a paru évident de faire réaliser mon blogue par Laurent Lasalle et de référencer Sylvain Grand’Maison pour la production de podcast audio pour Deloitte.

Les bons points et les bonnets d’âne

Agence Touché!PHD en Web Mobile: Excellent!
Les BONS points reviennent à Touché ! PHD et Nurun qui offrent une version complète de leur site pour mobile. Pour la première agence, j’ai reconnu le plugin WPTouch pour WordPress qui facilite grandement la tâche. Nurun y est allé sur un développement plus personnel.

La deuxième catégorie est composée des agences qui offrent une alternative HTML à leur animation d’accueil en Flash, ou tout simplement un site entièrement en HTML. La plus réussie est sans conteste celle d’Ogilvy. Sur iPhone, on retrouve les mêmes effets que sur la version Flash. Je me demande même ce qu’apporte de plus le Flash dans ce cas précis. Cloudraker et Provokat se distinguent également par un site assez agréable à consulter sur son smartphone.

Les BONS derniers du classement sont toutes ces agences de pub qui ADORENT le Flash. À tel point qu’elles sont prêtent à s’aliéner une partie conséquente des internautes. Je préfère ne pas donner de noms pour vous laisser le plaisir de les découvrir par vous-même.

Entendez-vous le buzz de la mouche sandwich ?

Entendez-vous le buzz de la mouche sandwich ?

Imaginez une armée de 200 mouches pour faire la promotion de votre compagnie. Non, je n’ai pas trop regardé le film The Fly. Oui, ça existe. Lors du dernier salon du livre de Francfort, les éditions Eichborn ont créé le buzz avec une opération de guérilla marketing qui a mouché la concurrence.

Pour promouvoir leur stand à la Foire du Livre de Francfort-Hahn, l’éditeur allemand Eichborn a installé une bannière ultralégère sur 200 mouches. La bannière a été attachée avec de la cire naturelle.

Eichborn explique qu’après quelques minutes, la bannière se décroche elle-même de la mouche, qui se trouve ainsi libérée de son emprise publicitaire. Étant donné la durée de vie limitée de la mouche, de 20 à 72 heures, le geste reste très symbolique.

Je note trois points importants dans le succès de cette opération de guérilla marketing:

  • L’énorme décalage entre ces mouches, animal vivant éphémère et insignifiant, et les livres, objet mort de réflexion et éternel. En sortant du cadre feutré de la communication traditionnelle de salon, les initiateurs de cette opération ont créé un choc et ainsi laissé une empreinte dans la mémoire des participants.
  • La vidéo! Ça paraît tellement évidemment. Pourtant, j’entends régulièrement parler d’opérations de guérilla ou street marketing hallucinantes, mais il n’en existe aucune image. Dans ce cas, on ne parle pas d’une production hollywoodienne. Il s’agit juste de prendre quelques bonnes images des mouches, des spectateurs éberlués et de la presse qui fourmille autour. That’s it!
  • Eichborn a mis la vidéo de ses mouches en première page de son site. C’est une première bonne étape. Plus importante, la société d’édition a eu la bonne idée de mettre la vidéo en partage sur Youtube. Quelques articles de blogues plus tard, tour est joué et le buzz de la mouche résonne aux quatre coins de la planète.

Médias sociaux: Air France, Air Canada et United dans le même bateau

Air France medias sociaux

Après la tentative ratée d’Air Canada pour rentrer en conversation avec son public, Air France passe également à côté des médias sociaux avec l’affaire Lala, toujours perdu dans le vol AF349 Montréal/Paris du 21 août 2009.

Le 24 août, DamDam lance un appel à l’aide sur son blogue. Depuis 9 ans, Lala est le compagnon de tous les jours de la petite Lisandre Lili-Ambre. C’est lors d’un vol retour Montréal/Paris que le drame s’est joué au recoin du fauteuil 21C du vol Air France 349. Lala a disparu !

Lala n’est qu’un doudou. Mais pour elle ça veut dire beaucoup. Malgré la centaine de commentaires, de Tweets et d’articles publiés sur la toile, DamDam n’a trouvé aucune oreille attentive auprès d’Air France, qui ne lui a retourné qu’un email automatique.

Air France manque une magnifique occasion de se distinguer, et de surfer sur la vague du buzz créé par cette affaire. Un petit message personnalisé à notre ami DamDam aurait au moins pu démontrer qu’ils étaient à l’écoute du Web.

Lala est certainement le cadet des soucis de la compagnie aérienne française. Particulièrement après les événements en mer de cette année. Pourtant, une histoire comme celle-ci, positive, émouvante et avec un fort capital sympathie, aurait permis à Air France de redorer son blason à faibles frais.

L’exemple de la guitare brisée par United Airlines devrait pourtant mettre la puce à l’oreille des responsables communication de ces grandes compagnies aérienne. La valeur sentimentale d’un objet et le pouvoir des médias sociaux peuvent nous faire déplacer des montagnes !

PS: Désolé DamDam, j’ai manqué ton appel à l’aide pre-visite canadienne. J’espère te voir la prochaine fois.

Air Canada veut une conversation sans réponse

Air Canada

Calin Rovinescu, PDG d’Air Canada, vient de diffuser une vidéo sur Youtube pour expliquer la restructuration que vit l’entreprise aérienne. L’élan d’ouverture conversationnelle fait hélas place à une communication à sens unique.

L’ami Simon Hénault me pointe un article de Michel Munger sur le canal argent de Canoë. Ce dernier se félicite que Air Canada embrasse les médias sociaux. De nature positive, je commence à saluer l’initiative de la compagnie à la feuille d’érable.

Il ne m’a pas fallu 30 secondes pour être déçu. Le titre était pourtant prometteur. Avec un “The Conversation Continues: Moving Ahead”, je m’attendais à un échange avec le PDG d’Air Canada. Au final, je me retrouve avec un communiqué de presse vidéo lu à la lettre près.

Le mieux est l’ennemie du bien

Priscille Leblanc, V-P Communications d’Air Canada, souhaitait sans doute bien faire en réalisant cette vidéo. Le cadrage, l’enregsitrement en HD, la lumière, l’ambiance feutrée du bureau du chef, tout était là pour donner une belle image. À vrai dire, c’est parfait pour une vidéo diffusée en interne, par exemple devant le conseil d’administration.

Malheureusement, quand on va sur Youtube, il faut en accepter les règles. La première est d’offrir un contenu différent pour qu’il se propage largement. Sans tomber dans un épisode de Wayne’s World, le ton devrait être plus décontracté et le discours moins écris.

Une conversation à sens unique

Une autre règle importante dans les médias sociaux, est de rentrer dans la conversation si l’on veut être entendu. Les outils offerts par Youtube sont pour ça extraordinaires. Il est possible d’engager le public, que se soit avec l’espace commentaire, le système de notation ou encore l’exportation de vidéos (embed).

Air Canada a désactivé l’ensemble des fonctions sociales de Youtube. Ce faisant, la compagnie canadienne envoie le message qu’elle ne veut pas recevoir de critiques des internautes. C’est d’ailleurs l’argument qui revient régulièrement avec mes clients. Comme j’aime à le répéter, c’est sûr que si vous n’ouvrez pas les commentaires, ils vont garder leurs critiques avec eux… c’est sûr !

Un résultat décevant

Le résultat ne se fait pas attendre. Les visionnements vont de 71 à 473 sur la chaîne Youtube française d’Air Canada, et de 586 à 4 177 sur la version anglaise. Je pense que l’article de Canoë a largement bénéficié au succès de la version anglaise sur lequel il pointait. Ces chiffres sont bas, car les vidéos restent difficiles à trouver et tout autant ardues à partager.

Il ne suffit pas d’ouvrir un compte Twitter ou de publier une vidéo sur Youtube pour transformer du jour au lendemain une compagnie en reine des médias sociaux. Le public Internet est éduqué et il connaît certainement mieux ces outils que la majorité des directeurs communication/marketing de ce monde. Après tout, on ne peut être bon partout. Autant faire appel à des spécialistes 😉

Air Canada : Allons de l'avant avec Calin Rovinescu