10 ans de Twitter : Le média connecté

Aux côtés de Sébastien Provencher, Alain McKenna m’a invité à prédire les cinq prochaines années de Twitter pour article publié lundi dernier dans le journal La Presse.

Habituellement, je n’aime pas trop me risquer à lire dans une boule de cristal en matière de technologies. Vous savez comme moi qu’en 5 ans les choses changent énormément. Connaissez-vous quelqu’un présent sur Facebook en mars 2006? Moi pas !

Pour jouer le jeu, je vois deux scénarios, qui tournent autour d’hypothèses de modèle d’affaires de Twitter. Je ne saurais dire lequel est le moins réaliste.

Un monde connecté par Twitter

Comme nous connaissons les appareils de lecture vidéo avec la certification DivX, j’imagine facilement une pléiade d’appareils connectés à Internet avec le logo “Power by Twitter”.

Le protocole IPV6 permet de donner une adresse Internet à des milliards et des milliards
d’objets communicants — 2128 pour être précis, allant du réfrigérateur aux pots de yaourt — avec puce NFC, en passant par les fenêtres, les lampes de chevet et les chaussures. Twitter pourrait devenir l’interface sur laquelle s’échangeraient automatiquement toutes ces informations, une sorte d’Internet de l’objet connecté. Vous avez dit une idée folle: BakerTweet.

Le pouvoir d’un média

Internet est déjà reconnu comme un média. Demain, Twitter pourrait devenir un média à part entière au-dessus d’Internet, voire le média d’information international de référence.

Imaginons le rachat d’Associated Press par Twitter, puis la fusion avec CNN. Les médias du monde entier devront payer pour reprendre le fil d’information de Twitter. À l’avenir, toutes les nouvelles se résumeront dans un titre de moins de 140 caractères.

Personnellement, je ne suis pas inquiet pour le modèle d’affaires de Twitter. Au-delà des tweeds commandités, la compagnie monnaye déjà un accès privilégié à ses données par l’intermédiaire du revendeur GNIP. Toutes les informations publiées sur Twitter ont une valeur considérable, elles ne demandent qu’à être exploitées et enrichies. J’en sais quelques choses avec Seevibes 😉

Vivre à Facebook Credits ou la fin de Visa et Mastercard

Une discussion avec mes étudiants sur les activités transactionnelles sur Facebook m’a poussé à creuser la question. J’ai découvert que le système de paiement Facebook Credits avait un potentiel bien plus important qu’il n’y paraît. À l’image d’Apple et de son iTunes Store, Facebook veut taxer de 30% toute activité commerciale sur sa plateforme de 500 millions de clients potentiels.

À l’heure actuelle, Facebook tire l’essentiel de ses revenus de la publicité diffusée sur son site Web, qui devrait dépasser ceux de Microsoft cette année (1,2 Mds $). C’est beaucoup, mais pas assez pour la nouvelle vedette des grands écrans, Mark Zuckerberg.

Au printemps 2010, Facebook a présenté ses ambitions dans le domaine du commerce électronique autour de Facebook Credits, la monnaie d’échange sur son réseau social avec un 30% qui tomberait automatiquement dans les poches du nouveau géant.

Facebook Credits trouble l’ordre établi

Facebook Credits s’attaque au gigantesque marché du paiement en ligne, actuellement dominé par PayPal et sur lequel Google Check Out souhaite également faire sa place. Ce qui fait dire à TechcCrunch que dans 5 ans Facebook pourra être plus gros que Google aujourd’hui.

Contrairement à Apple, qui a tout de suite présenté les règles du jeu de son app Store — répartition des revenus à 70/30 pour les développeurs —, Facebook vient troubler le modèle d’affaires de compagnie qui fleurissaient sur son site.

Zynga est une compagnie de jeu en ligne — FarmVille et Mafia War pour les plus connus — qui tire son chiffre d’affaires (500 M $) en grande partie des biens virtuels qu’elle vend sur Facebook. Céder 30% de ses bénéfices à Facebook n’était pas dans ses plans initiaux. Après un haussement de ton et l’investissement de 100 M $ dans Zynga par Google, Facebook et le père de la vie à la ferme numérique ont finalement trouvé une entente en septembre dernier pour maintenir le mariage 5 années de plus. Facebook prendra bien 30% sur les transactions, mais certains jeux ne seront pas taxés.

Quel est l’enjeu de Facebook Credits ?

Facebook souhaite que l’on passe de plus en plus de temps sur son site pour qu’il nous abreuve de plus en plus de publicité, car nous avons ainsi plus de chance de cliquer dessus. La prochaine étape est que l’on reste sur Facebook pour acheter des produits. Après tout, on va justement demander conseil à nos amis Facebook pour savoir quels voiture ou canapé acheter. Autant cliquer tout de suite sur “Commander” juste en dessous de la réponse de nos amis.

Le pouvoir de la recommandation social est l’argument numéro 1 de Facebook pour attirer des compagnies pour vendre leur produit et service sur sa plateforme. Facebook Credits est là pour fluidifier les transactions. Ça me fait penser au collier de boules que les vacanciers utilisaient comme porte-monnaie pour payer leurs consommations au Club Med.

En virtualisant le paiement, les gens ont moins l’impression de dépenser de l’argent. Apple l’a bien compris avec son iTunes Store où après avoir entré une seule fois son numéro de carte de crédit, tout se fait en un clic.

De la carte de crédit au crédit Facebook

Récement, deux compagnies ont profité de leur page Facebook pour vendre directement des produits. Tout d’abord Walt Disney, avec des billets d’entrée pour le film Toy Story 3. Ensuite, Procter & Gamble pour des couches Pampers avec le système de paiement d’Amazon. Dans les deux cas, aucun argent n’a transité par le compte de Facebook. Mais, il est facile d’imaginer que la monnaie facebookienne pourrait être imposée à l’avenir.

Les 30% de retenue sur Facebook Credits peuvent se comprendre pour la vente de produit dématérialisé, comme des biens virtuels ou des logiciels. Par contre, Pampers va-t-il céder autant pour être sur les gondoles achalandées de Facebook? Peut-être, car les marges des supermarché sont tout aussi importantes.

Facebook rêve certainement de remplacer la Visa ou la Mastervard qui traîne dans notre vieux portefeuille. Pour s’en rapprocher, Facebook vient de mettre en vente dans les magasins Target des cartes-cadeaux de 15$ à 50$.

Avant que l’on puisse remplacer notre carte de crédit traditionnelle par Facebook Credits, la compagnie devra gagner notre confiance. Pour l’instant, les problèmes de vie privée et de sécurité du site me laissent encore perplexe. Ce tutoriel vidéo pour pirater Facebook Credits ne devrait pas aider à rassurer les membres du réseau social:


http://www.youtube.com/watch?v=LBL-cDetegg
Facebook Credits Hack

Développement durable et trucs 2.0

Pacific Tunas in Guam

Depuis quelque temps, le développement durable est sur toute les lèvres. Dans le cadre d’un dossier gouvernemental pour le soutien d’Île sans fil, j’ai dû ajouter une page entière sur la conscience environnementale de l’organisme. Pour certaines activités – énergie et industrie -, le virage vert est un incontournable. Malheureusement, la manière de l’appliquer est souvent d’un autre siècle.

À partir de ce constat, j’aurai le plaisir de présenter une conférence dans le cadre de la rencontre Deloitte Point vert sur le thème “Le développement durable à l’ère du Web 2.0”. Ce déjeuner information/échange se tiendra le 8 septembre de 8h/10h à l’eXcentris.

La rencontre est ouverte. Vous pouvez donc vous inscrire gratuitement au déjeuner ou participer en direct par l’intermédiaire de la diffusion vidéo sur Ustream – que j’organise. Vous pouvez également ajouter l’événement Facebook à votre agenda.

Katheline Jean-Pierre et son équipe interactive seront présents pour animer la matinée. Je vous invite fortement à participer et enrichir le débat.


http://www.youtube.com/watch?v=bmi9saHH9jA

Discolsure: Deloitte Canada est mon client, que je conseille pour la stratégie médias sociale interactive depuis décembre 2008.

Facebook Places: Foursquare killer de 500 millions de membres

Facebook Places: "Stories are now going to be pinned to physical locations", vision is a repository of human memories around "places". Huge.

Annoncée depuis le début de l’année, la fonction de géolocalisation Facebook Places est officiellement accessible – pour l’instant aux États-Unis / Canada – sur le site Web et à travers l’application iPhone du premier réseau social au monde. Facebook cible clairement le modèle d’affaires mis en place par Foursquare. À la différence près que Facebook peut compter sur ses 500 millions de membres par rapport aux quelques centaines de milliers d’adopteurs précoces de Foursquare.

Je participai hier soir à un focus group pour une nouvelle application iPhon,e qui souhaite se positionner sur le marché de la carte d’affaires numérique. Mes premières recommandations portaient sur la taille critique atteindre avant d’espérer une adoption massive du service, et ainsi espérer en retirer des revenus conséquents. Foursquare est la référence dans le domaine de la géolocalisation sociale, mais n’est pas encore assez gros pour s’imposer au grand public.

Avec Facebook Places, l’objectif est que l’on trouve de nouvelles occasions d’utiliser les servies du site et de créer du contenu pour enfin passer toujours plus de temps sur Facebook, et donc être exposé à plus de publicité.

Concernant le modèle d’affaires de Facebook Places, les quelques lignes présentant Facebook Places for Advertisers laisse entendre qu’il s’agit d’un copier/coller des offres de Foursquare, le côté ludique en moins.

Au final, Facebook Places sera-t-il le tueur de Foursquare ? Nous devons raison garder, car seul le temps nous dira si Facebook arrive à s’imposer aussi sur le marché de la géolocalisation sociale.

Si l’on compare la situation avec celle de Twitter, la mise en avant de la fonction statut dans Facebook n’a pas empêché le réseau de microblogging de progresser et s’imposer en la matière. Peut-être en sera-t-il de même avec Foursquare. Qui veut ouvrir les paris ?



Les médias sociaux payent, les chiffres le prouvent !

Depuis 1,5 an je conseille et j’accompagne Deloitte Canada dans leur stratégie marketing pour tirer le meilleur parti des médias sociaux. Je remercie Katheline Jean-Pierre de m’avoir donné l’opportunité de travailler avec elle sur ce beau projet. Quand on me pose la question du retour sur investissement (ROI) de ce type de stratégie, je cite avec plaisir les résultats que nous avons avec Deloitte. Les chiffres parlent d’eux-mêmes !

Extrait du livre “Social Equity” par Gilles Lajoie

“Katheline Jean-Pierre, blogger and senior manager, online marketing, with Deloitte Canada, pointed out last November at a luncheon in Montreal for marketing and communication professionals that the firm had seen a 342% increase in visibility via press articles and a 64% rise in attendance at its private presentations, as well as a 12,000% increase in organic traffic via Google”.

Qui veut acheter mon influence sur les médias sociaux ?

À cause de mes blogues, j’ai toujours été sollicité par des communiqués de presse – souvent intempestifs – pour que parler de tel produit, service ou événement formidable qui va révolutionner ma vie de blogueur. Depuis quelques mois, on en veut à mon “influence”. Ce sont tout d’abord des concours qui me font de l’oeil, comme Nissan HyperCube ou la meilleure job au monde. Puis – sans parler pas des clients qui payent pour mes bons conseils – mon activité sur les médias sociaux prend de plus en plus de valeur, jusqu’à me réveiller un matin pour me rendre compte que je suis côté en bourse !

Vous êtes une agence de relation publique intelligente

Si vous êtes un professionnel des relations publiques, ou un gestionnaire de communauté qui chasse les influenceurs, avant de me contacter, merci de suivre les étapes suivantes :

  1. Lisez quelques articles de mon blogue et la section À propos
  2. Demandez-vous si votre information m’intéresse quand au sujet et à la zone géographique
  3. Demandez-vous si j’ai vraiment le temps de parler de votre produit/service/événement
  4. Demandez-vous quelle est ma motivation à parler de votre produit/service/événement
  5. Refaites les étapes 1 à 4
  6. C’est fait ?
  7. OK. Je vous conseille maintenant de venir me rencontrer à un 5@7 pour faire connaissance (Yulblog, Yulbiz, Camp, etc.). Vous aurez plus de chance que je parle de votre produit/service/événement

Je ne donnerais pas de nom pour briser les rêves de quelques jeunes professionnels qui commencent dans le métier, mais je vous conseille de (re)lire l’article de Sylvain Carle publié il y a plus d’un an au sujet des contacts qu’il a eu avec les organisateurs du concours Nissan HyperCube.

Suis-je à vendre pour un billet d’avion ?

À vrai dire, je me suis déjà vendu pour un billet de train. L’année dernière, ViaRail a commandité l’équipe de PodCamp Montréal pour se rendre en Via1 au PodCamp Toronto. Nous n’avions aucune obligation, si ce n’est parler de notre expérience de l’accès WiFi lors de notre voyage. Chacun a partagé son point de vue sans concession. J’en profite pour remercier Nadia qui travaillait à l’époque aux communications chez ViaRail, et qui avait monté cette sympathique opération.

Cette semaine, c’est au tour de Virgin America de lancer une opération séduction envers les influenceurs du Web pour inaugurer une nouvelle ligne aérienne sur Toronto. Les habitants de la grande métropole ontarienne qui possède un score Klout élevé se voient offrir un billet d’avion gratuit. Klout est un service de notation de l’influence des utilisateurs de Twitter. À l’heure actuelle, votre serviteur est noté 42/100.

Achète-moi !

Karl Marx doit se retourner dans sa tombe en voyant que même les êtres humains sont rendus à être côté en bourse. Avec Empire Avenue, chacun peut valoriser sa présence sur les médias sociaux. La startup canadienne joue à la fois sur l’ego et l’appât du gain, deux pêchés qui devraient normalement fonctionner. Pourtant, après quelques semaines de participation, je n’y trouve aucun intérêt et Empire Avenue ne semble pas décoller.

Je me demande jusqu’où nous irons pour marchandiser l’Homme. En tout cas, je ne pense pas que les réseaux sociaux restent le meilleur endroit pour faire ça. La télé-réalité est peut-être plus appropriée.

Pour finir, je reprendrai les mots envoyés il y a quelques jours à une relationniste qui souhaitait que je parle d’un “chargeur de poche révolutionnaire” : ce que j’aime dans les médias sociaux, c’est le côté “social” de la chose et une petite dose dans les échanges assure souvent de meilleurs résultats.

NB: En écrivant cet article, je pensais au film canadien “Un capitalisme sentimental”, qui se déroule dans les années 20 et où l’héroïne se retrouve côté en bourse. À voir !