Les câblodinosaures de la TV achèvent RDI

Depuis deux semaines, RDI n’est plus en direct sur le Web pour “faciliter ses discussions avec les câblodistributeurs”. Comme le souligne l’ami Yan Thériault, il s’agit d’un réel manque de vision. C’est surtout une belle façon de se tirer une balle dans le pied à l’heure où Apple veut nous apporter la télévision directement par iTunes.

La chronique du mort annoncée

Comme certains amis le savent, j’étais très occupé cette semaine avec l’arrivée d’une nouvelle personne dans la famille. J’ai passé trois jours à l’hôpital. On ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de distraction. Heureusement, j’avais mon ordinateur portable et mon iPhone. Les deux combinés, j’ai pu mettre la TV dans notre chambre exiguë de Ste-Justine.

Je me suis précipité sur le site de Radio Canada pour voir les nouvelles que diffuse RDI. Oh stupéfaction, un so(m)bre message m’indique que RDI n’est plus diffusé en direct sur le Web. Je dois me rabattre sur les émissions enregistrées.

Le lendemain, j’apprends par l’entremise de Cyberpresse que «La Société Radio-Canada (SRC) a pris cette décision afin de faciliter ses discussions avec les câblodistributeurs». En parallèle, Yan Thériault publie une vidéo qui résume à la perfection mon sentiment.

Le Jurassic Park de la télé

Dans le paysage audiovisuel québécois, RDI est la chaîne que je consulte le plus. Tout d’abord, il y a d’excellents journalistes que j’apprécie, comme Louis Lemieux qui fait mes fins de semaine, et Philippe Marcoux ma semaine. Ensuite, c’est une chaîne d’un groupe de télévision public qui me rend fier de payer des impôts.

Pourquoi donc revenir en arrière, dans un monde où seul les câblodistributeurs aurait droit de vie ou de mort sur la diffusion d’une chaîne? J’ai déjà dit tout le bien que je pense des façons de faire des fournisseurs de services de télévision par câble et par satellite canadiens.

Une nouvelle fois, ils vont à l’encontre de leurs intérêts en voulant revenir 10 ans en arrière. Hulu, Netflix, et maintenant Apple redéfinit la télévision et la manière de la consommer. Internet, les ordinateurs et les iPhone de ce monde ne vont pas disparaître. Il va bien falloir que les câblodistributeurs se fassent une raison et s’adapte. Le temps des dinosaures et révolu!

CNN.com: +Clair +Vidéo +Collaboratif +Payant

CNN inaugure aujourd’hui son nouveau site et présente un style plus clair où la vidéo est mis en avant et où iReport, site de journalisme citoyen/collaboratif, est totalement intégré aux nouvelles.Derrière ce ravalement de façade, la guerre de l’information fait rage, mais c’est celle du modèle payant qui devient déterminent.

CNN n’a plus de complexe avec le contenu généré par les utilisateurs (UGC), appelé également journalisme citoyen ou collaboratif. iReport maintenant au même niveau que les nouvelles de journalistes professionnels.

C’est bien évidemment la place centrale de la vidéo qui m’a interpellé sur cette page tout en transparence du nouveau site Web de CNN. Ce qui paraît évident pour un média de l’image ne l’a pas toujours été, avec du contenu qui était majoritairement en texte. Comme vous le savez, la vidéo est devenue le contenu le plus recherché par les internautes, qui préfèrent la synthèse de 2 minutes en image qu’un texte de deux pages, parfois lourd à digérer.

Money, money, money

Cet été, Rupert Murdoch lancé un pavé dans la mare des médias en clamant haut et fort le retour au modèle payant pour l’ensemble de ses publications, qu’elles soient hors ligne ou en ligne.

Chris Anderson a beau dire que nous vivons sous le règne du tout gratuit, je pense que le Web frappe actuellement les limites du contenu gratuit basé sur modèle de rétribution par publicité interposée.

La chaîne de télévision CNN se met elle-même au payant avec la mise en vente de son application iPhone. Pour 1,99 $, vous consulterez les articles et vidéo de CNN, mais vous pouvez surtout devenir un journaliste pour iReport en envoyant directement vos photos et vidéos.

CNN vient ainsi d’inventer le modèle payant/payant ou vous devez sortir de votre poche pour travailler. Je dis BRAVO !

Esquisses de modèles payants de l’information en ligne

Le Québec n’est pas en reste avec le tout jeune site d’information «sur l’innovation web pour les affaires» rezopointzero, qui offre des abonnements à partir de 150 $ par an pour consulter les articles de quelques fines plumess – en grande majorité mes amis – du Web québécois.

Même Google croit au modèle payant pour la presse en offrant Google Check-Out, son système de micropaiement, à l’Association des Journaux Américains.

Ceux qu’ils restent à convaincre sont les consommateurs, habitués de longue date à ingurgiter de l’information sans sortir un sou de leur poche. Une récente étude de Lightspeed Research montre que 20% des Français seraient prêts à passer à la caisse pour de l’information en ligne. Il resterait donc un peu d’espoir!

Peut-on vraiment remplacer un journaliste par un iPhone?

CNN iPhone App iReport

CNN remet le journalisme citoyen au-devant de la scène avec une nouvelle application iPhone pour envoyer photos et vidéos directement sur iReport, la plateforme d’information citoyenne du géant américain.

CNN n’a rien inventé

En janvier de cette année, j’écrivais déjà un article CitizenSide, le site français de journalisme citoyen qui offrait déjà une application iPhone pour publier directement ses nouvelles en échange d’une possible rémunération.

En mai 2009, c’est au tour de Branchez-Vous d’offrir un logiciel sur l’appareil d’Apple pour consulter les informations du portail québécois, et surtout pour publier directement les photos prisent par les lecteurs/acteurs de nouvelles.

Le fruit est-il dans la pomme du journalisme?

Quand on voit que CNN à son iReport et Le Monde à Le Post, les journalistes auraient peut-être raison de s’inquiéter. À l’ère du Web et de l’information en temps réelle, les médias ont-il d’autres choix que de s’ouvrir au journalisme citoyen, ou plutôt aux témoignages citoyens?

Pour relativiser l’impact de cette nouvelle vague d’information, je préfère retenir le terme de témoignage citoyen. Finalement, je ne vois rien de nouveau sur la planète média par rapport aux photographies de lever de soleil envoyé à Louis Lemieux en fin de semaine sur RDI Matin.

À quand une économie du contenu citoyen?

Si CNN et Le Monde surfent allégrement sur le contenu généré par les utilisateurs, l’initiative de CitizenSide pourra-t-elle faire école?

Pour ceux qui le font gratuitement, leur motivation tournent autour de la fierté de se retrouver sur un média célèbre. Pour d’autres, ça peut-être un réel envie de transmettre une information citoyenne. Les événements en Iran sont dans cet état d’esprit.

Comme certains blogueurs arrivent à gagner un revenu de leurs publications Web, nous pourrions imaginer que des journalistes en herbe monnaient leur information avec l’aide de leur iPhone.

Comme pour les blogues, j’entends déjà la même musique pour nous dire que le marché n’est pas assez important au Québec. Personnellement, je préfère rester dans mon rôle de blogeur, loin des plates bandes des journalistes.

Je me demande quand même si des médias au pays seraient prêts payer des citoyens pour leur publication. Peut-être que ça existe déjà. En connaissez-vous?

La presse écrite n’est pas encore morte : La preuve du Daily Telegraph

Le scandale des notes de frais secoue la classe politique britannique, au point de voir la démission de Michael Martin, Président de la Chambre des communes, une première depuis 300 ans. Le prestigieux Daily Telegraph est à l’origine de ce coup médiatique, qui lui a permis d’augmenter de 100 000 le nombre de ses lecteurs en seulement 10 jours, alors que depuis 2000, la presse perd entre 2 et 10% de ses lecteurs par an. Au-delà du scoop, le Daily Telegraph est un exemple de réussite de la presse écrite.

Le succès du Daily Telegraph est dut en partie à sa rédaction multimédia intégrée, une des premières dans le secteur, qui regroupe 550 journalistes qui travaillent à la fois pour l’édition papier et pour le site Internet du journal.

Avant tout, le Daily Telegraph regroupe les meilleurs spécialistes et les meilleurs enquêteurs que le journal a débauchés chez la concurrence. Le résultat ne se fait pas attendre, avec un contenu loin du populisme, assez fréquent dans les tabloïd anglais, pour se concentrer sur des articles de fond, avec des faites et rien que des faits.

À mon ami Jean-François Codère, je dirais donc que technologies et contenu sérieux ne sont pas incompatibles. Quel que soit le support, le métier de journaliste restera le même : offrir une information de qualité au public.

M.A.J : Un article de Marianne “Internet tue la presse? Elle est assez grande pour le faire toute seule! ” vient conforter ma position sur la sortie de secours que les journalistes de la presse doivent vite prendre.

Les mêmes causes engendrent les mêmes effets le l’autre côté de l’Atlantique. Ce que l’auteur de Marianne appelle l’Internetophobie fait un malheur dans la presse française. Si les journaux se portent mal et les salaires des journalistes se réduisent, c’est la faute à Internet et à la débilerie engendrée par les blogues. CQFD !

Devenez journaliste citoyen avec votre iPhone et gagnez de l’argent !

Partagez et vendez vos images d’actualité” est le slogan du site français CitizenSide, qui propose un journalisme citoyen rémunéré. Avec l’application iPhone que CitizenSide vient de lancer sur l’iTunes App Store, un scoop pourra être publié instantanément.

CitizenSide iPhoneAutant dire que ça va brasser la cage dans la profession journalistique, qui voyait déjà d’un mauvais œil l’arrivée de ces citoyens qui se prennent pour des journalistes.

Maintenant, c’est directement dans le porte-monnaie des journalistes que les apprentis reporter vont piocher leur argent. CitizenSide promet un partage de gain allant jusqu’à 75% du prix de vente du document. Le rôle du site est de faire l’intermédiaire entre les paparazzi citoyens et les grands médias à travers le monde.

Je me demande ce que mon scoop sur Join the Wave m’aurait rapporté ? Hélas, si l’application iPhone de CitizenSide permet d’envoyer directement des photos, elle n’offre pas encore la vidéo. Comme le site demande l’exclusivité des droits d’image, je n’aurais pas pu lui transmettre la vidéo que j’ai tournée sur en live Qik. Zut, voilà brisée ma carrière de Journaliste Reporter d’Image citoyen.

Coming out : Les journalistes sont des blogueurs

France 24Après mon coming out sur mon nihilisme journalistique, le sujet du blogue et du journalisme est de retour. Cette fois-ci, ce sont les journalistes eux-mêmes qui font leur coming out en assumant leur bloguitude, dans un reportage exceptionnel de France 24 sur les blogues de presse.

La presse traditionnelle s’empare enfin des blogues et ça lui réussit. 5 à 10% du trafic généré sur le site d’information proviendrait des blogues de journalistes.

Jean-Louis Missika, Sociologue des Medias, avec le blogue le journaliste rentre dans une forme d’interaction entre celui qui parle et celui qui écoute qui est radicalement différente de celle de la télévision, de la radio ou de la presse écrite. Il va même plus loin en affirmant que c’est ce que les gens vont chercher. Ils préfèrent aller lire un article d’un journaliste sur son blogue plutôt que sur sa version papier.

Dans son témoignage, Marie-Catherine Beuth souligne qu’elle n’est pas une blogueuse, elle est une journaliste qui blogue. Il semble que la différence a son importance. Vous pouvez d’ailleurs lire sa plume sur le blogue médias du Figaro.

Pour Éric Mettout, Rédacteur en Chef de l’Express.fr, le blogue permet une liberté de parole, une certaine décontraction et une formulation au “je” qui est normalement proscrit par la profession. Pour lui, un article de blogue rédigé par un journaliste n’a pas moins de valeur qu’un article traditionnel, il est seulement différent.


France 24 – Sur le Net : Les blogs de presse