Vivre à Facebook Credits ou la fin de Visa et Mastercard

Une discussion avec mes étudiants sur les activités transactionnelles sur Facebook m’a poussé à creuser la question. J’ai découvert que le système de paiement Facebook Credits avait un potentiel bien plus important qu’il n’y paraît. À l’image d’Apple et de son iTunes Store, Facebook veut taxer de 30% toute activité commerciale sur sa plateforme de 500 millions de clients potentiels.

À l’heure actuelle, Facebook tire l’essentiel de ses revenus de la publicité diffusée sur son site Web, qui devrait dépasser ceux de Microsoft cette année (1,2 Mds $). C’est beaucoup, mais pas assez pour la nouvelle vedette des grands écrans, Mark Zuckerberg.

Au printemps 2010, Facebook a présenté ses ambitions dans le domaine du commerce électronique autour de Facebook Credits, la monnaie d’échange sur son réseau social avec un 30% qui tomberait automatiquement dans les poches du nouveau géant.

Facebook Credits trouble l’ordre établi

Facebook Credits s’attaque au gigantesque marché du paiement en ligne, actuellement dominé par PayPal et sur lequel Google Check Out souhaite également faire sa place. Ce qui fait dire à TechcCrunch que dans 5 ans Facebook pourra être plus gros que Google aujourd’hui.

Contrairement à Apple, qui a tout de suite présenté les règles du jeu de son app Store — répartition des revenus à 70/30 pour les développeurs —, Facebook vient troubler le modèle d’affaires de compagnie qui fleurissaient sur son site.

Zynga est une compagnie de jeu en ligne — FarmVille et Mafia War pour les plus connus — qui tire son chiffre d’affaires (500 M $) en grande partie des biens virtuels qu’elle vend sur Facebook. Céder 30% de ses bénéfices à Facebook n’était pas dans ses plans initiaux. Après un haussement de ton et l’investissement de 100 M $ dans Zynga par Google, Facebook et le père de la vie à la ferme numérique ont finalement trouvé une entente en septembre dernier pour maintenir le mariage 5 années de plus. Facebook prendra bien 30% sur les transactions, mais certains jeux ne seront pas taxés.

Quel est l’enjeu de Facebook Credits ?

Facebook souhaite que l’on passe de plus en plus de temps sur son site pour qu’il nous abreuve de plus en plus de publicité, car nous avons ainsi plus de chance de cliquer dessus. La prochaine étape est que l’on reste sur Facebook pour acheter des produits. Après tout, on va justement demander conseil à nos amis Facebook pour savoir quels voiture ou canapé acheter. Autant cliquer tout de suite sur “Commander” juste en dessous de la réponse de nos amis.

Le pouvoir de la recommandation social est l’argument numéro 1 de Facebook pour attirer des compagnies pour vendre leur produit et service sur sa plateforme. Facebook Credits est là pour fluidifier les transactions. Ça me fait penser au collier de boules que les vacanciers utilisaient comme porte-monnaie pour payer leurs consommations au Club Med.

En virtualisant le paiement, les gens ont moins l’impression de dépenser de l’argent. Apple l’a bien compris avec son iTunes Store où après avoir entré une seule fois son numéro de carte de crédit, tout se fait en un clic.

De la carte de crédit au crédit Facebook

Récement, deux compagnies ont profité de leur page Facebook pour vendre directement des produits. Tout d’abord Walt Disney, avec des billets d’entrée pour le film Toy Story 3. Ensuite, Procter & Gamble pour des couches Pampers avec le système de paiement d’Amazon. Dans les deux cas, aucun argent n’a transité par le compte de Facebook. Mais, il est facile d’imaginer que la monnaie facebookienne pourrait être imposée à l’avenir.

Les 30% de retenue sur Facebook Credits peuvent se comprendre pour la vente de produit dématérialisé, comme des biens virtuels ou des logiciels. Par contre, Pampers va-t-il céder autant pour être sur les gondoles achalandées de Facebook? Peut-être, car les marges des supermarché sont tout aussi importantes.

Facebook rêve certainement de remplacer la Visa ou la Mastervard qui traîne dans notre vieux portefeuille. Pour s’en rapprocher, Facebook vient de mettre en vente dans les magasins Target des cartes-cadeaux de 15$ à 50$.

Avant que l’on puisse remplacer notre carte de crédit traditionnelle par Facebook Credits, la compagnie devra gagner notre confiance. Pour l’instant, les problèmes de vie privée et de sécurité du site me laissent encore perplexe. Ce tutoriel vidéo pour pirater Facebook Credits ne devrait pas aider à rassurer les membres du réseau social:


http://www.youtube.com/watch?v=LBL-cDetegg
Facebook Credits Hack

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Laurent Maisonnave

CEO @ Seevibes — leading Provider of Performance Marketing for Social Media Advertising. I'm a geek entrepreneur who lives his passion.

4 thoughts on “Vivre à Facebook Credits ou la fin de Visa et Mastercard”

  1. Ceci m’inquiète grandement. J’avais l’intention d’utiliser Facebook Credits dans des applications dans mes projets clients, mais j’ignorais la commission de 30%. C’est énorme et complètement déraisonnable.

    J’ai privilégié leur système de paiement pour des raisons d’expérience utilisateur et surtout j’imagine que Facebook va éventuellement interdire les concurrents sur sa plateforme.

    À suivre!

  2. Pour l’instant, je pense que nous manquons de visibilité sur l’avenir de Facebook pour créer un modèle d’affaires à partir de cette plateforme. Facebook nous a donné plusieurs exemples de son manque de constance avec l’ouverture des profils au public sans nous demander notre avis.

    Apple nous prend 30% sur l’App Store, mais il nous offre en contrepartie un environnement fiable et sécuritaire pour vendre nos produits. Facebook est encore loin de cette qualité.

  3. Article très intéressant !
    Je me demande d’ailleurs s’il est possible d’utiliser les Facebook Crédits hors de Facebook et dans ce cas si la commission est aussi importante que sur le site même ?

    Merci,
    John

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